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Tchad, Berceau De L'humanité

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 13:15

Le différend qui oppose la Belgique au Sénégal, dans le cadre de l’affaire Habré, pourrait être vidé à l’issue des audiences publiques, prévues à la Cour internationale de la justice à compter du lundi 6 avril.La tenue prochaine du procès de l’ancien homme fort du Tchad sera au cœur de ce feuilleton judiciaire.

C’est ce lundi 6 avril que la Cour internationale de la justice, qui siége à La Haye (Pays-Bas), va démarrer ses audiences publiques suite à une plainte déposée par la Belgique contre le Sénégal concernant l’affaire Hissène Habré, ex-président tchadien. L’audience, qui se tiendra dans la grande salle du Palais de la paix, sera l’occasion pour les juges de cet organe judiciaire des Nations unies de se prononcer sur le différend qui oppose les deux pays. Et ce, après la saisine, adressée par la Belgique à la cour pour rappeler au Sénégal son devoir de juger l’ex-chef d’Etat tchadien ou de l’extrader vers la Belgique.


Devant la barre de la Cour internationale, c’est la partie belge qui va ouvrir le bal à partir de 10h pour des plaidoiries qui seront clôturées à 18h. Le Sénégal interviendra, pour sa part, à partir de 15h. Pour le deuxième tour des plaidoiries, prévue la journée du mardi 7 avril, c’est toujours la Belgique qui va débuter à partir de 16h 30 à 18h, suivie du Sénégal.


A l’issue des trois jours d’audiences publiques, on devrait savoir le sort que les juges de la cour vont réserver à l’ex-président tchadien. En effet, dans sa requête adressée à la cour, la Belgique demande à l’instance judiciaire d’ordonner au Sénégal de juger directement Habré ou de procéder à son extradition en Belgique pour qu’il réponde devant la justice Belge des accusations portées contre lui. L’on se rappelle que Hisséne Habré, qui vit en exil à Dakar, est poursuivi pour torture et crime contre l’humanité suite à des plaintes déposées contre lui par des victimes, parmi lesquelles un ressortissant belge d’origine tchadienne.


La Belgique, qui dénonce les lenteurs de la part du Sénégal dans la tenue du procès de l’ancien président tchadien, l’accuse aussi de ne pas respecter la législation internationale en refusant de juger Habré ou de l’extrader. Depuis 2005 le juge belge en charge du dossier Habré a décerné un mandat d’arrêt à son encontre et demande son extradition, à quoi le Sénégal a opposé un refus. L’Union africaine a donné l’aval au Sénégal de juger Hisséne Habré et les autorités sénégalaises se disent disposées à juger l’ancien homme fort du Tchad. Toutefois, elles demandent que le budget estimé à 17 milliards de francs Cfa soit d’abord honoré.


Dans l’une de ses sorties, le président Abdoulaye Wade avait menacé de ‘lever la mise en résidence surveillée depuis 2000 de Hisséne Habré’, si l’on ne trouve pas le budget nécessaire pour la tenue de son procès à Dakar. C’est d’ailleurs suite à cette déclaration que la Belgique a décidé de saisir la cour internationale de la justice pour lui demander des ‘mesures conservatoires’. Une bataille de plus dans le long feuilleton juridique entre la Belgique et le Sénégal relatif à l’affaire Hissène Habré. Du côté de la partie sénégalaise, on se déclare serein pour entamer ces audiences.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 12:41

Le lac Tchad, qui couvrait autrefois 25 000 kilomètres carrés et qui a été réduit à un cinquième de sa taille par la sécheresse, constitue un exemple de la coopération régionale indispensable à la survie d'un réservoir d'eau vital. Le lac est partagé par le Tchad, le Cameroun, le Nigeria et le Niger, où l'eau a totalement disparu, ce qui entraîne des pêcheurs comme Mustapha Adamou à suivre les eaux jusqu'au Tchad, ainsi que le montre un récent reportage vidéo de la série «L'ONU en action», intitulé Le sauvetage du lac Tchad.

D'ici à l’an 2020, près de 35 millions de personnes – le double de la population actuelle – dépendront du lac Tchad pour leur survie, selon le documentaire, et les eaux pourraient disparaître totalement si rien n'est fait. La seule solution réside dans la coopération régionale ainsi que le promeut la Journée mondiale de l'eau, célébrée le 21 mars. Un des projets envisage de construire un canal de 100 à 150 kilomètres pour détourner de l'eau de la rivière Oubangui, en République centrafricaine.

Cela fait des années que la Commission sur le bassin du lac Tchad appelle à un soutien international à cet effet. En attendant, des agriculteurs, comme Musa, ont vu les eaux baisser à tel point qu'ils doivent négocier avec leurs voisins pour savoir quand ils peuvent irriguer. À l'intérieur des terres, au Sahel, en voie de désertification, le berger Adam se souvient pour sa part que sa famille avait dû déménager lorsque l'eau est venue à manquer.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 12:36

GUELENDENG/N’DJAMENA, 2 avril 2009 (IRIN) - La mort d’Awa, assassinée par son mari en novembre dernier à Guelendeng, a été « une de trop » pour les femmes de cette localité située à 150 kilomètres au sud de N’djamena, la capitale tchadienne. Révoltées par les violences que certaines d’entre elles subissent au quotidien, ces femmes ont décidé de se battre pour faire valoir leurs droits, mais elles se heurtent à de nombreux obstacles.

Le 20 décembre, des dizaines de femmes ont participé à une marche, la première du genre dans cette localité, pour dénoncer les atteintes à leurs droits et interpeller l’Etat sur son rôle, face à l’impunité dont jouissent la grande majorité des auteurs de violences. Meurtres, passages à tabac, mariages précoces, violences sexuelles, la liste des atteintes aux droits des femmes est longue. « Avec tous les cas constatés, on ne pouvait plus rester les bras croisés. Ces violences sont tellement répandues qu’elles deviennent même un sujet de causerie chez les hommes », a dit à IRIN Catherine Ndaokaï, chargée de l’information et de la sensibilisation pour le Comité de suivi des violences faites aux femmes.

L’initiative de la marche a valu des menaces à plusieurs participantes, a raconté Martine Klah, présidente de ce comité, créé au lendemain de la marche « pour que le mouvement ne s’arrête pas là ». Dans une région où la tradition fait de l’homme un « être dominant », « des hommes nous ont dit qu’ils allaient nous assassiner, une par une, pour avoir fait ça », a-t-elle dit.

Malgré les pressions, les femmes de Guelendeng sont pourtant bien décidées à poursuivre la lutte. Mais elles se sentent souvent désarmées pour agir. Elles sont d’abord confrontées aux pesanteurs culturelles. « La femme est en bas de l’échelle [sociale], elle est considérée comme un bien », a noté Delphine Kemneloum Djiraibe, coordinatrice nationale du Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation nationale au Tchad. « Une femme, on en fait ce qu’on veut ».

Le contexte de violence généralisée qui prévaut dans ce pays, confronté à des attaques de groupes armés et à l’instabilité depuis des décennies, a aussi certainement exacerbé les violences contre les femmes, ont noté plusieurs défenseurs des droits humains. « Les hommes disent que les femmes sont à l’origine de ces [violences], mais au temps de nos grands-parents, on n’assassinait pas », a dit Mme Ndaokaï. « Même si une femme était prise en flagrant délit [de faute], on la renvoyait, c’est tout ».

Vide juridique et impunité

Les femmes de Guelendeng ont aussi dit manquer d’information pour orienter les victimes en cas d’abus. « Nous ne connaissons pas les textes [de loi] de base pour la défense des droits des femmes », a expliqué Mme Klah. Des lois ont bien été votées au cours des dernières années, entre autres sur la santé de la reproduction, mais les décrets d’application n’ont jamais été publiés. Un projet de Code de la famille, rédigé depuis plusieurs années, attend toujours d’être examiné au Parlement, un retard que des défenseurs des droits humains attribuent à des « conservateurs » craignant que cette loi ne donne « trop de pouvoir aux femmes ».

En attendant, « les juristes essaient d’utiliser les textes du Code pénal déjà existants, comme celui relatif aux ‘coups et blessures’ », a dit à IRIN Lydie Asngar Mbaiassem Latoï, directrice de la Promotion de la femme et de l’intégration du genre au ministère de l’Action sociale. Mais cela est largement insuffisant : ce vide juridique et le climat d’impunité qui prévaut font que les auteurs de violences ne sont presque jamais poursuivis – et les hommes le savent, ce qui encourage la perpétuation de ces actes, a regretté Larlem Marie, présidente de l’Association pour la promotion des libertés fondamentales au Tchad (APLFT).

« Récemment, un homme qui voulait s’attaquer à sa femme lui a dit qu’il pouvait la tuer parce que de toute façon il ne lui arriverait rien : il a cité le cas d’un mari qui avait assassiné sa femme mais n’avait pas été inquiété », a-t-elle dit à IRIN. « C’est l’impunité qui fait le lit des violences », a renchéri Mme Djiraibe.  Les femmes renoncent donc souvent à porter plainte, terrorisées à l’idée de faire l’objet de représailles. Car même si elles décident de réclamer justice, elles n’ont aucun lieu où se réfugier pour échapper à leurs agresseurs puisqu’il n’existe pas de structures d’accueil pour les femmes victimes de violences, notamment domestiques, a dit Mme Djiraibe.

« C’est vraiment un blocage parce que même si les femmes obtiennent une assistance judiciaire, elles ne savent pas où aller se mettre à l’abri », a-t-elle dit. « Il y a une résistance de l’opinion qui pense [qu’en créant ces structures], on encourage les femmes à quitter leur foyer. Donc il n’y a pas d’alternative [au foyer conjugal], si elles [portent plainte], elles vont se retrouver dans la rue ».

Une violence largement répandue

Si les femmes de Guelendeng ont pris l’initiative de dénoncer les violences qu’elles subissent, de très nombreuses autres souffrent en silence : les organisations humanitaires et de défense des droits humains signalent des cas partout dans le pays, mais en l’absence d’études, il est très difficile d’en mesurer l’ampleur.

A l’exception de l’est du Tchad, où la large présence des organisations humanitaires liée à l’afflux de réfugiés et personnes déplacées a permis de mener une enquête rapide révélant une prévalence des violences sexuelles de l’ordre de 15 à 20 pour cent, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), il n’y a pas de données disponibles dans le reste du pays.

Pour y remédier, le ministère de l’Action sociale a prévu de lancer une enquête cette année, avec le soutien de l’UNFPA, a précisé Mme Mbaiassem Latoï. D’autre part, le ministère et l’UNFPA travaillent actuellement à la mise en place d’un numéro d’appel gratuit, relié à la police, qui permettrait aux victimes d’être orientées pour obtenir une assistance, à la fois judiciaire et médicale. Et cela est urgent, ont estimé plusieurs acteurs humanitaires, entre autres dans le cas des très jeunes filles. « Le sentiment d’urgence n’est pas présent, alors qu’on est face à un niveau de violence en hausse et à une impression d’insécurité de plus en plus souvent rapportée », a dit Marzio Babille, représentant du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, l’UNICEF.

Pour parvenir à « porter haut » les droits des femmes, le soutien des autorités est indispensable, ont plaidé des défenseurs des droits humains. Sur ce point au moins, les femmes de Guelendeng ont estimé qu’elles avaient de la chance. « On peut aller voir le préfet [de la région] en cas de problème, il nous écoute et nous soutient », a dit l’une d’entre elles.

Gabdibe Passore Ouadjiri Loth, le préfet, est en effet intervenu dans plusieurs cas et fait le lien avec le ministère de l’Intérieur et la présidence. « Si un homme ne protège pas sa mère, qui va-t-il protéger ? », a-t-il dit à IRIN, tout en reconnaissant que les « phallocrates » étaient encore prédominants dans le pays.  Malgré tout, « les choses évoluent lentement, mais sûrement. Tout est en chantier : des lois, des politiques, … », a affirmé Mme Mbaiassem Latoï, du ministère. « La crise [économique et sécuritaire] a bouleversé les choses : de nombreuses femmes sont devenues chefs de ménage et les hommes réalisent qu’il ne faut pas les négliger », a-t-elle noté. « Le réveil n’est pas encore total, mais ça va venir. De toute façon, la société civile ne s’arrêtera pas ».

Source: http://www.irinnews.org/

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 20:18

Le Greffier de la Cour pénale internationale, Mme Silvana Arbia, s'est rendue aujourd'hui dans les camps de Treguine et de Bredjing (est du Tchad), où vivent des dizaines de milliers de réfugiés soudanais, afin d'évoquer avec eux l'action de la Cour et les développements récents en ce qui concerne la situation au Darfour (Soudan). Le déplacement de Mme Arbia s'inscrit dans le cadre d'une visite de quatre jours au Tchad qui a débuté le lundi 30 mars 2009, la première qu'elle effectue dans ce pays.

Le Greffier s'est entretenu avec des responsables des camps, des réfugiés masalit pour la plupart, des représentants de groupes de femmes, et de très nombreuses victimes. Les questions ont principalement tourné autour du mandat d'arrêt récemment émis par la Cour à l'encontre du président soudanais Omar Al Bashir et des modalités d'exécution de celui-ci, tant par le Soudan que par la communauté internationale. Les participants ont exprimé leur satisfaction à l'égard du mandat d'arrêt, mais se sont dit préoccupés par le manque de coopération des États jusqu'ici. Ils ont également insisté auprès du Greffier sur leur désir de retourner dans leur région d'origine, le Darfour, dès que justice aura été faite et que la paix sera revenue.

Mme Arbia a assuré ses interlocuteurs que la Cour poursuivrait ses efforts pour obtenir la coopération des États afin que Omar Al Bashir soit arrêté et transféré à la CPI. « Le mandat d'arrêt sera exécuté », a-t-elle déclaré, soulignant que la Cour est une institution permanente, que les crimes imputés au président soudanais sont imprescriptibles et que la justice suit son cours, même s'il s'agit d'un chef d'État. Le Greffier a rappelé à cet égard les prérogatives de la Cour en cas de non-coopération du Soudan, des États parties au Statut de Rome et des autres États, en particulier le fait que la Chambre compétente peut acter leur non-coopération et en référer au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Mme Arbia a encore procédé à un état des lieux en ce qui concerne les autres mandats d'arrêt émis dans le cadre de la situation du Darfour. Interrogée sur la participation des victimes aux procès devant la Cour, le Greffier a enfin expliqué quels étaient les droits de celles-ci et comment elles pouvaient obtenir réparation pour le préjudice subi.

Pour toute information complémentaire, merci de contacter Cécilia Balteanu au Tchad au numéro de téléphone : + 31 6 52 67 14 96 ou par courriel à l'adresse : cecilia.balteanu@icc-cpi.int

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 20:56

APA N’Djamena (Tchad) Le véhicule président du conseil économique et social(CES), troisième personnalité de l’Etat tchadien, M. Delwa Kassiré Coumakoye, a été brûlé par un groupe d’inconnus, dans la nuit de samedi dernier, a appris APA. Après avoir maîtrisé les gardes du président du CES, les inconnus auraient aspergé d’essence son véhicule avant d’y mettre le feu, ont indiqué des témoins joints par APA.


La maison de M. Kassiré Koumakoye est située au quartier Moursal, un secteur pourtant considéré comme sécurisé, à un jet de pierre de l’école de police. C’est le second acte criminel posé contre une personnalité de l’Etat, trois semaines après l’attentat contre le ministre de l’Intérieur Ahmat Bâchir.

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 10:04
Faire la queue est devenu une activité quotidienne dans la vie de Mariam Mouktar. Elle se lève tôt chaque matin et intègre la file d’attente avec de nombreux autres réfugiés soudanais pour remplir à son tour son seau à un robinet. L’eau est une ressource rare pour les populations vivant dans les étendues arides et semi désertiques de l’est du Tchad. Toutefois, quand vous vivez côte à côte dans un camp de réfugiés poussiéreux avec près de 21 000 autres personnes, l’eau devient un problème majeur.

« Avoir si peu d’eau est un réel problème dans le camp. Depuis que je suis venue ici en 2004, nous n’avons jamais eu assez. Je dois cuisiner, laver mes trois enfants, nettoyer les vêtements et mes quelques chèvres ont soif aussi », a expliqué Mariam. « Vous devez vous lever très tôt chaque matin, pour être au début de la file d’attente, sinon il ne reste pas suffisamment d’eau. »


Toutefois l’agence des Nations Unies pour les réfugiés et le Ministre tchadien pour l’eau et l’environnement ont tout juste commencé à mettre en œuvre une stratégie plus durable pour l’eau, dans les 12 camps gérés par le HCR à l’est du pays, qui remplacera partiellement les systèmes de haute technologie lourds à gérer, qui sont actuellement en place.


Cette nouvelle approche sur trois ans vise, via une combinaison de techniques modernes et traditionnelles, à garantir les réserves des nappes phréatiques s’épuisant rapidement au Tchad et à assurer que les 250 000 réfugiés soudanais dans les camps seront moins dépendants d’une technologie sophistiquée pour l’approvisionnement de cette ressource vitale. Les communautés locales pourront aussi en bénéficier. « En principe, il y a suffisamment d’eau au Tchad. Cependant, à cause de la surpopulation dans les camps, nous avons extrait trop d’eau, et ce dans un délai trop court », a indiqué Christian Guillot, qui dirige une équipe du HCR pour l’eau et l’assainissement comptant sept personnes dans la ville d’Abéché. « Nous ne sommes pas dans une situation d’urgence, alors nous devons revoir notre approche et davantage revenir à des systèmes traditionnels, sinon dans quelques années il n’y aura plus d’eau du tout », a-t-il ajouté.


Durant la première année du plan, de nouveaux puits seront forés dans les 12 camps de réfugiés et dans les villages environnants - l’objectif étant de 16 puits pour les troupeaux ; 37 puits principaux avec des pompes manuelles et 46 puits instantanés. Parallèlement, l’équipe de Christian Guillot recherchera des réserves d’eau souterraines avec l’aide d’experts français et suisses. Par ailleurs, cette année, les communautés locales et réfugiées seront formés sur l’utilisation de différentes sources d’eau pour différents objectifs : pour la boisson, pour le bétail, pour les cultures et pour le travail de construction. Lors de l’étape suivante, des pompes à eau électriques seront remplacées par des pompes manuelles traditionnelles, qui seront plus faciles d’utilisation et moins onéreuses à entretenir.


Tous les puits se rempliront naturellement chaque année à la saison des pluies, qui dure de juillet à septembre. « La quantité d’eau ici est visiblement moins importante », a expliqué Christian Guillot, « mais en construisant plusieurs puits traditionnels dans les wadis [des lits de rivières asséchées], nous n’épuiserons pas les réserves des nappes phréatiques situées en profondeur sous le désert. ». Christian Guillot a indiqué qu’à part trouver des solutions pour l’approvisionnement en eau, le projet « vise aussi à calmer des tensions survenant entre les réfugiés et leurs communautés d’accueil. Et une fois que les réfugiés rentreront dans leurs villages d’origine au Darfour, nous aurons créé des sources d’eau durables pour la population tchadienne. »


Ce sera une bonne nouvelle pour Miriam. Elle a indiqué que, dans son village au Darfour, « nous n’avions jamais eu de problèmes d’eau car tous nos villages étaient beaucoup plus petits et notre population n’a jamais excédé un certain nombre. » Elle devra encore faire la queue sous le soleil brûlant, mais peut-être pas aussi longtemps chaque jour. La situation est pire dans d’autres camps. A Farchana, les 18 points de distribution d’eau fournissent jusqu’à 16 litres par personne et par jour, la quantité minimale se situant entre 15 et 20 litres. Dans des camps plus au nord, aux alentours des zones plus arides d’Iriba ou de Bahaï, chaque personne reçoit tout juste six à 10 litres d’eau par jour.

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:15

N’DJAMENA, 26 mars 2009 (IRIN) - Yaya*, 16 ans, a combattu pendant plusieurs années dans les rangs d’une rébellion de l’est du Tchad, jusqu’à ce que son mouvement signe un accord avec le gouvernement en 2006. Aujourd’hui en formation de chauffeur-mécanicien dans le cadre d’un processus de démobilisation, il dit n’aspirer qu’à une chose : que l’Etat garantisse la sécurité et la justice dans le pays, seule condition pour qu’il ne replonge dans la violence.

« Je viens d’un petit village de la région de Guéréda [département du Dar Tama, dans l’est du pays, près de la frontière soudanaise]. Quand j’étais petit, j’étais berger et j’allais à l’école coranique. « Je voyais les problèmes qu’il y avait entre ma communauté [Tama] et les Zaghawa [dont est issu le président tchadien Idriss Déby]. [Les Zaghawa] venaient toujours armés, ils prenaient notre bétail et nous disaient qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient parce qu’ils étaient au pouvoir.

« J’avais [environ 10 ans] quand un jour, ils sont encore venus voler du bétail. Des gens du village ont couru derrière eux, alors ils ont tué les hommes et les enfants de mon âge qui les poursuivaient. Avec 15 autres jeunes, nous avons décidé que cette fois-ci, ce n’était plus acceptable et qu’il fallait nous défendre. « La nuit suivante, nous sommes partis pour rejoindre la rébellion [devenue en 2005 le FUC, Front uni pour le changement, lié au Soudan]. On courait la nuit, et le jour on se cachait pour échapper aux Zaghawa. Au bout de trois nuits, nous avons trouvé [les rebelles]. Nous avons commencé une formation.

« Nous n’avions pas fini la formation quand un jour, il y a eu une attaque et nous avons participé aux combats. Cinq garçons de mon village ont été tués. Jusque là, nous n’avions pas d’armes, mais nos chefs ont vu qu’on savait se battre, alors ils nous ont donné des armes et m’ont chargé de former d’autres combattants. Après, on a participé à tous les combats. « On n’avait pas peur de se battre. On avait vu la mort dans [notre] village. Quand on a déjà vu la mort, on n’a plus peur.

« Le 13 avril 2006, il y a eu des combats près de N’djamena [la capitale], beaucoup de nos combattants ont été capturés et emprisonnés. Quelques temps après, notre chef nous a dit que si nous les laissions, ils allaient être exécutés donc il valait mieux rallier l’armée [accord de paix entre le gouvernement et le FUC signé en décembre 2006] et un jour, on les récupèrerait pour repartir. Nous avons accepté.

« Puis le chef nous a dit que comme nous étions mineurs, notre place était à l’école, pas dans l’armée [accord de démobilisation des enfants associés aux groupes armés signé en mai 2007 entre le gouvernement et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, UNICEF]. Il y a eu beaucoup de discussions chaudes, aucun enfant ne voulait. Mais le chef a dit qu’on allait pouvoir apprendre à conduire des véhicules pour devenir des généraux ou des ministres, donc nous avons accepté.  « Au bout d’un mois, on n’a pas vu venir notre solde de combattant. Nous sommes allés voir notre chef puis les militaires pour essayer de repartir [dans l’est], mais personne n’a voulu nous aider.

« C’est comme ça que je suis rentré à l’école en septembre 2007 [via un programme de démobilisation et réinsertion financé par l'UNICEF]. Mais j’étais trop vieux, alors j’ai demandé à faire une formation de chauffeur mécanicien. Ca fait 18 mois maintenant que je suis au CTO [centre de transit et d’orientation, géré par l’organisation CARE, avec UNICEF]. Je fais ma formation dans la journée et le soir, je suis les cours d’alphabétisation.

« Au début, quand j’étais au centre, j’allais souvent du côté des militaires, j’avais des comptes à régler avec eux. Mais aujourd’hui, j’ai passé beaucoup de temps pour ma formation et j’ai appris beaucoup de choses, je ne veux plus les voir. Ce serait une perte de temps. « Quand je pense à tout ce que j’ai fait pendant toutes ces années, je regrette. J’ai fait beaucoup de mal aux populations, parce que j’avais une arme et j’étais ‘chef’. Dès que je mettais ma tenue militaire, je me sentais agressif. Ca m’étonne d’être devenu si docile aujourd’hui.

« Je voudrais dire à mes jeunes frères qu’il n’y a aucun avantage à être dans l’armée quand on est un enfant. Un adulte peut [y] avoir [un avenir], mais pour un enfant, c’est seulement une perte de temps : j’ai perdu l’école coranique, le bétail, et je dois tout recommencer à zéro. « Ma famille est toujours au village là-bas, un beau-frère m’appelle chaque semaine pour me donner des nouvelles. Mais je ne veux pas y retourner, parce que je suis sûr que si je repars, je vais retrouver l’injustice et ça va me ramener dans la rébellion. Je veux rester loin de tout ça.

« Il faut que l’Etat assure la sécurité et l’égalité dans le pays. C’est l’insécurité et l’injustice qui m’ont poussé à combattre, je devais protéger mon bétail et mes [proches]. Si on ne les avait pas tués, je n’aurais pas rejoint la rébellion. Il faut aussi enlever leurs armes aux civils. Il faut absolument la paix dans ce pays ».

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 11:59

Faits majeurs


- 9467 réfugiés centrafricains enregistrés par le UNHCR à Daha et Massembagne au sud est;

- Suspension temporaire des activités de deux ONG à l'est pour des raisons sécuritaires;

- L'ONU prend le relais de la force militaire européenne (EUFOR) à l'est du Tchad et au nord-est de la RCA;

- CAP pour le Tchad financé à 31%. Cinq secteurs sur dix n'ont pas encore reçu de financement.


Contexte


La situation sécuritaire reste marquée par les actes de banditisme affectant le bon déroulement des opérations humanitaires à l'est du Tchad. A titre d'exemple, entre le 16 et le 17 mars, plusieurs braquages ayant pour cible les acteurs humanitaires ont été perpétrés à Guéréda, Goz Beida, Adé et Farchana. A la suite de ces incidents, deux ONG se sont retirées temporairement l'une de Goz Beida et l'autre d'Adé.


La Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) a pris le relais de la Force Européenne depuis le 15 mars conformément à la résolution 1861 du Conseil de Sécurité. La force onusienne en République Centrafricaine et au Tchad sera composée de 5 200 hommes et femmes. Elle a pour mission d' ''aider à créer les conditions favorables au retour volontaire, sécurisé et durable des réfugiés et des personnes déplacées, y compris en contribuant à la protection des réfugiés, des personnes déplacées et des populations civiles en danger, en facilitant la fourniture de l'assistance humanitaire dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine, et en créant des conditions en faveur d'un effort de reconstruction et de développement économique et social de ces zones''

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 09:33

GUELENDENG, 24 mars 2009 (IRIN) - Mariam, une adolescente de 14 ans, a été mariée de force il y a deux ans à un homme de plus de 60 ans à Guelendeng, à 150 kilomètres au sud de N’Djamena, la capitale tchadienne. Désespérée, elle a tenté de se suicider en s’immolant. Sauvée in extremis par des voisins, Mariam a passé plus d’un an à l’hôpital et vit maintenant dans la crainte que son père la ramène chez son mari.

« Quand j’avais 12 ans, un jeune est venu voir mes parents et a dit qu’il voulait m’épouser. J’étais d’accord et ma mère aussi, mais ma marâtre [co-épouse de sa mère], qui avait une fille aussi, a convaincu mon père qu’il fallait marier ce jeune à sa [propre] fille, et me donner un autre mari. « Un autre homme est venu pour m’épouser, il était très vieux, je n’ai pas voulu. Mais mon père a conclu directement [la dot] avec lui, et on m’a mariée quand même. Je me suis enfuie de chez mes parents; je suis allée chez ma grande sœur, mais un de mes grands frères m’a ramenée chez mon père.

« Après le mariage, mon mari a dit qu’il voulait que j’aille dormir chez lui. Quand j’ai dit à mon père que je ne voulais pas, il m’a enfermée à la maison et il est sorti. J’étais tellement choquée et en colère que je me suis aspergée de pétrole [lampant] sur le sexe et sur le devant du corps, et j’ai mis le feu. Je voulais en finir.

« Des voisins ont entendu mes cris. Ils ont pensé que mon père me battait et comme la porte était fermée, ils l’ont cassée et ils sont rentrés. J’étais déjà brûlée quand ils m’ont trouvée. Ils ont appelé mon père et quand il m’a vue avec mes brûlures, il m’a frappée et ila dit que je n’avais qu’à mourir. C’est le commandant de brigade [militaires] qui est venu me chercher pour m’emmener à l’hôpital. 

" J’ai passé sept mois à l’hôpital de Guelendeng, et encore sept mois à l’hôpital à N’Djamena. Je souffrais beaucoup, je voulais juste qu’on me soigne. Mon ventre, mon sexe et mes cuisses sont complètement brûlés. Au début, ma famille prenait soin de moi, elle envoyait de l’argent. Mais après, ils ont arrêté de venir, mon père n’envoyait plus d’argent. Il n’est jamais venu me voir.

« Après l’hôpital, on m’a ramenée dans la concession de mes parents, j’y suis encore aujourd’hui. Je fais du petit commerce. Mon père refuse toujours que je divorce, des gens [des femmes de Guelendeng et l’Association pour la promotion des libertés fondamentales au Tchad, APLFT] essayent de discuter avec lui, mais il veut que je retourne chez mon mari. Je ne veux pas. J’ai peur. Je ne sais pas ce que je vais devenir ».

Source: http://www.irinnews.org/

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 09:26

NDJAMENA, Tchad, 24 mars 2009/African Press Organization (APO)/ — Des réfugiés continuent d’arriver dans le village isolé de Daha au sud-est du Tchad, fuyant l’insécurité permanente dans le nord de la République centrafricaine (RCA). Un groupe de 130 réfugiés centrafricains sont arrivés au Tchad en quête de sécurité le week-end dernier, après avoir traversé la rivière marquant la frontière entre les deux pays. Nous avons maintenant enregistré plus de 6 800 réfugiés centrafricains dans deux sites près du village de Daha. Par ailleurs, quelque 2 500 réfugiés centrafricains se trouvent dans le village tchadien de Massambaye, un second point d’entrée dans le pays situé à environ 125 kilomètres à l’est de Daha. Daha et Massambaye se situent à un kilomètre de la frontière instable entre le Tchad et la République centrafricaine.

 

La majorité des nouveaux arrivants sont des femmes, des enfants et des personnes âgées. A Daha, les réfugiés ont dit au HCR qu’ils avaient fui le village de Kounde dans le nord de la République centrafricaine, où des combats entre les rebelles et les forces gouvernementales se poursuivraient. Les réfugiés ont dit qu’ils marché pendant deux jours avant d’atteindre la frontière et que davantage de personnes étaient encore cachées dans la brousse en République centrafricaine par crainte d’être attaquées ou tuées, et qu’elles essayaient de trouver un lieu en sécurité au Tchad. Les premiers groupes de réfugiés ont commencé à arriver dans la région de Daha à la mi-janvier.

 

Les réfugiés disent qu’ils ne souhaitent pas retourner chez eux actuellement à cause de l’insécurité persistante dans le nord de la République centrafricaine. Ils ont également dit qu’ils souhaitaient rester près de la frontière. Le HCR et ses partenaires distribuent des articles de secours, comme des bâches en plastique, des nattes de couchage, des couvertures et des jerrycans. Les réfugiés ont commencé à construire leurs propres petites huttes. Nous continuerons à fournir l’assistance adéquate à ceux qui se trouvent à Daha et à Massambaye, mais la région deviendra inaccessible au début de la saison des pluies fin avril.

 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni un mois de rations alimentaires et d’autres distributions sont prévues. MSF-France fournit actuellement de l’eau potable pour les réfugiés et l’UNICEF a construit des latrines communes. Le HCR finance le dispensaire local de Daha. Des enfants réfugiés malnutris ont reçu des rations alimentaires supplémentaires et tous les enfants nouvellement arrivés sont vaccinés contre la rougeole et la polio.

 

Il y a déjà 56 000 réfugiés centrafricains dans cinq camps au sud du Tchad. Dans l’est du Tchad, plus de 250 000 réfugiés soudanais originaires du Darfour sont hébergés dans 12 camps gérés par le HCR.

Nous fournissons également une assistance à 166 000 Tchadiens qui sont des déplacés dans leur propre pays.

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