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Tchad, Berceau De L'humanité

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 11:35

imagesCA348O6OLa grève des travailleurs du secteur public tchadien se poursuit. Ils réclament l’application des augmentations de salaires signées dans un accord avec le gouvernement à la fin de l’année 2011. Cinq semaines de grève n’ont pas fait bouger les lignes. Du coup, les travailleurs du public appellent leurs collègues du privé à rejoindre le mouvement en signe de solidarité.


La semaine a commencé comme les autres. Dans les hôpitaux, c'est le service minimum. On arrive à se faire soigner si l'on sait être patient. Dans les autres services de l’administration comme la Fonction publique, les Affaires étrangères ou encore la Justice, beaucoup de fonctionnaires se présentent pour éviter d’être pointés grévistes. Mais en réalité, ils ne travaillent pas.

Jeudi 16 août, le Premier ministre Emmanuel Nadingar a rencontré les responsables de l’Union des syndicats du Tchad (UST), pour essayer de les persuader de suspendre la grève. « Vos revendications sont légitimes mais seulement l’Etat n’a pas les moyens de les satisfaire tout de suite », leur a-t-il expliqué. En gros, rien de nouveau...

Côté syndicats, on envisage de rendre plus visibles les actions, en demandant au secteur privé de faire une grève au nom de la solidarité des travailleurs. C'est ce qu'explique François Djondang, secrétaire général de l'UST : « L’assemblée a appelé les camarades du secteur privé à un élan de solidarité syndicale, pour qu'avec leur action, le mouvement que nous avons entamé il y a cinq semaines soit beaucoup plus ressenti et puisse amener le gouvernement à revoir sa position figée. »

Les concertations sont en cours entre syndicats du public et du privé pour déterminer la date de cette grève de solidarité qui sera fixée au cours de l’assemblée générale des travailleurs le samedi 25 août.

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 16:09

1345474813114.jpgAu bout de cinq jours de compétition, la 9e édition du Prix international d’Alger du Coran a connu,  son épilogue, mardi soir  à l’occasion de la célébration de la veillée du 27e jour de Ramadhan. En effet, la Grande mosquée d’Alger a abrité la cérémonie de remises des prix en présence du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika.Dotée d’un montant de 1 million de dinars, la première place à été décrochée par le Libyen Abdellah Mohamed Chamila qui confirme encore une fois la domination de la Libye dans ce concours puisque c’est la 4e fois qu’un Libyen rafle la mise, après les éditions de 2004, 2005 et 2009.          

                                                                               
Le podium du 9e Prix international d’Alger du Coran a été complété par Mahieddine Chams El Hak du Bangladesh et Ahmed Mohamed Tahar du Tchad. Quant au représentant algérien, Mohib Benkemache, en l’occurrence, celui-ci a occupé la 5e place, derrière le Saoudien Moâd Ghazi Morchad Tayeb. Il est à rappeler qu’en 2011, le 1er prix est revenu à l’Algérien, Mohamed Irchad Mrabai.

 


Par ailleurs, et parallèlement au prix international d’Alger du Coran, un concours national d’encouragement des jeunes récitants du saint Coran de moins de 15 ans est organisé chaque année. Pour cette édition, la première place, dotée d’un montant de 50 millions de centimes, est revenue à Ahmed Harkat de Bouira, devançant les représentants de Blida et de Boumerdès, respectivement Marwa Amir et Ilias Chebli qui empocheront 30 et 20 millions de centimes. Ouvert jeudi dernier, le Prix international d’Alger du Coran a rapidement gagné des galons et est devenu en quelques années une référence en la matière, tant il attire de plus en plus de participants venant des quatre coins de la planète.


Cette année, il a connu une participation record avec 50 pays qui ont été concernés par cette compétition, soit dix de plus qu’en 2011. La 9e édition a été marquée par la participation des communautés musulmanes établies dans des pays non musulmans alors que lors des premières éditions, le prix d’Alger du Coran portait un cachet national avant de devenir maghrébin, puis étendu au monde musulman.

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 11:38

reporters-s-f.jpgL'ONG Reporter sans frontières (RSF) s'"inquiète" pour la liberté de la presse au Tchad, évoquant "des informations (qui) font état de menaces pesant sur plusieurs journalistes"."Les récentes informations qui nous parviennent nous inquiètent. S'il était confirmé que des officiels tchadiens n'hésitent pas, aujourd'hui à N'Djaména, à menacer des journalistes ou à adopter contre eux des sanctions visant à leur rendre la vie impossible, l'image du Tchad en serait profondément affectée", affirme l'ONG dans un communiqué.

 

Parmi les journalistes concernés, Eric Topona, Eloi Miandadji, Déli Sainzoumi Nestor ont notamment accusé le ministre tchadien des Affaires foncières et du domaine Jean-Bernard Padaré, principal actionnaire du journal La voix dont ils sont des ancien employés, de les menacer "directement". D'après le communiqué, M. Padaré "a répliqué qu'il n'avait +rien à voir avec ces soi-disant menaces+, qu'il était +très attaché à la liberté+ et que jamais il ne serait responsable d'intimidations contre des hommes de médias ou de violations de la liberté de la presse".

 

"La liberté de la presse est un acquis dans notre pays. Nous ne la remettrons pas en cause. Chez nous, aucun journaliste n'est en prison et la liberté de ton est très forte. Le gouvernement est violemment attaqué dans la presse, mais c'est normal qu'il y ait des critiques. Je n'y vois pas d'inconvénient", a pour sa part déclaré à RSF le ministre tchadien de l'Information et de la Communication et porte-parole du gouvernement, Hassan Sylla Bakari. "Ni Eric Topona ni aucun journaliste ne sont dans la ligne de mire du gouvernement", a-t-il ajouté, selon le document.

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 11:11

Copie-de-ZOE-tchad.jpgLe Marnais Alain Péligat et ses cinq collègues de l'opération Arche de Zoé vont comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris, les 1er, 2, 8 et 9 octobre prochains, a précisé hier Me Simon Miravete, l'avocat du Mourmelonnais. Cette affaire va être examinée sur le fond pour la première fois en France.

 
En octobre 2007, Alain Péligat et cinq membres de l'association Arche de Zoé sont arrêtés au Tchad alors qu'ils tentent d'embarquer à bord d'un avion avec 103 enfants attendus par des familles d'accueil en France. Les six personnes sont condamnées à 8 ans de travaux forcés à N'Djamena. Après leur extradition vers la France, cette peine est commuée, en janvier 2008, en huit ans d'emprisonnement avant que les six ne soient finalement graciés et libérés le 1er avril 2008.

 
Parallèlement à la procédure tchadienne, la justice française avait ouvert une enquête. Alain Péligat, logisticien bénévole de l'opération, avait ainsi été mis en examen pour « aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers ». L'arrêt de la cour d'appel de Paris, rendu en novembre dernier, reproche au professeur du lycée Oehmichen de Châlons d'avoir « tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour de mineurs étrangers ». C'est exactement ce qu'avait écrit le juge d'instruction dans son ordonnance de renvoi, en novembre 2010. Depuis des années, Alain Péligat attend de pouvoir s'exprimer devant la justice française. Ce sera chose faite à l'automne.

 

Rappelons qu'en plus, le Marnais a saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Il conteste son emprisonnement en France à son arrivée du Tchad en janvier 2008. La Cour de cassation a cassé une fois la décision de la cour d'appel, rejetant son second pourvoi en septembre 2011. Me Miravete a déposé son dossier en avril dernier à Strasbourg, siège de la CEDH. L'audience ne pourra pas avoir lieu avant 2013 ou 2014.

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 11:13

OUNIANGA.jpgLes lacs d’Ounianga (Tchad). Le site comprend 18 lacs interconnectés situés dans le désert du Sahara, dans la région d’Ennedi. Il s’agit d’un large complexe de lacs (62 808 hectares) dans un environnement hyperaride et d’un paysage naturel exceptionnel qui doit sa beauté à la variété des formes et des couleurs. Les lacs – salé, hyper salé ou d’eau douce – sont alimentés par des eaux souterraines et se divisent en deux groupes, séparés par une quarantaine de kilomètres.

 

Ounianga Kebir comprend 4 lacs dont le plus grand – le lac Yoan – s’étend sur 358 hectares avec une profondeur de 27 mètres. Ses eaux hyper salées ne recèlent que des algues et quelques micro-organismes.  Le deuxième groupe, Ounianga Serir, comprend 14 lacs séparés par des dunes de sable. Des roseaux flottants qui couvrent presque la moitié de ces lacs atténuent l’évaporation. Avec 436 hectares, le lac Teli est le plus vaste de ce groupe mais sa profondeur ne dépasse pas 10 mètres. Grâce à la bonne qualité de leurs eaux douces, certains de ces lacs abritent une faune aquatique, notamment des poissons.

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 14:15

aaaaaa.jpgLe Service Public de l'Eau (SPE) se consolide dans les régions sud du Tchad grâce à un projet mené par deux ONG françaises, Initiative Développement (ID) et SEVES, et une ONG tchadienne, AGIR. Ce projet, initié en 2010 et qui se terminera cette année, découlait du constat que le fort développement du SPE dans les régions sud du Tchad, grâce à la construction de nouveaux réseaux d'alimentation en eau potable, n'était pas toujours accompagné d'une gestion organisée de ces systèmes, malgré la présence de la Cellule de Conseil et d'Appui à la Gestion (CCAG) de Moundou, créée  au milieu des années 2000 pour la zone sud du pays.

 

Mandatée par l'Etat, la CCAG a pour vocation de garantir la pérennité des systèmes d'alimentation en eau potable, en apportant suivi, conseil organisationnel et technique aux Associations d'Usagers de l'Eau (AUE), aux exploitants et à l'Administration. En échange de ces services, les AUE lui paient une redevance, qui ne couvrait que 75% de son coût de fonctionnement avant les interventions de ID et Seves.

 

Pour consolider durablement le SPE dans les régions sud, les ONG avaient prévu les actions suivantes :

 

-Optimiser le SPE en réalisant des extensions dans les villages ayant déjà signé une convention avec la CCAG et appliquant ses préconisations (en quelque sorte, une prime aux bons élèves);

 

-Organiser le SPE pour des réseaux AEP fonctionnels hors du périmètre d'action de la CCAG, c'est-à-dire accompagner des centres équipés mais non organisés afin de les intégrer au suivi de la CCAG;

 

-Autonomiser et renforcer le SPE en obtenant l'adhésion des autorités au paiement du service par les administrations ;

 

-Sensibiliser la population à la qualité de l'eau et aux mesures d'hygiène liées à l'eau.

 

En mai 2012, les résultats du projet étaient les suivants :

 

-Une population plus importante accède à l'eau distribuée dans les villages sous contrat CCAG ;

 

-Le SPE est clarifié et structuré ;

 

-Une procédure de paiement de l'eau par l'Administration est mise en place ;

 

-La population des villages du projet est consciente de l'intérêt de boire de l'eau potable et de se laver les mains.

 

Financé par plusieurs bailleurs de fonds (AFD, Syndicat des eaux d'Ile de France, Agence de l'Eau Loire-Bretagne, Grand Poitiers, Fondation Lord Michelham) , le projet a permis à 11 250 habitants de bénéficier des extensions de réseau, à 145 000 usagers d'être maintenant gérés par un centre où le service de l'eau a été organisé tandis que 40 000 personnes ont assisté aux séances de sensibilisation. Evidemment, la CCAG est un bénéficiaire indirect du projet.

 

C'est suite à leurs expériences complémentaires sur le même territoire mais sur des projets distincts que SEVES et ID ont décidé de s'unir pour mener le projet de consolidation du SPE dans les régions du sud du Tchad. Depuis 1994, ID accompagne des communautés défavorisées des pays du Sud en suscitant l'émergence et le renforcement d'acteurs locaux de développement. SEVES, association fondée en 2007, a pour objectif de favoriser l'accès à l'eau potable et à l'assainissement dans les pays du Sud en appuyant des initiatives locales économiquement viables et de sensibiliser les populations du Nord et du Sud à cette question.

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 11:56

 Des rebelles non identifiés ont attaqué et pillé dimanche une partie du site du groupe français de nucléaire civil Areva près du gisement d'uranium de Bakouma, dans le sud-est de la Centrafrique, a appris lundi l'AFP de sources militaires centrafricaine et diplomatique française.

 

"Un violent accrochage a mis aux prises hier (dimanche) dans l'après-midi à Bakouma" l'armée centrafricaine et "un groupe d'hommes armés non identifiés dans leur tentative de lancer l'assaut contre le site de la société minière Areva", selon un communiqué de presse militaire lu à la radio nationale.

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 11:40

CPS_SEI12_280509115222_65.jpgLe président sénégalais Macky Sall a affirmé que l'ancien chef d'Etat tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l'humanité, ne sera pas extradé en Belgique mais jugé au Sénégal, dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique paru lundi. Le Sénégal s'est doté début juin d'un groupe de travail sur l'affaire Hissène Habré, dans le cadre de son engagement pris en 2006 d'organiser le procès de l'ancien président réfugié sur son sol. "Ce comité est justement chargé de faire toute la lumière sur cette affaire et d'étudier les contraintes qui se posent à nous, sachant que j'exclus d'office son extradition vers la Belgique, qui le réclame", a expliqué Macky Sall.

 

"Il n'y a aucune raison valable de ne pas le juger en Afrique, et je rappelle d'ailleurs que c'est l'Union africaine qui a donné mandat au Sénégal d'organiser ce procès. Habré sera jugé ici", a-t-il ajouté. Hissène Habré vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990 après huit ans au pouvoir (1982-1990). Il est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture. Le Sénégal, qui avait accepté en 2006 de le juger à la demande de l'UA, n'a jamais organisé le procès.

 

La Belgique avait lancé en septembre 2005 un mandat d'arrêt international contre lui pour "violations graves du droit humanitaire international" et, depuis lors, a fait quatre demandes d'extradition en vue de le juger, en vain. Elle a aussi saisi en 2009 la Cour internationale de justice (CIJ) à laquelle elle demande d'ordonner au Sénégal de juger ou d'extrader Hissène Habré. Ces procédures se basent sur une plainte déposée en 2000 par un Belge d'origine tchadienne en vertu d'une loi belge dite de "compétence universelle" pour les crimes de droit international qui autorise notamment les tribunaux à se saisir d'un tel dossier dès lors qu'un citoyen de nationalité belge est concerné.

 

Selon une commission d'enquête tchadienne, le régime d'Hissène Habré a fait plus de 40.000 morts parmi les opposants politiques et au sein de certains groupes ethniques.

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 13:38

CPS_SEI12_280509115222_65.jpgUn nouveau rapport de la Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton notant l’incapacité persistante du Sénégal à traduire l’ancien dictateur Hissène Habré en justice conforte la demande que le Sénégal doive extrader rapidement Habré vers la Belgique pour y être jugé, ont déclaré aujourd’hui Human Rights Watch et des associations tchadiennes de victimes. Dans un rapport rendu public le 20 juin 2012, Hillary Clinton a déclaré qu’ « après vingt ans, les victimes méritent justice et depouvoir faire valoir leur cause devant un tribunal ». La Secrétaire d’État américaine a exhorté le gouvernement sénégalais à prendre des « mesures concrètes » afin de poursuivre Habré au Sénégal ou de l’extrader vers la Belgique.

Habré est accusé de milliers d’assassinats politiques et de l’usage systématique de la torture lorsqu’il était au pouvoir au Tchad de 1982 à 1990. Il vit en exil au Sénégal depuis plus de 21 ans, mais n’y a toujours pas été traduit en justice. Habré est recherché par la Belgique pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture. « Hillary Clinton a reconnu la souffrance des victimes de Habré et la nécessité d’une justice rapide », a déclaré Jacqueline Moudeïna, avocate des victimes de Habré et présidente de l’Association tchadienne pour la Promotion et la Défense des droits de l’Homme. « À ce stade, la seule option réaliste pour une justice rapide est l’extradition de Habré vers la Belgique, où il peut y être jugé dans les plus brefs délais. Sinon, nous allons être bloqués au Sénégal pendant encore de nombreuses années. »

En décembre 2011, lors de l’approbation de 50 millions de dollars en aide au développement au Sénégal, le Congrès américain a exprimé sa préoccupation « par rapport au fait que Hissène Habré n’a toujours pas été extradé pour être jugé » et a demandé à la Secrétaire d’État américaine de préparer un rapport sur « les dispositions prises par le gouvernement sénégalais en faveur de la traduction de Hissène Habré en justice ». Hillary Clinton a présenté son rapport au Comité des affectations budgétaires (« Appropriations Committee ») du Sénat américain le 6 juin.

Hillary Clinton a exhorté le gouvernement sénégalais à « avancer rapidement » dans la traduction de Habré en justice. « Si des progrès ne sont pas visibles en ce qui concerne les efforts pour poursuivre ou extrader Habré, le Département d’État continuera à insister fermement sur une action rapide de la part du Sénégal afin que Habré réponde enfin de ses crimes », a déclaré Hillary Clinton dans le rapport. Suite à la défaite d’Abdoulaye Wade face à Macky Sall lors des élections présidentielles au Sénégal au mois de mars, le nouveau gouvernement sénégalais a indiqué qu’il préfère juger Habré au Sénégal plutôt que de l’extrader vers la Belgique. Cependant, les associations de victimes ont exprimé leur crainte qu’un procès au Sénégal requerrait encore plusieurs années et mettrait la justice hors de portée pour de nombreuses victimes, dont beaucoup sont déjà décédées.

Le rapport note que Hillary Clinton avait envoyé un message à Wade, qui était alors président, en septembre 2011, exhortant le Sénégal à juger Habré ou à l’extrader vers la Belgique mais que les efforts pour qu’Habré soit tenu responsable de ses crimes étaient « effectivement bloqués ». Hillary Clinton a fait part de son espoir que le Président Sall et sa nouvelle administration « pourraient accélérer » la traduction en justice de Habré. Habré a été inculpé une première fois au Sénégal en 2000. Les tribunaux sénégalais ont statué qu’il ne pouvait pas y être jugé, et ses victimes ont alors déposé plainte en Belgique. En septembre 2005, après quatre ans d’enquête, un juge belge a inculpé Habré et la Belgique a demandé son extradition, mais un tribunal sénégalais s'est déclaré incompétent pour statuer sur la demande d’extradition.

Le Sénégal s’est ensuite tourné vers l’Union africaine (UA) qui a demandé au Sénégal de juger Habré « au nom de l’Afrique ». Le président Wade a accepté le mandat de l’UA mais des années de querelles à propos du budget du procès se sont ensuivies. En novembre 2010, la communauté internationale s’est engagée à donner 8,6 millions d’euros (11,4 millions de dollars) pour financer le procès de Habré. Une décision de la Cour de Justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en novembre 2010 a exigé que Habré soit jugé devant une « juridiction spéciale ad hoc à caractère international ». En mai 2011, le Sénégal s’est retiré des négociations avec l’UA portant sur la création de cette juridiction.

En juillet 2011, le Sénégal a menacé d’expulser Habré au Tchad. Le gouvernement tchadien a alors annoncé son soutien pour l’extradition de Habré vers la Belgique pour y être jugé. La Cour internationale de Justice (CIJ) devrait se prononcer avant la fin de l’année sur une requête déposée par la Belgique contre le Sénégal en février 2009, accusant le Sénégal d’avoir violé la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants en refusant de poursuivre Habré ou de l’extrader vers la Belgique.

La Belgique a déposé une nouvelle demande d’extradition auprès des autorités sénégalaises en janvier 2012 suite au rejetdes deux demandes précédentes pour vices de forme, le gouvernement sénégalais n'ayant apparemment pas transmis les documents juridiques belges intacts au tribunal. La dernière demande d’extradition semble être dans les mains du bureau du procureur national sénégalais, qui ne l’a pas encore transmise aux tribunaux afin d’être traitée.

Le rapport de Hillary Clinton notel’intention du nouveau gouvernement de juger Habré au Sénégal et de se plier à la décision à venir de la CIJ. Le rapport appelle le Sénégal à ne pas attendre la décision de la CIJ et à rapidement entamer les poursuites contre Habré au Sénégal ou à l’extrader vers la Belgique. « Le temps est compté pour les victimes survivantes qui meurent en plus grand nombre chaque année », a déclaré Reed Brody, conseiller juridique et porte-parole de Human Rights Watch, qui travaille avec les victimes de Habré depuis 13 ans. « La Belgique offre l’option la plus opportune et la plus réaliste de garantir que justice soit rendue aux victimes de Habré. »

Habré a été renversé par le président Idriss Déby Itno en 1990 et s’est réfugié au Sénégal. Son régime à parti unique a été marqué par des atrocités commises à grande échelle, notamment par des vagues d’épuration ethnique et l’usage systématique de la torture. Les archives de la police politique de Habré, la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), découvertes par Human Rights Watch en 2001, révèlent les noms de 1 208 personnes exécutées ou décédées en détention et 12 321 victimes de graves violations des droits humains.

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 09:42

Les Nations Unies et leurs partenaires ont lancé mardi des appels humanitaires révisés d'un montant total de 1.6 milliard de dollars pour fournir une aide d'urgence à 18,7 millions de personnes au Sahel. Trois nouveaux appels ont été lancés pour le Burkina Faso, le Mali et la Mauritanie, et les deux appels déjà existants pour le Tchad et le Niger ont été révisés à la hausse. Une aide humanitaire d'urgence et durable est également requise au Cameroun, en Gambie, au Nigeria et au Sénégal, dans des domaines tels qui, outre l'aide alimentaire, comprennent les services de santé et les programmes liés à l'eau et à l'assainissement.

 

« Il est crucial de maintenir cet élan dans les mois à venir. Non seulement pour subvenir aux besoins les plus urgents, mais aussi pour mettre en place les conditions nécessaires afin que les populations touchées par la crise puissent reconstruire leur vies et retrouver leur moyens de subsistance », a plaidé David Gressly, Coordonnateur Humanitaire Régional pour le Sahel, durant le lancement des appels à Genève.

 

La situation humanitaire dans la région du Sahel s'est détériorée de manière catastrophique en 2012 en raison d'une combinaison de facteurs mêlant sécheresse et faibles précipitations, mauvaises récoltes, hausse des prix alimentaires, déplacements de population et insécurité. La production céréalière dans la région a chuté de 27% par rapport à l'année dernière et les prix des denrées alimentaires ont augmenté. Au Mali, le prix du millet, denrée de base dans ce pays, a augmenté de 116% sur cinq ans.

 

Au Niger, le nombre de personnes en situation d'insécurité sur le plan alimentaire a crû de 18,5% entre janvier et avril pour atteindre 6,4 millions de personnes. Sur la même période, le nombre de personnes touchées au Tchad a atteint 3,6 millions, soit une augmentation de 125%. Plus d'un million d'enfants âgés de moins de cinq ans risquent de mourir de malnutrition aiguë sévère et ont besoin d'assistance immédiate. Trois millions risquent d'être atteints de malnutrition aiguë modérée. Le conflit au Mali et les déplacements de personnes qu'il a provoqués constituent un facteur aggravant. Plus de 372.000 personnes ont été déplacées, dont 205.000 réfugiés dans les pays voisins. L'insécurité permanente limite l'accès aux populations vulnérables.

 

Les organisations humanitaires ont soutenu les gouvernements de la région dans leur réponse à la crise en déployant du personnel et en augmentant les programmes d'assistance.  Les bailleurs de fonds ont déjà répondu de manière généreuse en contribuant à hauteur de 43% aux demandes de financement. Cependant, si l'aide n'est pas fournie de manière durable, la transition de la phase d'urgence aigue à une phase de relèvement risque d'échouer.


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