actutchad2008@gmail.com
KHARTOUM- Les autorités soudanaises ont décidé mercredi
d'expulser une dizaine d'organisations non gouvernementales (ONG), dans la foulée du mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Omar el-Béchir, ont indiqué
des responsables d'ONG et de l'ONU. "Une dizaine d'ONG internationales vont être expulsées", a déclaré à l'AFP le responsable d'une organisation d'aide active au Darfour. "Ils nous ont dit de
quitter le pays dans les 24 heures", a précisé cette source.
"Jusqu'à dix ONG vont être expulsées", a renchéri un responsable onusien sous le couvert de l'anonymat. "La commission soudanaise des Affaires humanitaires a révoqué notre permis", a précisé une
autre source dont l'organisation doit quitter le Soudan à moins que les autorités soudanaises ne reviennent sur leur décision.
Ces mesures surviennent alors que la CPI a annoncé mercredi l'émission d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et
contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie depuis 2003 à la guerre civile. "On nous a dit de quitter le pays cinq minutes après la décision de la CPI", a ajouté le
responsable d'une ONG.
L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a également annoncé avoir reçu l'ordre du Soudan d'évacuer son personnel international du Darfour, peu avant
la décision de la CPI. MSF a précisé à l'AFP qu'environ 70 personnes, des expatriés et des Soudanais non originaires du Darfour, avaient déjà été évacués mardi de Zalingei, Niertiti, Mouhajiriya
et Kalma. "Les raisons invoquées par le gouvernement pour justifier cette décision concernent le fait de ne pouvoir assurer la sécurité des équipes internationales de MSF, en vue de l'annonce
attendue de la CPI concernant le président soudanais", a souligné l'ONG.
La majorité des ONG internationales au Soudan sont actives au Darfour, théâtre actuellement de la plus importante mission humanitaire selon le Bureau de
coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) avec 2,7 millions de personnes déplacées par les violences. Les ONG MSF-Hollande, Mercy Corps,
IRC, NRC, Care, Solidarités, Action contre la faim et Oxfam Royaume-Uni seraient du nombre des organisations
visées par les mesures du gouvernement soudanais. "Si le permis d'Oxfam est révoqué, cela affectera plus de 600.000 Soudanais auxquels nous fournissons une aide humanitaire vitale (...) dont
400.000 personnes au Darfour, où des gens continuent de fuir les violences et où les besoins humanitaires demeurent énormes", a déclaré dans un communiqué transmis à l'AFP, Penny Lawrence,
directeur d'Oxfam international.
Le Soudan avait indiqué à la mi-février aux ONG de ne pas interférer dans ses affaires internes. "Que vous soyez une ONG internationale ou nationale, faites de
votre mieux (pour nous aider). Mais n'interférez pas dans la politique, qui ne vous regarde pas de toute façon", avait déclaré le ministre des Affaires humanitaires, Haroun Lual