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La tension monte entre Paris et
Bangui en raison des demandes répétées de la justice française d’extrader l’actuel vice-ministre centrafricain des Affaires étrangères afin qu’il purge sa peine de prison en France. Condamné en
2007 par la justice française à trois ans de prison ferme pour escroquerie, l’homme d’affaires indo-pakistanais Saifee Durbar, a été nommé au gouvernement le 19 janvier dernier
par le président Bozizé, un poste qui lui confère l’immunité.
Paris veut régler ses comptes avec Saifee Durbar, l’homme d’affaires indo-pakistanais naturalisé centrafricain qu’elle accuse d’escroquerie et dont elle demande
avec insistance auprès de Bangui l’extradition pour qu’il purge sa peine en France. Mais Bangui ne semble pas disposée à livrer son «fils adoptif», qui avait brillamment servi la République
Centrafricaine dans la résolution de plusieurs conflits sociaux. Par un décret présidentiel en date du 19 janvier dernier, le chef de l’Etat centrafricain, François Bozizé, a promu l’homme
d’affaires indo-pakistanais vice-ministre des Affaires étrangères, le plaçant ainsi sous la protection de l’immunité.
Saifee Durbar a été condamné par le tribunal de grande instance de Paris en 2006 à trois ans de prison ferme et 375 000 euros d’amende pour tentative d’escroquerie, il a vu cette condamnation
confirmée en appel en 2007. Un mandat d’arrêt a aussitôt été émis à son encontre. L’homme d’affaires a été reconnu coupable par la justice française d’avoir fait miroiter à des investisseurs des
rendements mirifiques, puis d’avoir fait main basse sur ces fonds. Le dossier évoque notamment des sociétés fictives, des pierres précieuses et des banques à capitaux iraniens, pour plusieurs
millions de dollars détournés.
Le chef de l’Etat centrafricain est intervenu auprès des autorités françaises à plusieurs reprises pour obtenir l’annulation du mandat d’arrêt lancé contre Saifee Durbar qui s’était retiré à
Bangui après le premier jugement, mais toutes les tentatives de Bozizé sont restées lettre morte.
A Bangui, le nom de Saifee Durbar revient dans plusieurs affaires difficiles à cerner qui touchent au diamant, à l'or, au fer ou à l'uranium. Cet ancien conseiller du président Patassé aurait
également entravé les activités et les perspectives du groupe français Areva en RCA, obtenant même selon des sources concordantes un permis d'exploration dans la même zone que la société
française.
Saifee Durbar réside aujourd’hui à Londres. En 2007, il y avait été brièvement arrêté avant d'être libéré sous caution. La justice britannique doit bientôt se prononcer mais Saifee Durbar
continue de clamer son innocence et espère que Paris va lever son mandat d'arrêt.
«La première chose est que je suis innocent. Je n'accepte pas cette condamnation. La France doit enlever son mandat d'arrêt», a affirmé le vice-ministre centrafricain des Affaires
étrangères.