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Tchad, Berceau De L'humanité

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 22:11
images-copie-17.jpgLes travailleurs du secteur public, en grève depuis deux mois, ont décidé de suspendre leur mouvement pour laisser le temps à la médiation engagée par les chefs religieux d’aboutir à un règlement du conflit. Comment en est-on arrivé là ?

La grève de l’Union des syndicats du Tchad (UST) est une illustration de plus des dysfonctionnements au sommet de l’Etat tchadien dans les relations avec les partenaires sociaux.
La mauvaise foi

Le gouvernement accepte de discuter, de négocier et de conclure des accords. Au cours de la mise en œuvre de ces accords, il feint d’en ignorer certaines closes ou il les récuse. Le président de la République et son gouvernement prétendent ignorer les engagements signés par leurs mandants (ministres, directeurs et autres chefs de service).

Les exemples sont nombreux : 

- accords avec la Banque mondiale en vue de l’exploitation du pétrole, 
- mise en œuvre de nombreux accords entre le Gouvernement, et les mouvements de rébellion armée (FUC, MDJT, MDD, FSR, etc), 
- non application de l’Accord politique du 13 août entre les partis politiques de la majorité présidentielle et les partis politiques de l’opposition démocratique (CPDC, etc).


Démarche autoritaire, dérive autocratique au sommet de l’Etat


Alors qu’un comité paritaire de suivi était prévu dans le protocole d’accord, le ministère des Finances a décidé unilatéralement de la fixation des salaires. D’où cette augmentation insignifiante des salaires (1000 francs CFA– 2000 francs CFA), voire parfois des baisses salariales. Le gouvernement n’accepte pas d’observation sur ces décisions, et encore moins de contestations, ni de remises en cause.


Sur le calcul des augmentations des salaires : la valeur du point d’indice devait augmenter de 20% des 300 convenus pour l’année 2012. Alors que ce point était en passe d’être résolu, le gouvernement a remis en cause le procès-verbal du comité mixte paritaire du 17 mai 2011 qui était antérieur à la négociation et la signature du protocole du 11 novembre 2011.
Pour débloquer la situation, il faut revenir à l’esprit et à la lettre des accords conclus. Il faut réunir le comité de suivi paritaire prévu au point 4 du protocole du 11 novembre 2011, approuvé et contresigné par les ministres des Finances et de la Fonction publique.


Le gouvernement doit éviter toute fuite en avant, toute instrumentalisation de la justice. Il doit éviter de faire condamner les dirigeants syndicaux qui ont simplement dénoncé le népotisme réel que pratiquent les plus hautes autorités de l’Etat.


Il va sans dire que toutes les personnes poursuivies dans le cadre de ce dossier bénéficient du soutien actif de la quasi-totalité des acteurs politiques (toutes tendances confondues), des organisations de la société civile, dans toutes les régions et toutes les confessions religieuses.


Les travailleurs tchadiens n’accepteront pas la condamnation de leurs dirigeants par une justice aux ordres. Il nous revient que d’intenses tractations se sont déroulées entre le Premier ministre, le ministre de la Justice et le président de la Cour suprême pour trouver des arguments susceptibles d’habiller une éventuelle interdiction de l’UST.


Une telle forfaiture serait inacceptable. Les travailleurs ainsi que ceux qui les soutiennent ne resteront pas les bras croisés. D’ailleurs, une dissolution de l’UST n’entraînera pas celle des syndicats affiliés qui pourront alors déclencher des actions sectorielles plus vigoureuses : on ne sera pas loin de la chienlit.


Abdelkerim Fidel Moungar, ancien Premier ministre élu par la Conférence nationale souveraine
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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 22:01

Mahamat Nour Abdelkerim

Ex ministre de la défense de la république du  Tchad

Président du Front Uni Pour le Changement et la Démocratie (FUCD)

 

Message sur la situation des travailleurs Tchadiens

 

images-copie-16.jpgDepuis plusieurs semaines nous suivons avec attention la détérioration de la situation sociale générale des Tchadiens et le déni insolent de la précarité des travailleuses et travailleurs du Tchad. Cette situation qui ne se justifie pas, au vu des richesses générées par les ressources pétrolières du pays dont les seules bénéficiaires sont les proches parents du président et les courtisans du régime, est inacceptable et interpelle non seulement le gouvernement du Tchad en dépit des engagements pris auprès des travailleurs, mais aussi les partenaires au développement du Tchad qui apportent les ressources additionnelles techniques et financières pour l’accomplissement des projets et programmes de développement.

 

Tout en rappelant que le président de la république, les membres du  gouvernement et tous les membres des institutions ainsi que les travailleurs du secteur public pris individuellement sont les employés du peuple Tchadien et de ce fait, se doivent respect mutuel dans le cadre de leurs prérogatives, Il est donc légitime que les syndicalistes et les journalistes dénoncent la gestion calamiteuse des ressources du pays par le régime d’Idriss Deby Itno.

 

Si nous saluons  la médiation des chefs religieux pour une reprise du travail d’un mois, afin de relancer pendant cette période le dialogue entre les parties, nous regrettons la décision du gouvernement, par le truchement d’une justice à ses ordres, de faire taire une fois de plus et de façon flagrante les syndicalistes et journalistes qui dénoncent ce que tous les tchadiens et les partenaires du Tchad savent. 


Nous invitons donc les médiateurs, au nom du dialogue, d’inviter le président de la République à revenir sur la décision de sa justice et sans diversion, d’insister particulièrement sur le respect des engagements pris par le gouvernement d’augmenter le salaire des travailleurs. Car aucun argument sécuritaire, ni budgétaire ne justifie le non respect des engagements de l’Etat lorsque les travailleurs savent à la fois ce que génère le pays comme richesse et la gestion calamiteuse qu’en font le régime et la famille d’Idriss Deby Itno.

 

Les tentatives graves d’intimidation des représentants de travailleurs, en instrumentalisant la justice, sont inadmissibles et participent d’avantage à la détérioration  du climat social et à la révolte. Le plan machiavélique mis en route pour la liquidation de la principale centrale syndicale  du Tchad (UST) doit interpeller non seulement les travailleurs Tchadiens, mais  toutes les forces vives du pays, les organisations internationales des travailleurs ainsi que les organisations de défense des droits humains.

 

Tout en invitant les leaders syndicaux à plus de vigilance sur les méthodes peu communes du régime pour étouffer toute revendication légitime, nous invitons le président de la République et son gouvernement à privilégier l’application de leurs engagements  et à garantir la liberté et la sécurité physique des représentants de travailleurs et des  médias notamment privés.

 

 

                                                                                                                                    Le 19/09/2012

 

 

Mahamat Nour Abdelkerim

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 21:08

Les activités ont repris ce lundi dans les services publics et parapublics au Tchad après deux mois de grève observée à l'appel de l'Union des syndicats de ce pays de l'Afrique centrale (UST). Samedi dernier, au cours d'une assemblée générale, les travailleurs grévistes ont décidé d'observer une trêve d'un mois, à compter du 17 septembre. "Cette suspension de la grève a été décidée pour ne pas décevoir les religieux. Ce n'est pas un signe de faiblesse", explique Michel Barka, président de l'UST.


Face à l'intransigeance du gouvernement et de ses partenaires sur l'application d'un protocole d'accord relatif à l'augmentation des salaires signé en novembre 2011, les trois leaders des communautés musulmane, catholique et protestante, ont offert leur médiation aux deux parties en conflit.


Mardi, s'ouvre à N'Djaména le procès des trois leaders de l'UST et du directeur de publication de N'Djaména Hebdo, un journal indépendant qui a publié une pétition de la centrale syndicale appelant à une meilleure gouvernance du pays. L'UST menace de reprendre la grève, dès le lendemain, si la justice venait à condamner ses dirigeants pour diffamation et incitation à la haine tribale, comme le demande le ministère public.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 11:04

Pour son quatorzième numéro, « Rendez-vous en Terre inconnue » emmène l’actrice française au milieu du désert, à la rencontre d’un peuple qui perpétuer un mode de vie séculaire, loin de tout et du monde moderne…

 

RDV-terre-inconnu.jpgA l’est du Tchad, Sylvie Testud part à la rencontre des Gorane. Des éleveurs nomades épris de liberté, qui ont fait le choix d’une existence hors du commun. Ils réussissent à survivre au milieu du désert grâce à une solidarité sans faille. Un peuple à la fois fier et pudique, qui ne tolère pas de faiblesses. Il est un lieu, au cœur du Sahara, presque oublié de tous. L’Ennedi. Un seul nom pour une région et un massif rocheux, grand comme la Suisse. Un monde minéral et aride, presque déserté de toute présence humaine. Et où les amplitudes de température entre le jour et la nuit peuvent dépasser les 40°. J’ai beaucoup voyagé mais je n’avais encore jamais osé aller dans le désert, explique Sylvie Testud. C’est un lieu hostile, un lieu qui dit ‘dégage !’ et qui, à la fois, m’attirait et m’angoissait. Ce ‘Rendez-vous…’ a donc été l’occasion de réaliser un rêve, au vrai sens du terme ! J’ai été soulagée de constater qu’on pouvait vivre dans le désert, que ces terres arides sont peuplées de gens qui se lèvent le matin, travaillent et se démènent avec le quotidien. Comme nous, quoi…

 

Les Gorane sont les âmes de ce royaume de sable et de grès. Nomades éleveurs de dromadaires, ils connaissent ce territoire comme s’ils en avaient façonné eux-mêmes les contours. L’image, déformée par la chaleur, de leurs silhouettes ondulant au rythme de leurs montures, donne parfois l’impression d’un mirage. C’est une sacrée rencontre entre l’actrice française et le peuple du désert. J’ai appris que pour qu’une rencontre entre deux inconnus soit authentique, il faut que chacun fasse un bout du chemin vers l’autre. Il faut un échange, un dialogue, ajoute la comédienne. Pas question de faire le chemin tout seul, au risque de ne plus être soi-même. J’ai eu cette chance-là avec les Gorane. Et notamment avec Kaltouma. Notre complicité a surpris et fasciné tout le monde, nous en premier. Nous avons exactement le même caractère. C’était incroyable, et à la fois très bizarre, de réaliser chaque jour combien cette femme du bout du monde pouvait me ressembler. Petit détail qui a son importance… la région n’a plus connu pareille sècheresse depuis 30 ans !

 

Chaque jour les Gorane louent l’extrême liberté dont ils jouissent. Mais le Sahara ne pardonne rien. Les nomades le savent. Ils connaissent la valeur de la solidarité qui les unit les uns aux autres. Ils apprennent dès l’enfance qu’on ne peut survivre seul dans le désert. Que leurs animaux sont leur plus grande richesse. Et que la quête permanente de l’eau est le pouls de leur existence. Là-bas, il n’y a pas de contrôle de la nature par l’homme. On ne détourne pas un cours d’eau pour faire pousser de la végétation, pour créer un jardin et pouvoir se sédentariser. On ne cesse de se déplacer au contraire… Les Gorane ne sont pas dans la maîtrise de leur environnement. Ils s’en remettent tout entiers, avec une profonde humilité, à ce que la nature leur offre. Du coup, ce lieu ne ressemble à rien de ce à quoi l’on est habitué. Il va à l’encontre de tout ce que l’on peut imaginer sur le développement, l’évolution, la civilisation, la “croissance”. La seule chose qu’ils maitrisent, c’est leur existence entre eux. C’est très déboussolant. J’ai eu l’impression d’en revenir à une forme d’origine du monde, un lieu préservé de la main de l’homme, une terre virginale. Les Gorane sont un peuple fier, garant d’un code moral extrêmement strict. Ils sont les représentants d’une tradition exigeante qui les confronte parfois à des dilemmes.

 

RTL-TVI, pris de court par France 2, devrait déjà diffuser ce numéro de « Rendez-vous en Terre inconnue », le samedi 22 septembre prochain.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 10:58

imagesCA348O6OLe bras de fer entre l’Union des syndicats du Tchad (UST) et le gouvernement tchadien vient de prendre une nouvelle tournure avec la publication, par cette centrale syndicale, d’une pétition brossant un tableau particulièrement sombre de la gestion du pays sous le président Idriss Déby Itno. La sortie de ce document a valu à trois leaders syndicaux d’être inculpés de diffamation. Suite à la publication d’un article relatif à la pétition dans N’Djaména BiHebdo, le directeur de publication de ce journal, Jean-Claude Nékim, a rejoint le trio syndical au banc des accusés.

 

Népotisme, mauvaise gestion, impunité, cherté de la vie

 

« Tous les Tchadiens subissent la mort dans l’âme : le népotisme, la mauvaise gestion, l’impunité, la cherté de la vie, la paupérisation sans précédent de la population, bref l’arbitraire du pouvoir Deby », soutient la pétition de l’UST. Affirmant que « toute la population du Tchad vit dans une précarité absolue » et qu’il « manque de l’eau potable, de l’électricité, des médicaments, des produits de première nécessité », la pétition de l’UST dresse une liste de « constats » qui, dit-elle, « illustrent à suffisance la situation.

 

Les entreprises publiques bradées

 

La centrale syndicale accuse notamment le régime du président Déby Itno de brader des entreprises publiques, d’accorder des exonérations fiscales indues à certaines entreprises privées, de « privatisation des recettes des douanes et autres entrées fiscales. »

 

Le directeur de publication de N’Djaména BiHebdo a défendu la décision de son journal de publier une synthèse de la pétition. Il s’agissait d’informer le public au sujet d’un document en circulation, a souligné Jean-Claude Nékim. Ce dernier a dit avoir reçu de nombreux appels téléphoniques de soutien de ses compatriotes qui, selon lui, ne comprennent pas l’attitude du gouvernement face à une pétition reflète la réalité tchadienne.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 14:44

imagesCA348O6OTrois syndicalistes tchadiens ont été inculpés lundi pour incitation à la haine et le directeur d'un journal d'opposition est lui poursuivi pour diffamation, après une pétition hostile au régime du président Idriss Deby, a appris l'AFP de sources concordantes. Le président de l'Union des syndicats du Tchad Michel Barka, son vice-président Younous Mahadjir et son secrétaire général général François Djondang ont été inculpés de "incitation à la haine raciale". Laissés libres, il comparaîtront le 18 septembre, a indique Me Mahamat Hassan Abakar, un de leurs avocats.

 

Leur syndicat a lancé récemment une pétition dans laquelle il est écrit : "Tous les Tchadiens subissent la mort dans l'âme: le népotisme, la mauvaise gestion, l'impunité, la cherté de la vie, la paupérisation sans précédent de la population, bref l'arbitraire du pouvoir Deby". "Toute la population du Tchad vit dans une précarité absolue. Il manque de l'eau potable, de l'électricité, des médicaments, des produits de première nécessite", ajoute le texte. "Les Tchadiens signataires de cette pétition disent non et non à l'esclavage au XXIe siècle et non à la privatisation du pays", conclut la pétition.

 

Jean Claude Nekim, le directeur de la publication de N'Djamena-bihebdo, le plus ancien journal d'opposition, a lui été inculpé pour "diffamation" et également laissé libre. Il comparaîtra aussi le 18 septembre. "On me reproche d'avoir fait paraître une brève sur la pétition dans le journal. Le ministère public considère que c'est une diffamation", a-t-il expliqué en début d'après-midi avant d'être entendu par le procureur.

 

A l'appel de l'Union des syndicats du Tchad, les fonctionnaires tchadiens ont entamé le 17 juillet une grève pour réclamer une augmentation de salaires de 115% promise pour janvier 2012 par le gouvernement. En novembre 2011, ce dernier avait promis d'augmenter progressivement les salaires des fonctionnaires dès le début de l'année 2012.

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:55

dsc_5206.jpgAu Tchad, les conditions carcérales mettent la vie des prisonniers en danger, a déclaré Amnesty International lundi 10 septembre. Les cellules sont souvent surpeuplées, il n’y a pas d’aération et la température intérieure peut atteindre 48 °C. Au Tchad, les conditions carcérales mettent la vie des prisonniers en danger, a déclaré Amnesty International lundi 10 septembre. Les cellules sont souvent surpeuplées, il n’y a pas d’aération et la température intérieure peut atteindre 48 °C.

Intitulé Tchad. « Nous sommes tous en train de mourir ici. » Les violations des droits humains dans les prisons, un nouveau rapport d’Amnesty International décrit les conditions de vie inhumaines auxquelles sont confrontés les prisonniers de six établissements pénitentiaires dans lesquels se sont rendus des chercheurs d’Amnesty International. Ce document passe en revue des faits qui se sont déroulés au cours des 12 derniers mois et décrit comment neuf prisonniers sont morts d’asphyxie, cinq de déshydratation et sept autres ont été abattus par des gardiens. « Les prisonniers tchadiens doivent lutter chaque jour pour survivre », a déploré Christian Mukosa, spécialiste du Tchad à Amnesty International. « Il faut de toute urgence que les autorités veillent à ce que l'intégrité mentale et physique des prisonniers soit protégée et à ce que leur sécurité ne soit à aucun moment compromise. Il est inacceptable que les conditions carcérales soient telles qu’elles puissent transformer une peine d’emprisonnement en condamnation à mort. »

Des détenus se sont plaints de ne manger qu’une seule fois par jour, à des heures irrégulières, et ont ajouté que les rations étaient à la fois insuffisantes et de mauvaise qualité. La nourriture est parfois servie dans des assiettes collectives, une même assiette pouvant être utilisée par six à dix détenus en même temps. En raison de l’insuffisance de nourriture, certains prisonniers, surtout les plus faibles, n’obtiennent rien à manger.

Amnesty International a vu dans certains cas la nourriture être déposée directement sur des nattes sales, à même le sol. Le manque d’hygiène, l’état des installations sanitaires et la rareté de l’eau sont sources de graves préoccupations. Dans certaines des prisons visitées, le système d’évacuation des eaux usées ne fonctionnait pas depuis des années. La présence combinée d’eaux usées stagnantes et d’excréments humains dans les cours et autour des prisons met en danger la santé des prisonniers, du personnel et des habitants des localités où sont situées les prisons.

Un détenu a déclaré à Amnesty International :

« Il faisait très chaud dans les pièces, en particulier entre mars et mai. Les cellules étaient très sombres la nuit et très mal ventilées. Ça sentait très fort parce que les prisonniers déféquaient et urinaient dans des seaux ou des sacs en plastique à l’intérieur des cellules. ». L'accès des détenus aux soins médicaux est extrêmement limité. Dans certaines prisons, Amnesty International a constaté que des salles avaient été désignées pour servir de clinique mais qu'il s'agissait la plupart du temps de cellules, vides ou occupées. Aucun des établissements visités ne comptait de médecin dans son personnel. Parfois, le personnel des prisons demandait aux prisonniers qui affirmaient avoir quelques connaissances en médecine de soigner leurs codétenus.

À la prison centrale d’Abéché, par exemple, un détenu camerounais condamné à deux ans de prison pour exercice illégal de la médecine servait d’infirmier et soignait les autres prisonniers. Les femmes et les mineurs sont particulièrement en danger dans les prisons tchadiennes car il n'existe aucune infrastructure spécifique pour eux. Dans certaines prisons, les femmes étaient détenues dans les mêmes cellules que les hommes, ce qui leur faisait courir le risque de subir des violences sexuelles et des violences liées au genre. Même dans les prisons où les femmes disposaient de locaux séparés, les prisonniers et gardiens de sexe masculin n’avaient souvent aucun mal à circuler dans les cellules et cours réservées aux femmes.

Amnesty International a vu des enfants et des bébés qui n’avaient parfois pas plus de 7 mois vivre en prison parce que leur mère y était détenue. Des adolescents étaient détenus avec des prisonniers adultes. La détention a des effets particulièrement perturbateurs pour les mineurs au Tchad, compte tenu de l’absence de programmes de réadaptation et de réinsertion pour les aider à retrouver une place dans la société.

« Le Tchad a entamé depuis des années une réforme de l’institution pénitentiaire mais il n’y a eu que peu d’améliorations visibles. Le système pénitentiaire ne dispose même pas des éléments les plus essentiels pour permettre aux détenus de conserver un minimum de dignité », a déclaré Christian Mukosa. « La plupart des prisonniers que nous avons rencontrés étaient faibles et émaciés. Certains étaient enchaînés 24 heures par jour depuis plusieurs mois et de nombreux détenus souffraient de maladies de la peau, d’infections sexuellement transmissibles, du paludisme ou de la tuberculose. »

Amnesty International appelle le gouvernement du Tchad à faire en sorte que toutes les prisons disposent de nourriture, de médicaments et d’eau potable et à ce que les conditions de détention respectent la législation nationale et les normes internationales. Le gouvernement doit demander l’aide des donateurs pour mener à bien sa réforme du système pénitentiaire ; il faut que les ressources humaines, financières et techniques nécessaires soient allouées à ce secteur pour améliorer les conditions carcérales dans le pays.

Les autorités doivent aussi enquêter immédiatement sur les innombrables atteintes aux droits humains commises dans les prisons tchadiennes, en particulier sur celles mentionnées dans le rapport, telles que les homicides dont se seraient rendus coupables des gardiens dans trois prisons en 2011 ; le viol présumé de détenues par des gardiens de la prison de Moussoro en janvier 2012 ; l'utilisation généralisée de chaînes pour entraver les prisonniers.

10 septembre 2012
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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 11:59

imagesCAHVXRLF.jpgLa crise alimentaire tchadienne risque de prendre une nouvelle tournure dramatique avec l’arrivé des sauterelles qui s’ajoutent aux inondations déjà observées. Le ministre tchadien de l’agriculture s’est exprimé à ce sujet, il en ressort une forte inquiétude. Il a annoncé que d’après les informations officielles, près de 25500 ha de champs ont été englouti par les eaux. La région de Mayo Kebbi est la plus touché avec plus de 81000 hectares de cultures inondées.  

 

Le ministre a affirmé que pour faire face à cette situation préoccupante, son gouvernement a pris des mesures appropriées. Il s’agit principalement de mener des actions de culture de contre-saison. C’est dans ce sens que le ministère de l’agriculture est entrain de mettre en place des services technique ad-hoc chargés d’accompagner les agriculteurs. Aux dires des autorités quatre équipes du ministère seraient déjà sur le terrain. Si des mesures efficaces ne sont pas prises rapidement, les 20 millions de têtes de ruminant du pays risquent de manquer de  ressources alimentaires.

 

Les inondations conjuguées au fléau des sautelles viennent ainsi menacer l’activité du secteur agricole et par ricocher celui de l’élevage. Ce dernier reste particulièrement vital pour l’alimentation et l’économie du Tchad. Environ 40% de la population vit directement ou indirectement de l’élevage et le secteur représente en moyenne 19% du PIB nationale par an. Le pays connait déjà plusieurs sécheresses et ne dispose que de 84 millions de terres pâturables.

 

La crise que traverse actuellement la région n’a pas pu être surmontée avec les seules ressources intérieures et malgré les divers fonds d’aide la situation reste encore difficile. Les observateurs internationaux sont soucieux quant à l’issue de cette crise additionnelle qui n’annonce rien de bon.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 12:22

imagesCA348O6OLes travailleurs du secteur public entament ce lundi 27 août leur sixième semaine de grève. Ils revendiquent l’application d’un accord portant augmentation des salaires signés avec le gouvernement à la fin de l’année dernière. Alors que le secteur privé a prévu d’observer une journée de grève de solidarité jeudi 30 août, le Premier ministre appelle les travailleurs à reprendre le travail. Au cours de leur assemblée générale de samedi dernier pour faire le point sur la grève, les travailleurs ont déploré le fait que le gouvernement soit resté silencieux toute la semaine. Aucune initiative tendant vers le dialogue n’a été prise.

 

L’Union des syndicats des travailleurs du Tchad a donc décidé de reconduire la grève pour une semaine renouvelable avec service minimum dans les secteurs essentiels comme la santé.

Les travailleurs du secteur privé, c'est-à-dire les banques et certaines industries, ont décidé d’observer une journée de grève jeudi sur tout le territoire, en soutien à leurs camarades du secteur public.

 

Dimanche après-midi, le Premier ministre a rappelé dans une déclaration que les salaires représentent 80% des ressources de l’Etat hors recettes pétrolières. Le gouvernement a fait des efforts et ne pourra faire plus sous peu, a-t-il indiqué. Il a aussi attribué la seule responsabilité du blocage des discussions à l’Union des syndicats du Tchad et appelé les travailleurs à reprendre le travail dès ce lundi. Une déclaration qui ne devrait pas faciliter le dialogue entre le gouvernement et ses partenaires sociaux.

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 11:37

CPS_SEI12_280509115222_65.jpgLe Sénégal et l'Union africaine (UA) ont signé mercredi soir à Dakar un accord portant création d'un tribunal spécial pour juger au Sénégal l'ex-président tchadien Hissène Habré, réfugié dans ce pays et poursuivi pour crimes contre l'humanité, ont annoncé les deux signataires. Cet "accord entre l'UA et le gouvernement de la République du Sénégal sur la création de chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises" en vue du procès de M. Habré a été signé par Mme Aminata Touré, ministre sénégalaise de la Justice, et Robert Dossou, représentant de l'UA.

 

"A travers l'accord, nous réglons la procédure par laquelle le procès doit se tenir. Nous nous acheminons directement vers l'ouverture de l'instruction. Il n'y a plus d'obstacles", a déclaré Mme Touré à la presse. Elle a ajouté: "Ceci est un grand pas, nous marquons une étape décisive vers un procès équitable. Nous avons perdu beaucoup de temps, mais l'essentiel est en train d'être fait. Nous nous acheminons résolument vers la tenue d'un procès tant attendu. (...) Nous sommes en train d'écrire une nouvelle page du droit international et c'est à l'honneur de l'Union africaine". "L'UA se réjouit de ce que le principe de (lutte contre) l'impunité prend désormais corps. Nous sommes sur le segment de parcours qui va déboucher sur la démonstration que l'Afrique peut juger l'Afrique, et cette preuve se fait au Sénégal", a de son côté affirmé Robert Dossou.

 

Hissène Habré vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990 après huit ans au pouvoir (1982-1990). Il est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture. Le Sénégal, qui avait accepté en 2006 de le juger à la demande de l'UA, n'a jamais organisé le procès sous le mandat de l'ex-président Abdoulaye Wade son successeur Macky Sall, qui a pris ses fonctions le 2 avril dernier, s'est engagé à ce que le jugement débute d'ici à la fin de l'année.

 

La Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, saisie par la Belgique en février 2009, avait ordonné en juillet à Dakar de poursuivre "sans aucun autre délai" Hissène Habré ou de l'extrader. Les "chambres africaines extraordinaires" créées mercredi sont au nombre de quatre: deux pour l'instruction et l'accusation, une Cour d'assises et une Cour d'appel. Elles doivent toutes être présidées par un magistrat africain assisté de juges sénégalais, avaient indiqué les deux parties fin juillet lors d'une réunion à Dakar. Les faits pour lesquels M. Habré sera jugé concernent la période allant du 7 juin 1982 au 1er décembre 1990, selon ces deux parties. "Nous comptons démarrer avec les ressources déjà disponibles. Nous pensons que le budget (pour la tenue du procès) pourra être mobilisé", a indiqué la ministre Touré.

 

L'accord Sénégal-UA a été salué dans un communiqué par le Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré, regroupant plusieurs ONG de défense des droits humains dont Human Rights Watch (HRW) et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), et deux associations de victimes tchadiennes. Le document "engage les parties à ce projet et à un calendrier selon lequel le tribunal serait opérationnel avant la fin de l'année", a précisé le comité dans un communiqué. "Nous sommes aujourd'hui plus près de la justice", a déclaré Alioune Tine de la Raddho, cité dans le texte. "Nous espérons que les donateurs accepteront d'aider au financement du nouveau tribunal", a dit Reed Brody de HRW.

 

Le précédent budget avait été estimé à 8,6 millions d'euros avec des contributions annoncées par le Tchad l'Union européenne (UE), la Belgique, les Pays-Bas, l'UA, l'Allemagne, la France et le Luxembourg mais cet argent "promis n'existe plus", avait récemment déclaré à Dakar M. Brody.

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