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Cherves-Richemont/Maïbombaye: Le mélange des cultures consommé à Maïbombaye

Les élèves de l'Iréo à la rencontre des « groupements de femmes », des communautés liées par l'envie de s'en sortir ensemble qui sont de plus en plus jalousées par les hommes.( photo dr)

Le problème de l'humanitaire, notamment en Afrique, c'est l'ambiguë frontière qui existe entre l'aide et l'assistanat. Les quatre jeunes élèves de l'Institut rural d'éducation et d'orientation (Iréo) de Cherves-Richemont, revenues du Tchad il y a quelques jours, ont affronté ce choc des cultures avec intelligence. Et la logique de l'« humanitaire » s'est effacée au profit d'un échange formateur, base d'un grand partenariat à inventer (lire ci-contre). Avant de chercher à aider, il fallait partager, aller vers l'autre, se rencontrer. Il fallait surtout dépasser la barrière de la langue et enjamber le fossé qui sépare nos régions de l'un des dix pays les plus pauvres du monde. Comment, à 20 ans, répondre par exemple à la question « Est-ce que chez vous tout le monde a des boeufs pour cultiver la terre ? » « En douceur », répond Cécile Gallard, « la capitaine » de l'équipe charentaise partie rencontrer ses semblables à Maïbombaye.

Le décalage est énorme


«Le décalage est énorme, raconte l'étudiante en BTS économie sociale et familiale. Au Centre régional de production et de formation de Maïbombaye, les élèves étaient persuadés que tous les Français vivaient de la terre et de la culture... ». Trois jeunes élèves de bac pro service en milieu rural faisaient également partie du voyage. Pas vraiment les mêmes profils que leurs nouveaux camarades tchadiens. «Là-bas, les élèves sont déjà agriculteurs ou éleveurs, sont quasiment tous mariés, ont des enfants et vivent au Centre en famille », raconte Kelly Cottron. Autre surprise de taille rapportée par son amie, Marie Lousteau, « ils sont tous très motivés ».


«Un jour, leur professeur était absent. Je leur ai dit, "vous devez être contents, ça vous fait une petite pause". Ils m'ont répondu "Oh non, c'est vraiment dommage !".» Sourire de sa voisine, Alice Chagot. Sur la liste de ses souvenirs, la meilleure place est réservée aux moments partagés avec les femmes, les nattes, la danse... En vingt-quatre jours passés à fouler les terres africaines, la délégation a multiplié les découvertes. Au CRPF (l'équivalent des Maisons familiales rurales françaises), mais aussi dans les villages de la Logone orientale. Accompagnées par deux femmes de l'Afdi (Agriculteurs français et développement international), elles y ont mené des campagnes de sensibilisation auprès des groupements de femmes.


Comme au Centre de formation, l'éducation se fait grâce à «des boîtes à images», « l'équivalent de nos powerpoint », sourit Wali Nourestani, le directeur de l'Iréo. Parmi les thèmes abordés, le sida bien sûr, mais surtout la gestion des récoltes et l'alcoolisme (un enjeu d'autant plus important que l'alcool consommé, le « bili bili », est élaboré avec du mil et que cette céréale peut faire dramatiquement défaut durant les périodes de soudure).

« C'était utile »


Au programme également, apprentissage de la gestion des budgets de la famille et travaux sur l'alimentation et les budgets. « Nous avons pu voir sur leur visage que c'était utile », s'illumine Kelly Cottron. Et « la capitaine » de l'équipe de conclure: « Mon seul regret, c'est que nous n'ayons pas pu rester plus longtemps. » Il faudra donc revenir.


Source: http://www.sudouest.com/

La redaction  ACTUTCHAD
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