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Tchad, Berceau De L'humanité

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 23:41

KHARTOUM (Reuters) - Les Nations unies ont pris des mesures de protection pour leur personnel au Soudan, où des membres du parti au pouvoir ont manifesté mardi contre l'inculpation de leur président pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo a inculpé lundi le président Omar Hassan al Bachir de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour et a requis un mandat d'arrêt international à son encontre.

Jusqu'ici, les manifestations ont été organisées par des organismes pro-gouvernementaux, mais, cette fois, même les Soudanais qui s'opposent habituellement à Bachir le soutiennent contre la CPI. Le rassemblement de mardi est cependant resté relativement modeste. Quelques milliers de membres du Parti du congrès national de Bachir ont participé à cette manifestation aux cris de "Ocampo est un criminel". Aucun haut responsable soudanais n'y a assisté. Les participants ont remis à l'Onu une motion appelant à la suspension du mandat d'arrêt et qualifiant Ocampo d'"agent sioniste".

Des manifestants ont également accroché des portraits du président soudanais sur les murs du QG de l'Onu à Khartoum et de l'ambassade de Grande-Bretagne. Les responsables de la sécurité de l'Onu ont demandé aux membres de leur personnel dont la présence n'était pas indispensable de rester chez eux mardi en prévision des mouvements de foule attendus.

Le vice-président soudanais, Ali Osman Mohamed Taha, a jugé "irresponsable, illégale et peu professionnelle" l'initiative de la CPI, affirmant qu'elle s'inscrivait dans un complot visant à dénier au Soudan un statut normal dans la communauté internationale.

Les autorités chinoises ont par ailleurs exprimé leur "grave inquiétude" et leurs "doutes". "Les actes de la CPI doivent être bénéfiques à la stabilité du Darfour et à une résolution appropriée du problème, et non l'inverse", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Janchao.

A Washington, George Bush a rappelé que la coopération de Bachir était nécessaire au déploiement des 26.000 hommes de la force de l'Union africaine et des Nations unies au Darfour, qui en compte pour le moment moins de 10.000.

Le Tchad, qui accuse de longue date Khartoum de soutenir les rebelles et de violer ses frontières, s'est en revanche réjoui de l'inculpation de Bachir.

"NATION ET SOUVERAINETÉ"

"L'accusation de la CPI vient confirmer la justesse des plaintes contre le régime du Soudan, notamment devant le Conseil de sécurité de l ONU et le conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine", déclare le ministre de l'Information, Mahamat Hissène, dans un communiqué.

Ramtane Lamamra, commissaire de l'Union africaine (UA) à la paix et à la sécurité, s'est rendu dans la nuit au Soudan et y a rencontré Bachir mardi. Il a dit que le Soudan avait demandé une réunion d'urgence du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, qui pourrait selon lui se tenir avant la fin de la semaine. Interrogé sur l'inculpation de Bachir par la CPI, Lamamra a déclaré à des journalistes: "Il est inacceptable de prendre pour cibles des responsables africains." Des représentants de l'UA se sont émus que les quatre premiers dossiers de la CPI ne concernent que des conflits africains.

Un groupe s'est formé sur le site communautaire Facebook afin de soutenir Bachir après sa mise en inculpation par la CPI. En quelques heures, il a attiré un millier de Soudanais vivant dans le pays ou à l'étranger. "Je ne suis pas d'accord avec Bachir et sa façon de gouverner le pays (...) mais quand la nation et sa souveraineté sont défiées, c'est une autre affaire", écrit le créateur du groupe. "Une brute peut tuer un révolutionnaire, mais la terre en produira mille autres", ajoute Ahmed Hachim Ibrahim.

Le gouvernement soudanais a donné l'assurance aux travailleurs expatriés qu'il veillerait à leur sécurité, mais les Nations unies ont renforcé leurs mesures de sécurité à Khartoum et au Darfour dès avant l'annonce de la CPI, par crainte de réactions violentes. Des familles ont été évacuées de Khartoum et certains représentants de l'Onu ont quitté le Darfour.

Nombre d'organisations humanitaires ont dit avoir transféré leurs personnels des zones rurales vers les villes du Darfour. L'Onu a refusé d'indiquer en quoi son immense opération humanitaire dans l'Ouest soudanais serait affectée par ses mesures de sécurité préventives.

La mission mixte de maintien de la paix de l'Onu et de l'Union africaine (Minuad) a fait savoir qu'elle allait aussi déplacer ses personnels non indispensables mais que ses activités essentielles se poursuivraient.

Version française Philippe Bas-Rabérin

 

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