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Tchad, Berceau De L'humanité

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 13:31

Le représentant du Secrétaire général sur les droits de l'homme des personnes déplacées dans leur propre pays, Walter Kälin, a appelé jeudi les autorités de la République centrafricaine à inclure les déplacés dans les efforts de consolidation de la paix, à la fin de la visite qu'il a entamée dans le pays le 10 février.

« La signature des accords de paix et la tenue du Dialogue politique inclusif constituent des avancés considérables dans la poursuite de la paix et la stabilité en République centrafricaine. Ces étapes permettent désormais de s'engager d'une manière énergique à la mise en œuvre de solutions durables pour les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays », a déclaré M. Kälin.


Il a déploré la précarité dans laquelle se trouvent plus de 100.000 personnes toujours en déplacement suite au conflit dans le nord du pays et les actes de violence commis par des éléments criminels en toute impunité. Il a rappelé qu'il incombe aux autorités centrafricaines de prendre des mesures concrètes et spécifiques permettant aux déplacés de jouir pleinement de leurs droits à décider de leur retour en toute liberté, à la sécurité, à l'alimentation, au logement, à la santé, à l'éducation et à la participation à la vie publique, en particulier aux décisions affectant leur avenir.

 

Un accent particulier doit être porté à la situation des personnes ayant des besoins spécifiques, notamment des enfants, a-t-il estimé. 


Selon lui, il faut aussi un appui ciblé et immédiat de la communauté internationale aux efforts consentis par le gouvernement de la République centrafricaine et une stratégie concrète de retour qui s'attaque aux préoccupations en matière de la sécurité dans les zones de retour et qui permettra les avancées en arrivant à des solutions durables pour les communautés déplacés. 


Pendant son séjour à Bangui, Walter Kälin a rencontré le Premier Ministre et les Ministres en charge de questions liées au déplacement interne, des mouvements politico-militaires, des représentants du système des Nations Unies, des bailleurs de fonds et de la société civile.

 

Source : http://www.un.org/apps/

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 13:30

EL DAMAZIN - "La guerre est terminée, c'est le temps de la paix", souffle Othman, peau d'ébène et barbe blanche, l'un des premiers miliciens redevenus civils dans le cadre de la plus importante opération de désarmement au monde, au Soudan.


 "Je vais maintenant pouvoir être fermier... car il n'y aura plus de guerre", lance cet ancien combattant d'une milice équipée et entraînée par l'armée soudanaise pendant la guerre entre le nord, majoritairement musulman, et le sud, chrétien et animiste.


La guerre du Sud-Soudan, à l'origine de deux millions de morts et quatre millions de déplacés sur deux décennies, s'est terminée en 2005. Et 180.000 combattants (moitié nordiste, moitié sudiste) doivent passer par un programme de "Démilitarisation, démobilisation et réintégration" à la vie civile (DDR).


Une première cohorte de 15 militaires et miliciens est redevenue "civile" cette semaine lors d'une cérémonie à el-Damazin, dans la province du Nil Bleu, à plus de


 "Certains de mes amis estiment que j'ai fait le bon choix, mais d'autres pas. Ils pensent pas que ce n'est pas concret (le DDR). Maintenant, leurs perceptions vont peut-être changer", dit Souada, en gants noirs et foulard blanc, ex-infirmière dans une milice.

500 kilomètres au sud de Khartoum.
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 13:27


Le "père" scientifique de Toumaï, le professeur au Collège de France Michel Brunet, a jalousement gardé le crâne qui n'a été exposé jusqu'ici qu'une seule fois au Japon, en 2005.

 

A la Cité des Sciences "un film opacifiant a été posé pour masquer les détails" car le Pr Brunet veut encore garder le monopole des travaux de recherche sur le crâne, a expliqué à l'AFP, Alain Labouze, concepteur de l'exposition. Le statut de plus vieil hominidé de Toumaï, s'il compte encore beaucoup de détracteurs, est aujourd'hui accepté par le paléontologue Yves Coppens, conseiller scientifique de l'exposition, que le crâne sahélien a fait renoncer à sa théorie de l'East Side Story.


Selon cette dernière, les hommes seraient apparus à l'est de la vallée du Rift, en Afrique de l'Est, tandis que les grands singes peuplaient l'ouest du continent.

 

 


Une chose est sûre, "nous sommes tous tropicaux et Africains" d'origine, a déclaré M. Coppens lors d'une conférence de presse mercredi à la Cité des Sciences.

 

 

Face à ceux qui remettent encore en question les découvertes de Darwin, M. Coppens a déclaré que "l'évolution n'est plus à débattre: ce n'est pas une hypothèse, ni une théorie, c'est un fait. Ce qui se discute, ce sont les modalités de l'évolution", a souligné Yves Coppens.


Au total, seuls 2.000 fossiles humains ont été découverts dans le monde, ce qui est très peu au regard des 10 milliards d'humains ayant vécu depuis les origines du genre Homo. "On est méritants de raconter une histoire avec ce qu'on a", a encore dit M. Coppens.

 

 


D'autres expositions sur le thème de l'évolution de notre espèce se déroulent à partir du 12 février à Auxerre, Besançon, Blois, Bourges, Chartres, Dijon, Marseille, Nantes, Orléans et Strasbourg, et plus tard courant 2009 à Aix-en-Provence, Clermont-Ferrand, Montébliard et Montpellier.

 

 

Des panneaux présentent les outils et les dernières techniques de la paléontologie, comme le comptage d'atomes de potassium et d'argon pour la datation, qui permettent de remonter beaucoup plus loin dans le temps que le carbone 14, qui s'arrête à 50.000 ans."Comme les cochons et les chevaux, nous sommes apparus par nécessité d'adaptation à un changement climatique", a poursuivi le paléontologue."Plus on s'approche chronologiquement de la séparation entre hommes et singes (il y a 10 à 7 millions d'années), plus les fossiles présentent des caractères mélangés, propres aux deux lignées", explique un panneau de l'exposition.
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 11:02

Les agences humanitaires internationales n'ont pas encore eu accès à plus de 100.000 civils déplacés par les combats récents au Darfour, a annoncé jeudi la coordonnatrice de l'ONU pour l'aide humanitaire au Soudan. "Si un accès immédiat n'est pas assuré (dans les secteurs de Mouharijiya, Sheria et Labado)... la situation de centaines de milliers de civils pourrait se détériorer rapidement", a prévenu Ameerah Haq dans un communiqué.


Les agences d'aide internationales ont tenté à quatre reprises depuis une semaine d'accéder à ces zones du Darfour-Sud où des combats meurtriers ont eu lieu depuis la mi-janvier, mais ont été "incapables d'obtenir les autorisations pour des vols humanitaires".

La ville de Mouharijiya a été le théâtre de combats meurtriers en janvier. Les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont ravi ce bastion à la faction Minni Minnawi de l'Armée de libération du Soudan (ALS), seul groupe rebelle du Darfour à avoir signé un accord de paix avec Khartoum. L'armée soudanaise a ensuite repris le contrôle du secteur.

Les combats ont fait au moins 30 morts, selon la Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, Navi Pillay. L'armée soudanaise a affirmé le week-end dernier avoir repris le contrôle de Labado des mains des rebelles.

 

 

 

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 10:32

Un convoi humanitaire parti d’Abéché au Tchad est parvenu lundi à Daha, le long de la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine.  Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, qui a organisé ce convoi, la distribution des secours à quelque 6 000 réfugiés s’est achevée mercredi.

Mais il reste beaucoup à faire pour subvenir aux besoins de base, a noté Annette Rehrl, porte-parole du HCR au Tchad.
Le village de Daha ne se trouve qu’à un kilomètre de la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine. Le HCR s’attend à l’arrivée de nouveaux réfugiés dans les jours à venir. 

Les  Nations Unies apportent de l'aide humanitaire à davantage de  réfugiés qui affluent dans l'est du Tchad après avoir fui les  violences en République centrafricaine (RCA). La reprise des hostilités entre l'armée gouvernementale de la  RCA et les rebelles a obligé ces derniers jours quelque 5.000  réfugiés à fuir Daha, un village tchadien situé tout près de la  frontière entre le Tchad et la RCA, a-t-on appris sur le site  internet de l'ONU. 

Jusqu'à présent, au total 10.000 réfugiés, dont beaucoup de  femmes et d'enfants, se trouvent à Daha, a indiqué le Haut  commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Lundi, un convoi transportant l'aide humanitaire et escorté par la police s'est rendu à Daha, selon un communiqué de la Mission  des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad  (MINURCAT). Des agences d'aide envisagent également de fournir à ces  réfugiés des soins médicaux, de la nourriture, de l'eau, des  installations sanitaires et d'autre matériel de première  nécessité.

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 19:03

A l’heure où huit mouvements rebelles tchadiens créent l’Union des forces de la résistance (UFR), dont l’objectif est de "libérer le peuple tchadien" selon leurs propos et s’apprête à entreprendre des "préparatifs militaires", et après une année 2008 où le Tchad a fait les gros titres de la presse internationale, avec notamment une offensive rebelle contre N’Djamena ou l’affaire de l’Arche de Zoé, très peu sont ceux qui verraient une accalmie durable, même fragile, s’installer sur le pays. Beaucoup ne le voient pas, beaucoup n’y croient pas, mais nombreux sont ceux qui s’interrogent, réfléchissent. Succès Masra et Béral. M. Legrand, étudiants d’origine tchadienne et auteurs de « Tchad, éloge des lumières obscures », en font partis. Quoi d’original ou de nouveau dans cela ? C’est tout simplement, leurs regards de jeunes étudiants, leurs indépendances ainsi que leurs libertés de jugement, sur un pays qui par ce qu’il constitue chacun des deux auteurs, mérite plus que leurs amour, leurs objectivités.Nous avons eu l’occasion, et la chance, de rencontrer l’un des deux auteurs, Succès Masra, pour évoquer l’ouvrage, le Tchad, son ami et co-auteur ou encore son parcours et ses aspirations.


LE TCHAD

1) Parle nous un peu du Tchad……du Tchad que tu aimes, que tu connais, le Tchad de ton enfance, le Tchad que l’on ne voit pas à la télévision.


Bonjour et merci pour cette opportunité d’échange que l’ASPA m’offre à travers toi, Haby. Je souhaite d’amblée bonne année à tous les membres de l’ASPA ainsi qu’à tous les visiteurs de son site. En réalité, quand j’entends parler de mon pays, je vis très souvent une double réalité que résume si bien cette question à moi posée. Je vis d’abord la joie du pays qui m’a vu naître, qui m’a vu grandir jusqu’à l’âge de 18 ans avant d’en sortir pour raison d’étude et de nécessité de rencontrer d’autres cultures. Un pays qui est mien et que j’aime profondément. Et pourtant, tu as mentionné dans ta question le Tchad dont on ne parle pas à la télévision. C’est justement aussi cela la deuxième réalité que je vis de ce pays mien, pays pourtant berceau de l’humanité. Et cette deuxième réalité faite de guerre, d’instabilités permanentes depuis au moins 5 décennies, nous y reviendrons plus amplement si tu le souhaites…


2) Qu’est ce que ce pays évoque à tes yeux aujourd’hui ?


Le Tchad est aujourd’hui à mes yeux mais davantage dans mon cœur, et c’est bien mélancolique pour moi de le dire, un pays qui peine à construire une nation forte et à asseoir les bases de la stabilité et du développement. C’est une situation imputable sans doute en grande partie aux Dirigeants historiques et actuels de ce pays. Mais vous savez que les Dirigeants politiques d’un pays agissent en fonction du comportement du peuple et de son exigence, et donc en réalité, le drame actuel du Tchad, autant que de nombreux pays africains, demande un réveil de la part des peuples africains afin d’être plus exigeants. C’est bien cela que nous avons essayé de décrire, Béral et moi, dans l’Eloge des Lumières Obscures.


3) Comment est ce que tu vois aujourd’hui l’avenir du Tchad


Tu me poses une question sur l’avenir du Tchad, mais si tu le permets, je voudrais dire deux mots sur l’Histoire du Tchad. Le drame du Tchad, c’est sans doute d’avoir raté les premiers pas dans la construction d’une nation forte. Réné Dumont disait que l’Afrique noire était mal partie, le peu que l’on puisse dire, c’est que le « pays du Tchad » a raté ses premières marches d’escalier. Après les Indépendances, les Hommes qui ont dirigé le pays, je veux parler notamment de François Tombalbaye et Félix Maloum, ont opéré avec une inintelligence terrible ; ce qui a été le jalon premier de l’actuelle impasse sociopolitique du Tchad. Ces deux premiers présidents et leurs états majors n’ont pas eu le discernement nécessaire pour réaliser que la mésaventure coloniale a amassé sous le nom du Tchad, comme partout ailleurs en Afrique, une infinité de diversités ethniques et culturelles ; des tribus qui avaient en partage au mieux les relations commerciales et au pire les razzias et les guerres (empire du Bornou, du Kanem, du Ouaddaï ou les royaumes Sara du Sud) étaient condamnés par le partage horrible du gâteau africain, à vivre ensemble.

Dans ces conditions, la responsabilité politique devait constituer pour les dirigeants, à se mettre au carrefour de ces multiples diversités et faire en sorte que chacun à sa place, joue un rôle indispensable à l’ensemble. Au lieu de cela, ils sont tombés dans des dérives qui ont eu pour nom « le privilège d’une culture au détriment d’une autre, la surpression du multipartisme…des balourdises qui ont amené progressivement les originaires du Nord du pays à se sentir en marge de la gestion de la chose publique et y voir la silhouette d’une « hégémonie sudiste », puisque les deux premiers présidents suscités étaient originaires du sud du Tchad. Une hégémonie à leurs yeux, dont il fallait vaille que vaille se libérer dès la première occasion…D’où les mécontentements qui ont pris corps dans des mouvements rebelles…devenus « Forces Armées du Nord » dirigées par les deux derniers présidents, à savoir Hissein Habré et Idriss DEBY actuellement, ces deux étant originaires du Nord du pays et qui vont finalement faire porter la haine fratricide à sa cime dans le cœur des Tchadiens qui se regardent jusqu’aujourd’hui en chiens de faïence, au-delà des querelles de pouvoir des mouvements rebelles actuels.


LES AUTEURS


4) A la lecture de ta biographie, on se demande d’abord : mais comment monsieur Succès Masra fait t-il tout ça ? Comment est ce que l’on gère au quotidien toutes ces activités de professionnel, étudiant, écrivain etc.…Comment trouves-tu toute cette énergie ?


Oh….c’est une question qui me revient fréquemment…Mais je considère que la dimension du travail que nous avons à faire pour changer les choses dans notre pays et notre continent est tellement grande, que cela nous impose le devoir d’y aller avec beaucoup d’enthousiasme. Et puis, je considère que quand on fait quelque chose avec passion et un peu de méthode, on finit toujours par y arriver. Et à mon humble avis, je n’ai encore rien fait de grandiose…quand je regarde l’horizon et l’importance du chantier et du travail qui devrait être fait pour être utile dans les parties du monde qui en ont le plus besoin. Mais bon, je prends cela comme un compliment et un encouragement…


5) Comment se sont rencontrés les deux auteurs de cet ouvrage ?


Je dirai que les deux auteurs se sont rencontrés dans leur volonté de contribuer à changer les choses dans leur pays. Chacun évoluant de son côté mais vivant les même réalités du Tchad, nous avons eu naturellement cette envie de proposer ce que nous pensons être une piste sérieuse à explorer. Béral, à travers ses compositions musicales notamment …et moi à travers des articles que j’écrivais au lycée et dans mes premiers pas à l’université dans les journaux dont j’étais rédacteur en chef. Et puis nous nous sommes dit qu’il fallait peut être asseoir cela dans un « grand journal »…enfin ce livre qui vient d’être publié aux éditions l’Harmattan.


6) Peux-tu nous en dire plus sur ce co-auteur ?


Béral, n’aime pas trop parler de lui-même, préférant qu’on discute davantage des idées. Mais comme tu me le demandes, je pourrais en dire quelques mots. Béral, est né en 1981 et a perdu la vue à l’âge de 3 ans à la suite d’une varicelle. Il a fallu donc qu’il intègre un centre spécialisé, il y en avait un seul au Tchad, celui créé par le Père Jean williet sj, le centre de ressources pour jeunes aveugles. Béral y a poursuivi ses études. Après le lycée sacré cœur de Ndjamena, il est devenu en 2001 le premier tchadien non voyant à obtenir son baccalauréat, Série Littérature et Philosophie. Passionné de la philosophie, il a fini par obtenir une bourse pour étudier à l’Université Charles De Gaulle (Lille 3) en France. Aujourd’hui donc, il finit un Master de Philosophie éthique et politique.


7) Comment s’est faite votre collaboration, lui étant au Tchad et toi en France ? (quel rôle a joué sa non- voyance ?)


A vrai dire, Béral est arrivé en France pour ses études alors que j’étudiais à l’Université Catholique d’Afrique Centrale ( au Cameroun à Yaoundé). Il se trouve qu’il y a un partenariat développé entre cette Université et l’Université Catholique de Lille, partenariat initié par certaines personnes comme Pierre Ngahane, le préfet actuel d’ex-en- province de France dont je salue ici l’initiative. J’ai donc réussi le concours mis sur pied dans le cadre de ce partenariat, ce qui m’a conduit…par le hasard des choses dirait-on, à Lille où étudiait Béral. Déjà quand j’étais à Yaoundé, on collaborait…mais ma venue à Lille est forcement venue galvaniser cette volonté que nous avions déjà, d’asseoir par écrit ce que nous avions à l’esprit et qui est très souvent le résultat de tant de choses de tous les jours, du vécu quotidien de nombreux tchadiens. Sur le fait que Béral soit un non voyant, je ne voudrais sûrement pas faire plus de commentaire sauf à dire deux choses. Il n’est pas handicapant pour lui cet handicap ; et finalement, sans doute vous qui lisez ces quelques mots d’échange, vous convenez avec moi qu’on ne voit bien qu’avec le cœur… C’est aussi un des messages de ce livre.


LE LIVRE


8) Pourquoi ce livre ? Comment t- est venu l’idée d’écrire cet ouvrage ?


Ce livre que nous avons dédié à tous ceux qui croient encore à l’avenir de l’Afrique, est simplement un plaidoyer pour une exigence basique ; une exigence qui pourrait être reconnue au-delà des frontières africaines. Il s’agit de reconnaître et partager le fait que la Liberté et tout ce qui en découle comme conditions de développement, de stabilité politique…, est loin d’être assimilable à une cuisine charitable faite par certains et consommée par d’autres. La liberté n’est pas un cadeau de papa noël ou un geste de générosité d’un marabout à la sortie d’une prière du vendredi à la mosquée. Aux Africains notamment et tchadiens en particulier, nous avons voulu dire qu’aucune principauté, aucun royaume, aucun pays, fussent-ils les plus prospères en ce bas monde est tombé du ciel, mais au contraire tous ont été bâtis des mains des hommes. Nous avons voulu dire ou rappeler que la Liberté est une valeur perpétuelle et permanente, toujours à refaire et toujours au même prix de l’engagement et du sacrifice. Seule la conscience d’une telle réalité, doublée de la reconnaissance du fait qu’il n’y a de pouvoirs politiques que parce qu’il y a un peuple, fera que nos états africains ne ressemblent plus à des gigantesques fermes où des méchants métayers traient dans la torture de miséreuses vaches à lait. Cela fera qu’enfin nous ne restions pas emprisonnés par nos peurs d’engagement, peurs de perdre nos acquis, peurs de bousculer les ordres établis actuellement en Afrique. C’est de cette façon qu’on pourra répondre à certaines opinions qui jusque là, pensent que le drame de l’Afrique, c’est que « l’Homme africain n’est pas suffisamment entré dans l’Histoire »


9) Peux-tu nous en faire un résumé rapide ?


Cette œuvre, inspirée de l’histoire et l’actualité sociopolitique du Tchad, se veut une réflexion qui va au-delà de ces frontières nationales. Elle se veut une réflexion, vous l’avez compris, étendue à de nombreux pays africains avec lesquels les Tchadiens ont en partage un grand nombre de réalités sociopolitiques qui ont pour noms : instabilités politiques, absence de cohésion nationale, mauvaise gouvernance, comme en témoignent les guerres fratricides, les multiples dictatures qui prennent aujourd’hui mille formes trompeuses en Afrique au nom du baptême de la démocratie venue du discours de la Baule.

En posant une interrogation sur la tumultueuse histoire sociopolitique du Tchad, étayée par la récente guerre de févirer2008 assortie de la mort d’un des Leaders de l’opposition IBNI Oumar Mahamat Saleh, nous avons identifié deux chapelles idéologiques ayant dirigé et dirigeant encore aujourd’hui le Tchad : les premiers dirigeants de l’aube des indépendances qui ont conduit le pays avec une absence totale de discernement et pire, une incapacité de discernement pour tracer un chemin sûr pour notre pays. Ils ont ainsi planté des entorses çà et là dans notre mémoire collective. Et la mémoire tapissée de blessures collectives, a irrigué dans les cœurs individuels des Tchadiens, des sentiments de haine empêchant ainsi la construction d’une base solide pour la nation : le désir du vivre ensemble. C’est donc purement sur des fondements de vengeance que va naître la deuxième chapelle idéologique inaugurée par Hissein Habré dont la dictature peut sans doute avoir place de choix au panthéon des plus féroces et dont les Tchadiens attentent aujourd’hui le jument. Une politique moribonde continuée sous une autre forme par son ancien chef d’état major particulier Idriss DEBY qui se met résolument dans une démarche de pillage avec son clan et de maintien systématique au pouvoir.

Mais au-delà de l’Histoire et de ce passé sombre, c’est vraiment à l’avenir que nous avons voulu nous adresser, en interrogeant le rôle que devraient jouer 3 sources d’énergie : la jeunesse, la femme et la diaspora ; tout cela sur fond d’un égrenage de la responsabilité des actuels hommes politiques, des journalistes, des intellectuels, des rebelles, des artistes. C’est un avenir auquel nous avons voulu nous adresser avec gravité mais aussi avec une certaine espérance en ne perdant pas de vue l’environnement géopolitique international dans lequel évolue le Tchad.


10) Tu as un style très imagé, plein de figures de styles, de jeux de mots, notamment dans les titres et sous titres. Est-ce simplement un style ou ton moyen privilégié de faire passer un message ? Peux-tu d’ailleurs nous expliquer ce titre « Tchad, Eloge des lumières obscures » ?


Ah oui ! Mes amis me le disent souvent, cette question d’expressions imagées. Je ne pense pas faire exprès, mais, si cela peut contribuer à mieux communiquer, pourquoi pas. Et pour mieux m’expliquer, revenons quelques instants sur le titre, Eloge des Lumières Obscures. C’est simplement pour dire que dans ce livre, nous parlons des situations sociales et économico-politiques très sombres…et donc quelque part, nous en « faisons l’éloge ». Et pourtant, nous parlons de ces Obscurités, parce que nous entrevoyons une situation nouvelle, plus lumineuse pour le Tchad notamment (Lumières). D’où cet oxymore d’Eloge des Lumières Obscures. Quant au sous titre du livre, nous en avons implicitement fourni l’explication ci-haut à travers les deux chapelles idéologiques mentionnées. Enfin, le Tchad mis en amont, c’est simplement pour signifier que le cas d’école qui sert de base à notre réflexion est le Tchad, mais comme mentionné tantôt, les leçons tirées de veulent supranationales.


11) En parlant de Message, tu termines ton livre par un épilogue au nom, là aussi, très imagé « le Phoenix de l’espoir ». Quel est en définitive le message du livre ?


Le message du livre, il est simple même si le réaliser peut nécessiter plus d’effort. Il nous appartient à nous au Tchad, mais aussi au-delà dans des nombreux pays africains, de lutter pour notre épanouissement sociopolitique. Cela peut signifier avoir de l’audace, de l’endurance, mais tenir quand même le cap de cette nécessité. Cela peut signifier, pour la plupart de nos sources d’énergie : la jeunesse, la diaspora et la femme notamment, plus d’ambitions, plus de volonté d’être utile au-delà des réussites personnelles familiales ou professionnelles qui semblent être les seuls objectifs de ces diverses sources d’énergie du pays ; mais cela doit aussi signifier la capacité à s’indigner face à nos réalités et à se battre sans relâche pour en sortir, rompant avec les peurs de toute forme qui emprisonnent de nombreux africains aujourd’hui et les amènent soit à se résigner,se rendant ainsi complices de ces réalités sociopolitiques. Permettez moi de citer, à ce propos Martin Luther King qui disait, dans « La force d’aimer » qu’ « accepter passivement un système injuste, c’est coopérer avec ce système et par là, se rendre complice de sa malice ». C’est cela le message du livre, un plaidoyer pour un état d’esprit nouveau pouvant se traduire par des actions en faveur de nos sociétés, car même la simple idée de liberté ne libère jamais, comme la formule chimique de l’eau H20 écrite sur une feuille de papier ne mouille pas cette dernière.


12) Quels sont tes espoirs pour ce qui est aujourd’hui ton premier ouvrage ? (Si c’est le cas bien sûr). A quel accueil t- attends tu ?


Pour nous, c’est l’aboutissement d’un moyen de communication et d’échange autour de ce que nous considérons comme une piste sérieuse à explorer pour l’épanouissement de nos sociétés. Des choses issues des convictions profondes, du vécu, des échanges avec des amis, jeunes ou moins jeunes. Mais pour l’accueil réservé, nous laissons cela à l’appréciation de celles et ceux qui l’auront lu. Une chose est cependant importante à nos yeux ; si ce livre peut servir de cadre de questionnement et de débat autour des idées et inspirer quelques personnes pour la nécessaire construction de nos sociétés, nous ne pourrons que nous en réjouir ; car tel est l’objectif ultime. Je vous remercie !


Succès Masra et Béral M.Le Grand, Points de vue, l’Harmattan, décembre 2008, 166 Pages

Biographies


Né le 30 août 1983 au Tchad, Succès MASRA a effectué ses études secondaires au Lycée-Collège Saint Charles Lwanga à Sarh, au Tchad. Il finit sa formation à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po) après une maîtrise en comptabilité et finance à l’Université Catholique d’Afrique Centrale et un Master Finance à la Catho de Lille où il en est sorti respectivement major de promotion. Lauréat de la bourse d’excellence Emile Boutmy (Fondateur de Sciences Po), il est aujourd’hui doctorant en économie à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Il travaille parallèlement au pôle International Retail Services de BNP Paribas.


Né le 16 avril 1981 au Tchad, Béral MBAÏKOUBOU LE GRAND qui a perdu la vue à l’âge de 3 ans à la suite d’une varicelle, effectua ses études au Centre de Ressources Pour Jeunes Aveugles (CRJA) puis au lycée Sacré-Coeur de N’Djamena. Premier prix de philosophie et Lauréat du prix de la Presse et des Médias aux jeux de la Francophonie (Gabon 2003 et Niger 2006), il finit aujourd’hui un master de philosophe éthique et politique à l’Université Charles de Gaulle (Lille 3, France). Auteur-compositeur interprète, dit le Provocateur d’Arts, Béral Mbaikoubou Le Grand se revendique comme un bâtard intellectuel, existentialiste et ayant l’humanisme pour foi.

La redaction Actutchad

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 14:04

KHARTOUM, Le Soudan a accusé mercredi, sans les nommer, des ONG travaillant sur son territoire d'être des antennes de gouvernements étrangers et de travailler à la collecte de renseignements. "Que vous soyez une ONG internationale ou nationale, faites de votre mieux (pour nous aider). Mais n'interférez pas dans la politique, qui ne vous regarde pas de toute façon", a déclaré le ministre soudanais des Affaires humanitaires, Haroun Ron Deng.


"Nous avons découvert que des ONG ne font pas ce qu'elles sont supposées faire", a-t-il ajouté sans préciser ses griefs contre ces organisations actives au Soudan notamment au Darfour (ouest), théâtre d'une guerre civile qui a fait 300.000 morts depuis 2003 selon l'ONU, 10.000 selon Khartoum.


"Nous n'allons pas permettre à quelque ONG d'intervenir dans notre politique ou dans nos renseignements", a-t-il souligné, précisant que "90 à 99% des ONG" ne posaient pas de problème aux autorités.


Les responsables soudanais ont fait ces déclarations lors d'une conférence de presse à Khartoum portant sur l'aide internationale au Soudan. L'ONU avait lancé en novembre un appel de fonds de 2,2 milliards de dollars pour le Soudan en 2009, le plus important appel jamais effectué pour un seul pays.


La majeure partie des fonds demandés sont destinés au Darfour où 2,7 millions de personnes ont été déplacées par les combats entre différents groupes rebelles et les forces gouvernementales, et parfois au sein même de la rébellion.

Selon la Commission soudanaise des affaires humanitaires, près de 800.000 personnes déplacées par les violences au Darfour ont regagné leurs villages au cours des deux dernières années.

"Nous savons que des ONG sont en fait gouvernementales", a assuré Hassabo Mohammed Abdel Rahman, président de la Commission soudanaise des affaires humanitaires. Ce dernier a accusé des gouvernements étrangers, sans les identifier, d'être actifs au sein d'ONG.
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 13:03

Tchad, 11 février 2009/African Press Organization (APO)/ — Le 9 février dernier, la MINURCAT et les agences des Nations Unies ont organisé une nouvelle mission conjointe à caractère humanitaire à Daha, le long de la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine (RCA). Il s’agit de la deuxième mission de ce genre suite à l’arrivée massive de réfugiés de la RCA.

Le UNHCR vérifie la présence de près de 7,000 réfugiés sur place ainsi que le décès de sept d’entre eux. Selon le Comité des réfugiés, près d’une centaine de personnes continuent d’affluer quotidiennement au Tchad en provenance de la RCA. La mission prévoit l’arrivée de nouveaux réfugiés à Daha dans les tous prochains jours.


Les camions transportant l’aide humanitaire ont étés escortés par le Détachement Intégré de Sécurité (DIS), une force de protection humanitaire spécialement formée par la MINURCAT pour les réfugiés, déplacés internes ainsi que les organisations humanitaires sur le terrain. L’arrivée du convoi le 9 février a marqué le début de l’assistance aux réfugiés sur place. Les agences prévoient distribuer des intrants alimentaires, du matériel de première nécessité ainsi que de l’eau potable. Les humanitaires s’occuperont aussi des soins médicaux et des installations sanitaires. Un vol spécial par hélicoptère de la MINURCAT a notamment transporté quelques 300 kgs de médicaments vers la zone.


SOURCE :
Mission de l’ONU en République Centrafricaine et au Tchad (MINURCAT)

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 12:55

De retour du Tchad, Walter Kälin, représentant du secrétaire général de l'ONU pour les personnes déplacées dans leur propre pays, appelle à une meilleure protection pour plus de 160'000 personnes dans l'est du pays. En mission au Tchad du 3 au 9 février, le juriste suisse a dénoncé «le recrutement d'enfants par les différents groupes armés et les violences que subissent les filles et les femmes déplacées» du simple fait de leur sexe.


Il s'inquiète également de la prolifération des armes, de la militarisation des sites de déplacés, de la criminalité et du climat d'impunité. «Une telle situation conduit à une crise de protection et empêche d'envisager des solutions durables à une grande échelle pour des personnes déplacées», affirme Walter Kälin.


«Il est urgent qu'une présence étatique dans les zones de retour soit initiée pour assurer non seulement la protection physique et le dialogue entre les communautés, mais aussi l'accès aux services de base, en particulier l'accès à l'eau, à la santé et à l'éducation», ajoute le représentant du secrétaire général Ban Ki-moon.


Source: //www.swissinfo.ch/

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 22:54

CANAL+ 22:15

Magazine d'information - Durée : 1 h 00

Presentateur : Stéphane Haumant

Hissène Habré : la traque d'un dictateur


Hissène Habré fut chef de l'Etat tchadien de 1982 à 1990. Vivant aujourd'hui à Dakar, au Sénégal, il fait l'objet d'une plainte depuis septembre 2008 pour crime contre l'humanité. Selon les plaignants, il aurait éliminé 40 000 personnes pendant ses huit années de pouvoir. Un avocat américain, Reed Brody, a décidé de tout entreprendre pour le faire juger.

Surnommé «le chasseur de dictateurs», Brody fut à l'origine des poursuites lancées contre le tyran chilien Augusto Pinochet.

Ayant réuni de nombreux témoignages et documents de la police politique tchadienne, Brody resserre l'étau sur Habré. Juger un chef d'Etat en Afrique pour ses crimes serait une première historique. Le journaliste Florent Chevolleau a suivi l'enquête menée par Reed Brody.

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