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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 11:48
Gouvernance : un scandale financier ébranle la CEEAC

Le secrétariat général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale peine à justifier la destination prise par plusieurs centaines de millions de francs débloqués par l’Union européenne (UE) dans le cadre du financement de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique. En représailles, l’UE a gelé tous ses financements à destination de l’institution communautaire, aggravant les tensions de trésorerie qui la secoue en ce moment.

Voici deux mois que le personnel du secrétariat général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) recruté dans le cadre des projets et programmes financés par l’Union européenne est payé sous fonds propres de l’institution communautaire. Le secrétaire général (SG), le tchadien Allam-Mi Ahmad, menace même de renvoyer ces fonctionnaires dans leur pays d’origine si (passé le mois d’octobre) le problème n’est pas résolu. Le problème ? C’est le gèle par Bruxelles de tous ses financements à destination des projets et programmes logés au secrétariat général de la CEEAC. Cette décision est consécutive à la non justification d’une partie des fonds débloqués par l’union pour le financement de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (Micopax). Cette mission dont la gestion administrative incombait au secrétaire général de la CEEAC a été déployée en République Centrafricaine de juillet 2008 à décembre 2013. Environ 50% de son budget annuel qui dépassait à peine les 30 millions d’euros (près de 20 milliards de francs CFA) en 2010 était financé par l’UE.

Tout part d’un audit diligenté par la Commission de l’Union européenne. Cette enquête relève des dépenses non justifiées d’un montant variant de 700 mille à 1,5 millions d’euro (d’un demi-milliard à un milliards de FCFA) selon les sources. A la suite de cet audit, la Commission écrit par deux fois au secrétaire général de la CEEAC pour tenter d’obtenir des explications. Mais Allam-Mi Ahmad ne donne pas suite à ces courriers. Bruxelles monte alors d’un cran. Courant juin 2015, l’union émet un ordre de recouvrement des fonds représentant les dépenses non justifiées sur tous les dons et legs de l’UE accordés au secrétariat général de la CEEAC. C’est alors que l’ancien ambassadeur du Tchad à l’Onu décide de sortir de sa réserve. Dans sa réponse, le diplomate tchadien signifie son refus d’endosser ce passif au motif que les faits se sont déroulés alors qu’il n’était pas encore la tête de l’institution. Allam-Mi Ahmad est en effet pris fonction à Libreville au Gabon (siège de la CEEAC) le 5 août 2013. A Bruxelles, la réaction du SG de la CEEAC est interprétée comme une fuite en avant. En représailles, l’UE suspend donc ses financements aux projets et programmes pilotés par l’institution communautaire.

Rapports financiers

L’affaire tombe mal pour Allam-Mi Ahmad. Elle survient alors que le secrétariat général de la CEEAC est en quasi faillite. Avec des prévisions budgétaires de l’ordre de 42,5 milliards de francs CFA pour l’année 2015, la structure enregistre des arriérés de contribution des Etats d’un montant estimé en début d’exercice à 31 milliards. Sur les 10 pays que comptes l’organisation, seul trois sont à jour de leurs cotisations. Il s’agit du Tchad, du Congo et du Gabon. La 16e conférence des chefs d’Etat de la CEEAC tenue en N’Djamena le 25 mai dernier a «invité à nouveau les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à opérationnaliser pleinement le mécanisme de la Contribution communautaire d'intégration (CCI) et à apurer leurs arriérés de contribution».

Mais les Etats tardent à répondre à cette invite au point où le secrétaire général a convoqué les ambassadeurs des Etats-membres de la CEEAC accrédités à Libreville le 5 août pour tirer une fois de plus la sonnette d’alarme. Mais le diplomate tchadien ne dit pas que l’organisation qu’il dirige a elle-même prêté le flan au comportement actuel des Etats-membre. Selon une source présente à cette réunion, certains ambassadeurs auraient clairement fait savoir que leurs pays respectifs ont arrêté de verser leurs cotisations parce que depuis plusieurs années aucun compte ne leur est rendu de l’utilisation qui est fait de cet argent. Selon nos informations, ce n’est que lors du Conseil des ministres qui a précédé la conférence des chefs d’Etat du 25 mai, que le secrétariat général de la CEEAC a présenté son rapport financier de l’exercice 2011. Ceux des années 2011, 2012, 2013 et 2014 restent attendus. Ces ambassadeurs auraient aussi critiqué «la gestion peu diplomatique du dossier Micopax» par l’ancien ambassadeur tchadien à l’Onu.

Sommet de crise

Quelques jours après cette réunion avec les ambassadeurs, le SG de la CEEAC a été reçu au ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et de l’Intégration régionale du Gabon. Ce pays assure, depuis la 16e conférence des chefs d’Etat, la présidence de la CEEAC. A l’ordre du jour, la crise que traverse le secrétariat général de l’organisation. De source diplomatique à Libreville, une conférence extraordinaire des chefs de l’Etat de l’organisation sur la question est en préparation. Elle devrait avoir lieu à la fin de ce mois d’août à Malabo en marge du sommet CEEAC/CEDEAO sur la lutte contre Boko Haram.

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