actutchad2008@gmail.com
KHARTOUM - "La Russie est de retour en
Afrique" et veut jouer un rôle "actif" pour mettre un terme à la crise au Darfour, vaste région de l'ouest soudanais en proie à la guerre civile, a affirmé dimanche son envoyé spécial au Soudan,
Mikhail Margelov. "La Russie est de retour en Afrique (...). La Russie est prête à jouer un rôle plus actif sur le continent africain.
Nous voulons que notre voix soit entendue dans les discussions internationales sur les problèmes africains incluant en premier lieu les deux principaux problèmes du Soudan, le Darfour et l'accord
de paix avec le sud", a déclaré M. Margelov à la presse.
L'ancienne Union soviétique (URSS) était très impliquée dans certains pays africains pendant la guerre froide, mais a négligé le continent depuis la chute du communisme, estiment des
experts.
Il s'est entretenu dimanche avec le ministre des Affaires étrangères Deng Alor et doit se rendre dans les prochains jours à Juba (Soudan-Sud), puis au Darfour, avant de rentrer à Khartoum pour
discuter avec le président Omar el-Béchir.
Cette visite survient alors que des juges de la Cour pénale internationale (CPI) doivent annoncer sous peu s'ils émettent ou non un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir, accusé de génocide,
crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, où des combats entre rebelles et forces gouvernementales ont fait 300.000 morts depuis 2003 selon l'ONU.
Le Soudan cherche des appuis internationaux afin de repousser la décision des juges ou éviter un éventuel mandat d'arrêt international contre son président.
"La Russie veut formuler sa propre position (sur cet enjeu). Et la principale question que nous devons nous poser est: +que pouvons-nous faire de positif pour régler le problème du Darfour tout
en aidant les Soudanais à régler leurs problèmes (eux-mêmes)?+", a souligné l'envoyé russe, indiquant que Moscou était prêt à s'engager "politiquement" dans ce dossier.
Un envoyé spécial de la Chine, allié stratégique de Khartoum, avait effectué au début du mois une visite au Darfour et prévenu des conséquences "désastreuses" d'un éventuel mandat de la CPI
contre le président Béchir.