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Tchad, Berceau De L'humanité

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 10:41
 La Voix : Que se passe-t-il au Bureau de la Coopération suisse au Tchad ?
 
suise.jpgJean-Robert Moret : "Le Tchad est un pays partenaire de la Suisse depuis plus de quarante ans et un pays prioritaire de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) depuis 1984. Les programmes de la DDC sont centrés sur les orientations de la politique nationale de lutte contre la pauvreté telle que définie dans la Stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté (SNRP II) du Tchad. Ils renforcent les capacités des familles et des communautés rurales afin d'améliorer leur production agropastorale tout en préservant leur environnement, de leur permettre d’accéder à une éducation de base pertinente et de qualité et de les assurer d’une meilleure couverture sanitaire." Propos recueillis par Amadou Bouba Gong-Daba.
 
Selon nos sources, beaucoup de projets du Bureau de la Coopération suisse en faveur des groupes vulnérables de l’est du Tchad seraient transformés en entreprises privées ?
 
Depuis 1999, sept Programmes de Développement Régionaux (PDR) ont été mis en oeuvre dans les régions du Batha, de l’Ennedi, du Kanem, des Logones, du Moyen Chari, du Mandoul et du Wadi-Fira. Ces programmes portent sur la promotion de l’éducation de base, de l’économie rurale et des mesures élémentaires de prévention de la santé et de la santé maternelle et infantile au niveau des communautés. Ils ont obtenu dans les différentes régions des résultas concrets et mesurables, notamment dans le domaine de l’éducation (440 écoles communautaires pour 66.000 élèves dans des zones reculées qui fonctionnent de manière autonome), de l’agriculture (quelques milliers de familles ont augmenté et diversifié durablement leur production), de la santé (augmentation de 50% de la fréquentation de centres de santé) et des infrastructures (construction d’écoles communautaires, de centres de santé, de seuils de rétention d’eau, de puits pastoraux, de forages, des pistes rurales réhabilitées et entretenues).Jusqu’à fin avril 2010, ces programmes ont été exécutés par des équipes composées de compétences locales et employées par la Coopération suisse, chargées d’exécuter et de mener à bien les programmes conformément aux objectifs fixés.
 
En vertu des accords signés entre la République du Tchad et la Confédération suisse relatifs à l’évolution de ces programmes, les équipes des différentes régions se sont dotées d’un statut juridique propre, dans un cadre associatif, en vue de continuer à fournir des prestations de qualité au monde rural dans leurs domaines de travail. Suite à ce long processus fructueux, ces nouvelles structures juridiquement reconnues comme ONG, sont conduites aujourd’hui à établir des relations contractuelles avec les différents partenaires du secteur privé, associatif et public. Le Bureau de la Coopération suisse au Tchad est en négociation avec l’ensemble des sept nouvelles ONG ainsi qu’avec deux associations en vue de l’attribution d’un mandat ou d’une contribution à leurs organisations, ceci dans le cadre du soutien aux communautés locales les plus vulnérables des différentes régions.
 
 
L’entreprise ECAT serait un projet de la Coopération suisse transformé en une entreprise privée et gérée par un couple résidant à l’extérieur du Tchad ?
 
ECAT est issue de l’ancienne équipe de projet pistes de la DDC. Elle s’est constituée en entreprise par un processus d’autonomisation ressemblant à celui des 7 ONG. Elle est enregistrée comme PME au registre du commerce tchadien. De 2002 à 2005, une phase transitoire a soutenu le passage de l’équipe projet à une entreprise et depuis lors, elle a reçu deux mandats de réhabilitation de la piste Abéché – Goz-Beïda sur la base des avantages comparatifs (rapport coûts prestations, qualité des équipements et capacités techniques de l’entreprise et surtout maîtrise de l’approche en haute intensité de main-d’œuvre). Les travaux du dernier contrat ont été réceptionnés provisoirement le 14 avril 2010, en présence de la délégation du ministère des infrastructures de l’Est.
 
Pourquoi, trois employés du Bureau de la Coopération Suisse ont-ils été licenciés sans leurs droits sociaux avant la fin de leur contrat, alors qu’ils ont simplement, selon nos sources, dénoncé la mauvaise gestion et la torture morale et physique dont –ils étaient souvent victimes ?
 
Aucun employé n’a été licencié sans avoir reçu ses droits. Le Bureau de la Coopération suisse au Tchad a signé des contrats de travail avec de nombreuses personnes. Ces contrats sont régis par le Code du travail de la République du Tchad, car ils sont exécutés dans le pays. Chaque partie est tenue de respecter ses obligations et le Bureau de la Coopération suisse a respecté les siennes. En cas de litige, les mécanismes de règlement sont prévus par loi. Il est regrettable que les ex- employés qui s’estiment lésés ne respectent pas les dispositions définies par la législation tchadienne, qui a prévu des sanctions pour tous les cas de rupture injustifiée du contrat de travail.
 
Actuellement, deux de vos ex-employés sont traînés en justice par le couple Tidjani et Kadidja (ex-coordonnatrice adjointe du Bureau de la Coopération, suisse au Tchad) pour une affaire de diffamation. Êtes-vous au courant de cette affaire ?
 
Nous avons lu des articles publiés sur les sites Internet, qui portent de graves accusations contre le Bureau de la Coopération suisse au Tchad. Compte tenu des accords qui lient le Tchad et la Suisse, nous avons informé les autorités tchadiennes avec lesquelles nous examinons les mesures à prendre d’un commun accord pour amener les rédacteurs de ses articles à répondre de leurs actes dans le cadre de la législation en vigueur. Nous avons relevé que la société ECAT que dirigeait par M. Tidjani a également été citée dans ces articles. La société est une entreprise tchadienne indépendante. A ce titre, elle est libre d’emprunter les voies légales qu’elle estime nécessaires pour demander à la justice de la rétablir dans ses droits. Par ailleurs, le Bureau de la Coopération suisse est également traduit devant la justice par son ex-employée Madame Kadidja Bouchara, qui estime avoir été victime d’un licenciement abusif. La procédure suit son cours.
 
Interview réalisée par Amadou Bouba Gong-Daba
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