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Tchad, Berceau De L'humanité

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 14:05

enfants-soldats-enroles-sierra-le.jpgCinq pays africains participent du 7 au 9 juin à N'Djamena à une conférence régionale pour tenter de mettre fin au recrutement d'enfants-soldats, à la fois dans les rangs des forces gouvernementales et des mouvements armés. Ils sont des milliers (entre 250 000 et 300 000 dans le monde), garçons et filles, à être utilisés dans les conflits armés.
Cette conférence regroupe le Tchad, la Centrafrique, le Soudan le Nigeria et le Niger, organisée par l'Unicef en collaboration avec le gouvernement tchadien. L'organisation onusienne mène des programmes de démobilisation des enfants-soldats notamment au Tchad et en Centrafrique. La Centrafrique tente de mener à son terme un processus de paix après avoir été confrontée pendant des années à des rébellions, des coups d'Etat et exactions perpétrées par des forces gouvernementales, des rebelles et des bandits armés.
  Marzio Babille est le représentant de l'Unicef au Tchad. Pour TF1News, il revient sur le sort réservés à ces enfants.

 

TF1News : Comment l'Unicef définit un enfant soldat ?
 
L'Unicef considère comme enfant soldat tout mineur de moins de 18 ans impliqué de près ou de loin dans un conflit. Tous ne sont pas des combattants. Certains font aussi office de chauffeur, de cuisinier ou d'intendants.
Cela représente un nombre considérable d'enfant, puisque 5 à 8% des groupes rebelles tchadiens seraient constitués de mineurs. Ce sont ces groupes d'opposition armée au gouvernement qui enrôlent des enfants. On estime que 85% des enfants soldats sont recrutés par les groupes rebelles.La plupart des gouvernements d'Afrique centrale interdisent clairement le recrutement d'enfants dans l'armée. Mais les gouvernements ont parfois des difficultés à exercer leur contrôle au niveau local. Des cas de manipulation, d'abus et d'exploitation des enfants par les groupes armés et par d'autres réseaux sont avérés dans ces pays. L'évolution de la situation passe par la démobilisation de ces enfants et un travail de réinsertion sociale. Heureusement, la situation tend à s'améliorer ces dernières années. Pour l'Unicef, la place des enfants est à l'école. 
 
TF1News : Quel est le sort de ces enfants enrôlés ?
 
Je vais vous donner un exemple. En juin 2009, il y a eu une tentative d'invasion des rebelles tchadiens au Soudan. Pendant les affrontements, 85 mineurs ont été fait prisonniers de guerre. Avec la collaboration des gouvernements, nous avons pu les faire libérer. Parmi eux, une douzaine était blessée et nécessitait une hospitalisation. Certains présentaient des traumatismes énormes, d'autres ont du subir des amputations. Nous avons assuré leur prise en charge avant de les restituer à leur famille et à leur vie d'enfant. 
 
TF1News : Comment expliquer que ces enfants aient été arrachés à leur famille ?
 
Il existe un phénomène d'enlèvements d'enfants par les groupes rebelles, mais il y a aussi un aspect anthropologique très important. Au Darfour, où les rivalités interethniques sont très fortes, nous avons connaissance de cas où les enfants ont été donnés par leurs parents à la rébellion, car ces groupes rebelles ont aussi une dimension tribale. Avoir un fils combattant, c'est parfois une marque de respectabilité pour la famille et la communauté. Bien entendu, la pauvreté joue aussi un grand rôle. La rébellion peut verser de l'argent aux familles, c'est une sorte de négociations commerciales. 
 
TF1News : Le 7 s'ouvre une conférence régionale sur cette question, que peut changer une conférence comme celle là ?
 
La conférence doit se conclure par une déclaration qui va amener le gouvernement à s'engager, notamment financièrement, sur leur armée, mais aussi en matière d'éducation et d'emploi. La situation tend à s'améliorer ces dernières années. 805 enfants-soldats ont ainsi été sortis de l'armée et des rébellions tchadiennes depuis 2007, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU au Tchad.
 
TF1News : Que deviennent les enfants ?
 
Il y a beaucoup de travail à faire. Seule une infime proportion retourne combattre. Mais dans le suivi qu'exerce l'Unicef, on observe qu'une grande majorité d'entre eux retournent à l'école et réintègre leur famille. J'aimerai terminer sur une histoire positive, 12 enfants démobilisés en 2009 ont bénéficié d'une formation professionnelle et se sont lancés ensemble dans une micro entreprise de forage manuel.  

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