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L’Eufor a officiellement passé le relais ce dimanche à la Minurcat. La force
européenne, présente depuis un an au Tchad, ne s’en va pas complètement du pays. C’est désormais la Mission des Nations unies pour la Centrafrique et le Tchad qui prend le relais. Plus de
deux mille soldats de l’Eufor vont dépendre désormais de l’ONU qui envoie plus de cinq mille casques bleus. La mission de la Minurcat, placée sous le commandement du général sénégalais El
Hadj Mouhamadou Kandji, s’annonce plus que difficile. Le passage de témoin se déroule dans un contexte très tendu, en raison du mandat d’arrêt contre le président el-Béchir. Cette tension est
notamment alimentée par des informations selon lesquelles les rebelles tchadiens, soutenus et équipés par Khartoum, prépareraient une nouvelle attaque contre le Tchad.
Le ministre français des Affaires étrangères, qui a présidé la cérémonie ce dimanche, à Abéché, réfute les critiques de certaines ONG sur le bilan de l’Eufor et il estime que la sécurité est revenue dans les camps. « Vous savez, explique Bernard Kouchner, quand vous ne faites rien, il n’y a jamais de critiques. Et là, je pense que les populations s’en trouvent bien. Je pense que de nombreux déplacés vont retrouver, même dans des endroits réputés dangereux, une vie normale. Voilà ce que nous avons fait pour protéger, sécuriser les populations, pas la frontière et pas la situation politique ».
Les autorités tchadiennes réticentes au début, ont finalement accepté le déploiement de l’Eufor et sa transformation en force onusienne. Moussa Faki, le chef de la diplomatie tchadienne : « Il ne s’agit pas de défendre les frontières tchadiennes. Il s’agit de protéger les réfugiés, les déplacés et les humanitaires. Pour ce qui est de la protection de notre territoire, nous nous en chargeons et nous le faisons bien ».