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Tchad, Berceau De L'humanité

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 12:24

lv10_1517237_2_apx_470_.jpgIl réfute le statut de chanteur engagé. Chez lui, à Laval, il parle du Tchad, de la France, de la musique, de la poésie, de ses projets... Entretien avec le chanteur tchadien Kaar kass sonn,

 

Mais que veut donc bien dire Kaar kaas sonn ?

C'est « Kware kau son » en nangjere, ma langue du Tchad. Ça veut dire « l'enfant qui connaît ». En français, c'est un jeu de mots amusant.

 

Vous parlez toujours nangjere ?

Beaucoup moins bien sûr, mais je fais pression pour continuer à le parler quand je téléphone à mes frères ou ma mère. Quand on parle par exemple de « CD », mot qui n'existe pas en nangjere, on a tendance à continuer en français.

 

À propos de CD, vos projets ?

Je vais enregistrer un disque très varié de rap, blues, jazz, techno. De tout. Je vais aussi publier un livre « Avec nos mains de chèvre » (rire). Ma tante utilisait cette expression quand par exemple je me cognais à plusieurs reprises sur un caillou et ne le changeais pas de place.

 

Revenons à votre parcours...

Après le Tchad, je suis entré à l'Ena (École nationale d'administration), j'étais destiné à être diplomate. Après deux ans à Genève, je suis arrivé à Laval en décembre 2003. Je suis prof d'économie, de droit, de management et de marketing à l'Institut de commerce de Laval et de Rennes. Je travaille aussi à Coodemarrage 53, une coopérative qui fournit l'hébergement juridique, fiscal et financier aux entrepreneurs et qui assure des formations.

 

Vous êtes surtout connu comme musicien chanteur.

Je ne me considère pas comme un musicien mais plutôt comme un écrivain. Au Tchad, en 1994-1995 j'écrivais des poèmes que j'ai commencé à déclamer, c'est du rap. J'ai toujours écrit de la poésie. J'écris très vite, je ne dis pas « bien » mais vite...

 

Peut-on vous qualifier de chanteur engagé ?

Non, pas du tout. Je chronique simplement. Je suis un chanteur réaliste. Je ne fais pas de politique, je chante le bonheur d'être en vie. J'ai échappé à un massacre au Tchad, quand j'avais dix ans. Je dois ma vie parce qu'on m'a déguisé en fille. Pendant ce septembre noir de 94 au Tchad, on tuait les garçons. Je chante l'envie d'aimer et d'être aimé. Je pense à ces gens qui sont morts et qui auraient le même plaisir que moi à écouter du jazz comme en ce moment...

 

On vous voit davantage avec des mouvements de gauche ?

Ils me demandent, ils sont peut-être plus sensibles à mes textes... plus ouverts à des idéaux. Si des gens de droite me demandent, je viendrai et je chanterai mon répertoire.

 

On continue de mourir de faim en Afrique...

Ce n'est pas logique, ça ne devrait plus exister. En Afrique, on attend. On n'anticipe pas, on ne récupère pas l'eau, on ne fait pas de cultures de contre-saison. La colonisation a corrompu les moeurs, on a enterré nos valeurs. On imite les constructions européennes mais on n'a ni la voirie, ni l'élimination des déchets. L'aide crée de l'assistance malsaine. Le peuple français devrait se demander : que font-ils avec notre aide ?

 

Enfant, vous étiez déjà curieux ?

J'étais fasciné par l'école, par les plus grands du collège. Un jour, je les ai vus tester des piles. Chez moi, j'ai aussitôt fabriqué de l'électricité avec des bouts de câble. C'était la seule case du village qui était éclairée. Certains, par jalousie, cassaient le système. Je savais lire et dès le CM1, j'ai appris aux autres, à partir d'un petit livre de contes. Certaines jeunes femmes me demandaient de leur apprendre, elles me donnaient quelques sous, juste des petites pièces.

 

Vous sentez-vous Africain ou Français ?

Je suis Africain d'abord. Je suis né, j'ai grandi au Tchad. Mais une grande partie de ma culture est ici. Je m'adapte, je lis, j'observe. Je suis totalement à l'aise.

 

Vous êtes immense, combien mesurez-vous ?

1,96 m. En terminale, je mesurais 1,78 m et tout à coup, en quelques mois j'ai grandi. C'était étonnant.

 

Et vous n'avez pas eu peur ?

Non ! (Il éclate de rire).

 

Source: http://www.ouest-france.fr/

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