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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 14:23

1853751_5_4c8d_le-chef-politique-de-la-rebellion-seleka-mic.jpgQui va succéder à François Bozizé à la tête de la République centrafricaine (RCA) après la fuite du président devant l'offensive des rebelles de la Séléka ? Les vainqueurs de dimanche 24 mars ne semblent pas disposés à laisser échapper leur victoire. Interrogé par Radio France internationale (RFI), Michel Djotodia, le chef politique de la rébellion, s'est autoproclamé président de la Centrafrique. "Je ne sais pas combien de temps je vais rester au pouvoir. Dans trois ans, comme prévu par l'accord de Libreville, nous organiserons des élections libres et transparentes", a-t-il déclaré sur les ondes de RFI.

 

Ce délai de trois ans pourrait bien paraître interminable pour l'opposition démocratique. Lundi matin, le premier ministre du gouvernement d'union nationale issu des accords de Libreville signés le 11 janvier par le pouvoir de l'époque, l'opposition démocratique et la rébellion, n'avait pas encore réagi à l'annonce du chef de la Séléka. Pas plus que les partis politiques qui depuis des années rongent leur frein dans l'opposition. Sans doute attendaient-ils que Michel Djotodia exprime solennellement, lundi 25 mars au matin, ses intentions.

 

Arrêté au Bénin

En attendant, il affirmait dimanche sur RFI avoir "rencontré Nicolas Tiangaye". "Nous resterons dans l'esprit de Libreville, a-t-il promis. Je vais le garder comme premier ministre. Nous parlerons avec les membres du gouvernement proches de Bozizé qui sont encore là. Nous ne ferons pas la chasse aux sorcières." La question est de savoir si Michel Djotodia, parviendra à s'imposer face aux partis politiques existants et face à son propre camp.

 

L'homme n'est pas un inconnu. Depuis 2005, on le retrouve derrière nombre de rébellions qui secouent la Centrafrique de façons récurrentes. Vice-premier ministre dans le gouvernement d'union nationale, cet ancien fonctionnaire âgé d'une soixantaine d'années a été consul de la RCA à Niala, au Sud-Darfour (Soudan). C'est là qu'il aurait connu des rebelles tchadiens dont on soupçonne la présence dans la Séléka. En 2006, il fonde l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). Brièvement arrêté au Bénin, il se réfugie au Sud-Darfour où il bénéficie d'importants soutiens.

 

Plus récemment, Michel Djotodia fut l'artisan de la déclaration de décembre 2012 portant la Séléka sur les fonts baptismaux. Cette coalition regroupe trois principales composantes : l'UFDR, de Michel Djotodia, la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) et la CPSK (Convention démocratique du salut du Kodro). Ces trois rébellions ont pour point commun d'avoir leur fief dans le nord du pays, zone semie-sahélienne où habitent la plupart des 15 % de musulmans de Centrafrique. Cette unité géographique fut une source de tensions entre ces mouvements qui se sont affrontés à de nombreuses reprises par le passé dans cette région frontalière du Tchad et du Soudan oubliée par l'Etat central.

 

Au départ, les principales revendications de la Séléka portaient sur le respect des accords de paix de 2007 qui prévoyaient la réinsertion et l'indemnisation des combattants en échange de leur désarmement. Progressivement, le message a changé de nature jusqu'à demander le départ du pouvoir du président Bozizé. "Mais cela ne fait pas un programme de gouvernement, observe Thierry Vircoulon, spécialiste de la Centrafrique au centre de réflexion International Crisis Group. Toutes les composantes de la Séléka ont connu leur scission et ont été agitées par des mouvements internes qui confèrent à la rébellion une certaine fragilité." Si aujourd'hui, la rébellion a gagné la bataille, rien ne dit qu'elle parviendra à conserver sa cohésion. Ni que Michel Djotodia, qu'un diplomate européen voyait "en perte de vitesse au sein de la coalition", s'impose auprès de ses amis qui le jugeaient, il y a peu encore, trop conciliant vis-à-vis de François Bozizé.

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