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Tchad, Berceau De L'humanité

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 16:57

Le principal concurrent d'Ali Bongo dans la course à la présidence gabonaise a enregistré ce vendredi le ralliement d'une dizaine de ses rivaux. A 48 heures du scrutin, il se présente comme le candidat du changement. Entretien.

Quatre candidats, dont l'ex-Premier ministre Casimir Oyé Mba, démentent leur désistement en votre faveur, annoncé ce vendredi à l'aube. Qu'en est-il?

Lors de notre réunion de travail, Casimir Oyé Mba avait indiqué qu'il se rangerait à la décision majoritaire. Puis il a pris part au vote à bulletins secrets. S'il renie son vote, le peuple gabonais appréciera. Même question pour Bruno Ben Moubamba, qui dénonce un "coup bas". Lui aussi s'était engagé à se rallier au choix majoritaire. Décision dont nous avions réglé les modalités lors d'un tête-à-tête organisé à sa demande.


Quel a été le déclic de cette clarification relative, qui survient à 48 heures de l'ouverture du scrutin?

L'idée fait son chemin depuis quelques temps. D'autant que les électeurs interpellent de façon pressante tous les candidats qui sillonnent le pays, réclamant une réduction du nombre de prétendants, voire une candidature unique. Dans un scrutin à un tour, l'éparpillement des suffrages ouvre un boulevard au candidat du Parti démocratique gabonais (PDG), Ali Bongo. Même si certains candidats ont refusé, la plupart veulent que le camp du changement et de la rupture l'emporte, et me considèrent comme le mieux outillé pour incarner cette volonté et susciter l'adhésion des citoyens. Car il s'agit de mettre à bas le système PDG.


Etes-vous plus légitime dans ce registre qu'un opposant tel que Pierre Mamboundou, qui n'a jamais siégé au sein du gouvernement?

Lui n'a pas jugé bon de s'associer à notre démarche. Il se sent assez fort pour y aller seul. Dans une trajectoire politique, il y a ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas. Le peuple gabonais sait que, sans avoir été ministre, Pierre Mamboundou a travaillé en étroite collaboration, sinon en collusion, avec le défunt président Bongo.


Un président dont vous-même avez été le conseiller puis, jusqu'à son décès, le ministre...

Une chose est de vouloir le changement. Une autre est de le réussir. Voyez mon parcours politique. En 1980, j'ai 23 ans quand, étudiant à Paris, j'initie le combat pour le multipartisme. Bien que plus âgé que moi, Mamboundou n'apparaît sur la scène que bien plus tard, à la fin des années 1980. Moi, je rentre en 1984 à Libreville, au terme d'un arrangement conclu avec Omar Bongo avec l'aide des autorités françaises. Dès lors, j'ai travaillé à ses côtés sur l'ouverture politique. Puis j'ai oeuvré avec lui à la consolidation du système démocratique gabonais.


Reste que votre long séjour à la tête du ministère de l'Intérieur a forgé votre image de "sécurocrate" du régime...

A l'Intérieur, il n'y a pas que l'aspect sécurité. Si des changements ont été introduits en 2006 dans le Code électoral, dans le sens de la transparence, c'est à moi qu'on les doit. J'ai d'ailleurs organisé les législatives de 2006, les élections locales de 2008 et les sénatoriales cette année; en clair, les trois scrutins les moins contestés de notre histoire. En matière de lutte pour la liberté, je n'ai donc de leçon à recevoir de personne. Au Palais présidentiel, je n'ai jamais été un visiteur de la nuit. J'ai travaillé ouvertement avec Omar Bongo Ondimba. Les Gabonais savent ce qu'a été mon action ministérielle à l'Agriculture, aux Droits de l'Homme, à l'Education ou aux Affaires Sociales.


Le fichier électoral officiel recense 813 000 électeurs (sur environ 1,4 millions d'habitants). Jugez-vous ce chiffre crédible?

Il est un peu excessif. On croise des gens détenteurs de trois cartes d'électeurs ou inscrits dans quatre ou cinq lieux différents. Nul doute que les doublons existent.


Où situez-vous le point d'équilibre entre votre fidélité au chef de l'Etat disparu et l'exigence de changement?

Relisez donc le discours qu'il a prononcé le 1er décembre 2007. Personne n'était allé aussi loin dans la volonté de rupture. Or, j'ai été, sur ses instructions, le principal rédacteur d'une adresse qui a suscité beaucoup d'espoirs. Hélas, lui n'a pas eu le temps de remédier aux travers dénoncés. Moi, je vais le faire. Je ne suis pas le président Bongo. Je n'ai pas, au fil de 42 ans de pouvoir, passé des alliances avec des gens devenus au fil du temps inamovibles. Je suis un homme libre. Je mène ma campagne seul, avec des inconnus, des gens qui ne traînent pas de casseroles. Je n'ai envers les sortants ni dette politique ou morale, ni comptes à régler. Mon élection, je la devrai à des petits bras.


A propos de rupture, sur quel écueil votre complicité ancienne avec Ali Bongo s'est-elle brisée?

Nous nourrissons l'un et l'autre une ambition politique légitime. Je n'ai jamais été le lieutenant d'Ali. Nous étions tous deux des lieutenants du président. Chez vous, Nicolas Sarkozy a été proche de Dominique de Villepin ou d'Alain Juppé. Le moment venu, chacun suit son étoile. M. Ali Bongo estime avoir une offre politique. Moi aussi. Nous sommes donc concurrents et les électeurs trancheront. Ali est et reste mon frère. Si tel n'est plus le cas pour lui, ce n'est pas de mon fait.


Le retrait de plusieurs candidats d'

Je ne suis pas le candidat d'une ethnie, d'un clan ou d'un parti. Ce qui fait la force de ma candidature, c'est d'être portée par tous les groupes ethniques. Il faut bien sûr veiller au risque de repli identitaire. Mais je ne crains pas une crispation de cette nature.


Qu'adviendra-t-il en cas d'annonce, lundi ou mardi, de la victoire d'Ali Bongo Ondimba?

Je ne me laisserai pas voler ma victoire. Et le peuple gabonais non plus.

ethnie fang, comme vous, simplifie-t-il la donne?
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