La Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt contre le président soudanais
Béchir
Par ailleurs, l'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a annoncé mercredi avoir reçu l'ordre du gouvernement soudanais d'évacuer son personnel international du Darfour, région
déchirée par la guerre civile dans l'ouest du Soudan. Sur son site internet, l'ONG médicale précise que «le gouvernement du Soudan a ordonné à MSF d'évacuer tout son personnel international d'un
certain nombre de ses programmes dans l'Ouest et le Sud Darfour le 4 mars au plus tard» et se déclare «inquiète du sort des populations». «Les raisons invoquées par le gouvernement pour justifier
cette décision concernent le fait de ne pouvoir assurer la sécurité des équipes internationales de MSF, en vue de l'annonce attendue de la Cour Pénale internationale concernant le Président
soudanais», avait précisé l'ONG.
. Elle a rendu sa décision ce mercredi au sujet du président soudanais, accusé par le procureur de génocide, crimes de guerre et contre l'humanité au
Darfour. Bien que le Soudan soit dans l'obligation d'exécuter ce
mandat d'arrêt, le ministre de la Justice
Abdel Basit Sabdarat a déclaré mercredi sur la chaîne Al-Jazira que «Khartoum ne coopèrera pas». Paris a aussitôt réagi en demandant
«instamment» au Soudan de «coopérer pleinement» avec la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères,
Eric Chevallier.
La paix menacée?
Il s'agit du premier mandat d'arrêt contre un chef d'Etat lancé par la CPI, entrée en fonction en 2002 à La Haye. La décision des juges a été rendue à 14h, lors d'une conférence de presse dans les
locaux de la cour, seul tribunal permanent chargé de juger les auteurs de génocides, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Omar el-Béchir, 65 ans, est accusé pour des crimes commis au
Darfour, une région de l'ouest du Soudan déchirée depuis 2003 par une guerre civile qui a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés selon l'ONU. Khartoum parle de 10.000 morts. Les réactions
n'ont pas tardé après l'annonce de la décision.
Pour le Kremlin, ce mandat est un dangereux précédent, alors que pour les rebelles, opposants au président Béchir, il s'agit
d'un «grand jour» pour le Soudan et le Darfour. L'Union africaine a également réagi en estimant que le mandat pourrait menacer la paix au Soudan. Sur place, plus d'un
millier de Soudanais manifestaient mercredi après-midi dans le centre-ville de Khartoum leur appui au Président.
Béchir défie la cour
La veille, le président soudanais a une nouvelle fois défié la cour, affirmant que «toute décision de la CPI n'aura aucune valeur pour nous». «Elle ne vaudra pas l'encre avec laquelle elle aura été
écrite», a-t-il estimé, en marge de l'inauguration d'un barrage à Méroé, à environ 500km au nord de Khartoum. «Nous avons de lourdes preuves contre Béchir», a assuré de son côté le procureur de la
CPI Luis Moreno-Ocampo. «Nous avons plus de 30 différents témoins qui diront comment il a tout dirigé et contrôlé», a-t-il dit devant la presse. C'est lui qui, le 14 juillet 2008, avait
demandé aux juges de la CPI d'émettre le mandat d'arrêt.
MSF priés de quitter le Soudan