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Revue de presse tchadienne: Semaine du 09 au 16 février 2009

La vie chère, la grève de l’Union des Syndicats du Tchad, l’affaire Ahmat Abaya, les ennuis de la Société tchadienne d’eau et d’électricité, le dernier sommet de la CEMAC, les frasques du secrétaire exécutif de la Commission du Bassin du Lac Tchad, sont entre autres les principaux sujets d’actualité de la semaine


Commémoration des combats du 02 février 2008


« Retour à la pensée unique ? », se demande Notre Temps qui constate que pendant que les autorités ont interdit la marche pacifique et le meeting de l’opposition commémorant la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, les Forces vives, un regroupement de partis alliés, a organisé le 3 février dernier une journée de commémoration de la victoire de l’armée nationale sur les rebelles lors des événements de février 2008. Pour le confrère, cela amène à s’interroger sur cette politique de deux poids deux mesures adoptée par le gouvernement. Qualifiant la situation d’un recul démocratique, N’Djaména bi-hebdo, rappelle que la Constitution tchadienne garantit en son article 27, la liberté d’expression dont celle de manifester. Pour notre confrère, le régime en place a décidé de tordre le cou à cette disposition de la loi fondamentale.


Vie chère au Tchad


« La défaillance collective », titre N’Djaména bi-hebdo évoquant le manque de réaction des populations par rapport à la crise actuelle. Pour le confrère, la crise économique qui suit la crise financière, n’a soulevé aucune réaction de l’intelligentsia tchadienne. L’université est aphone face à la crise d’énergie provoquée par les mesures supposées protéger l’environnement, poursuit-il. « N’y a-t-il pas d’autres solutions pour protéger l’environnement que ces mesures drastiques ? », se demande le bi-hebdo. « Mais où va ce pays où tout le monde semble avoir baissé les bras et fait montre d’indifférence ou d’impuissance face aux problèmes qui se posent ? Où est donc passé le ‘‘debout et à l’ouvrage’’ de notre hymne national ? », interpelle-t-il. Nuançant les propos de son précédent confrère, Le Progrès constate que les prix baissent. Selon le confrère, la concertation gouvernement-operateurs économiques freine les spéculations. De 25 000 FCFA, en janvier dernier, le sac de maïs se vend actuellement à 22 500 FCFA rapporte-t-il. Le sac de riz local, provenance de Laï est vendu à 40 000 FCFA, soit une baisse de 2500 FCFA après les mesures gouvernementales. Le journal insiste sur le fait que le président de la République, Idriss Deby Itno, a pris personnellement l’initiative de discuter avec les opérateurs économiques en vue de trouver des solutions à la vie chère.


Le bois de chauffe serait interdit


‘’En haut c’est qui ?’’, s’interroge Le Progrès à propos de l’interdiction du bois de chauffe par les forces de l’ordre la semaine dernière. Ces derniers ont dit aux vendeurs et acheteurs de bois que la décision est ‘’venue d’en haut’’. Mais pour le quotidien, après ses premières déclarations interdisant le charbon et la vente du bois mort, le gouvernement n’a officiellement pris aucune autre mesure contraire. ‘’En haut’’ vous ne voyez que le ciel, ironise le confrère.


Un tsunami secoue le Secrétariat exécutif de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT)


Selon N’Djaména bi-hebdo, le Secrétaire exécutif de la CBLT n’est plus en odeur de sainteté partout, sauf auprès des autorités de son pays d’origine. Le journal rapporte que Sani Adamou est accusé d’une mauvaise gestion du personnel, caractérisée par le favoritisme, des sanctions injustifiées et une main mise sur l’administration. Ensuite, le Secrétaire exécutif gérerait mal les finances. Pour preuve, écrit le journal, il aurait effectué 222 jours de mission (sur les 365 que compte l’an). Enfin, Sani Adamou n’assisterait pas aux cérémonies officielles du pays hôte. Le bi-hebdo souligne que le 12 juin 2008, le conseil des ministres de la CBLT a résolu de demander au président du Conseil des ministres de demander aux autorités nigérianes et camerounaises de faire diligence dans la nomination des nouveaux secrétaire exécutif et secrétaire exécutif adjoint. Nonobstant tous ces désaveux, Sani Adamou reste accroché au secrétariat exécutif de la CBLT. « Peut-être parce que son pays est le plus gros contributeur », chute-t-il.


Délestage en continu à N’Djaména


N’Djaména bi-hebdo a recueilli les propos de M. Mahamat Abdoulaye Senoussi, Directeur général de la STEE. Pour ce dernier, la centrale de Farcha, qui comprend trois groupes, produit au total 21 mégawatts. Pour le moment, il n’y a qu’un seul groupe qui tourne avec une capacité de 7 mégawatts. Mais ce groupe a atteint les limites de sa révision. En réalité, les trois groupes de Farcha doivent être révisés, estime M. Abdoulaye qui pronostique que cette situation va durer au pire des cas tout le premier trimestre de l’année 2009.


Idriss Déby Itno à cœur ouvert


Notre Temps a choisi de mettre en exergue à sa dernière page un extrait de l’interview du président de la République Idriss Déby Itno accordée à Radio France Internationale : « Les Tchadiens ne m’ont pas condamné pour avoir acheté des armes », peut-on lire. « Je crois que contrairement à ce que vous dites, les Tchadiens ont beaucoup applaudi. Voilà, nous avons aujourd’hui une force pour nous défendre et construire notre pays », répond Idriss Déby Itno à propos de l’imposant arsenal militaire exposé lors de la fête de la démocratie et de la liberté, le 10 décembre dernier.


La comparution du député Ahmat Abaya n’a pas eu lieu


Alors qu’il devait comparaître le jeudi 12 février 2009, suite au maintien par le parquet d’instance de sa poursuite pour tentative de corruption, le député Ahmat Mahamat Abaya n’a pas été à la barre, rapporte le quotidien Le Progres. Le tribunal n’a pas enrôlé le dossier. Toutefois, avance le quotidien, l’on apprend que la signature du procès-verbal entre la partie civile (Ahmat Mahamat Bachir) et le prévenu (poursuivi pour menaces de mort), en présence du secrétaire général du MPS, du président de l’Assemblée nationale et le ministre Secrétaire général du Gouvernement, chargé des relations avec le parlement, serait à l’origine de la non programmation du dossier. Pourtant, le parquet général précisait dans la correspondance adressée au Garde des Sceaux, que le tribunal ne serait aucunement lié par cet arrangement amiable.


L’Union des Syndicats du Tchad (UST) lance un jour de grève d’avertissement


« Une grève suivie », relève N’Djaména bi-hebdo qui estime qu’en dépit des menaces du ministre de la Fonction Publique, Fatimé Tchombi, la grève d’avertissement de l’UST, lancée lundi dernier contre la cherté de la vie, a perturbé le bon déroulement des activités dans les secteurs publics et privés. Le bi-hebdo montre une vue d’un service médical déserté par son personnel. « Le peuple est affamé et malade », affirme à sa Une Le Temps qui constate que rien ne va plus. Cette grève était prévisible parce que les émissaires de l’UST ont affiché leur pessimisme au sortir de leur rencontre avec le Premier ministre. Ils ont à l’unanimité décidé d’observer une grève d’avertissement d’un jour pour exprimer leur ras-le-bol face à un gouvernement qui est toujours sourd à leur cri lancinant de douleur et leur descente aux enfers, écrit l’hebdo. En revanche, la Confédération Libre des travailleurs du Tchad (CLTT), proche du pouvoir, a appelé ses militants à vaquer normalement à ses occupations, chute Le Temps.


Khadafi, roi des rois d’Afrique


Selon l’analyse du journal Le Temps, beaucoup d’observateurs verraient dans l’élection de Khadafi à la tête de l’UA un triomphe des idéaux du panafricanisme. Mais, relativise-t-il, l’arrivée du Guide libyen, doit surtout lui permettre de se débarrasser des scories nauséabondes qu’il traîne en soutenant souvent des situations indéfendables, pour sauver le fauteuil de tel ou tel dictateur africain.


Sommet extraordinaire de la CEMAC à Libreville


« Un sommet de plus » ou encore « une diversion des chefs d’Etat », titre en pages intérieures N’Djaména Bi-hebdo, à propos du sommet de la CEMAC du 30 janvier 2009. Le point saillant de cette conférence est l’examen de la situation des placements de la BEAC auprès de la Société Générale des Banques. En effet, nous apprend le journal, ces placements hasardeux ont fait perdre à la BEAC une somme de 500 millions de FCFA. Dans une institution qui se respecte, poursuit-il, un tel scandale aurait pu entraîner la démission du patron, en l’occurrence, le gouverneur de la banque. Le journal relève que les chefs d’Etat ont recommandé la mise en place d’une commission d’un audit sur les opérations de placement, la suppression de la pratique du placement jusqu’à nouvel ordre, etc. « Tout ce train de mesures ne cache-t-il pas une volonté d’enterrer l’affaire », se demande le journal.


Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric

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