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La tentative de meurtre sur le ministre de l’Intérieur Mahamat Ahmat Bachir, la rentrée parlementaire, le dossier sur l’univers carcéral au Tchad, la tension qui prévaut à l’est du Tchad, ont été les principaux sujets traités par les médias tchadiens cette semaine.
Le ministre de l’Intérieur Ahmat Mahmat Bachir échappe de justesse à la mort
« ‘‘Le casseur de plumes’’ a failli casser sa pipe », ironise N’Djaména Bi-hebdo. Selon le journal, le 6 mars 2009, aux environs de 20 heures, Ahmat
Mahamat Bachir engage sa voiture pour pénétrer dans la cour de l’hôtel La Palmeraie. Au même moment, poursuit-il, un autre véhicule conduit par un individu ivre mort, lui obstrue le passage. Le
ministre de l’Intérieur lui demande de reculer son véhicule pour lui permettre de garer le sien. L’éméché descend de son véhicule, un pistolet au poing. Il se met à tirer sur le superflic. Selon
des témoins de la scène, Bachir blessé a été évacué à l’Hôpital militaire français et son agresseur arrêté par la police, chute le confrère.
De son côté Le Temps reconnaît que beaucoup de nos présidents d’institutions ou certains de nos ministres, par leurs comportements et leurs déclarations, peuvent
nous irriter au plus haut point. « Mais cela peut-il justifier qu’on veuille leur supprimer la vie ? », s’interroge-t-il. L’attentat contre le ministre Bachir est un mauvais signe,
écrit l’hebdo, qui fait remarquer que même étant ministre, de surcroît de l’Intérieur, on n’est point à l’abri d’une balle. « Quel est alors le sort du citoyen ordinaire ? », se
demande Le Temps qui répond qu’à cette allure, même réfugié au Palais Rose, on n’est point à l’abri d’un mauvais coup. « C’est une dérive qui dénote du profond pourrissement de ce pays. Les
fouilles d’armes et autres folklores dont le but était de nous montrer qu’on peut maintenant dormir en paix, n’étaient-elles pas finalement du temps perdu ? », chute-t-il.
« Bachir échappe à un attentat », titre Notre Temps qui met en Une la photo du ministre de l’Intérieur, convalescent et à ses côtés, l’arme du forfait.
Dans une interview exclusive, le ministre Ahmat Bachir affirme sans détours que c’est un acte prémédité. Sur l’identité du présumé criminel et les mobiles du forfait, le ministre tient
ferme : « (…) On me dit que c’est un agent de l’administration des Impôts (…) Mais ce serait sûrement un mercenaire, une infiltration de l’extérieur, puisqu’il y a trop de complices
locaux qui sont là. Tout au long de notre périple avec le chef de l’Etat, vous avez suivi quelle est notre position face aux mercenaires ».
L’univers carcéral au Tchad
Le mensuel Tchad et Culture publie un numéro double, spécial Grande enquête sur les prisons au Tchad. « Il faut plus d’humanité pour nos détenus »,
suggère d’entrée de jeu l’éditorialiste du journal qui constate que les prisons tchadiennes sont confrontées aux mêmes problèmes : vétusté des locaux, surpopulation, manque de soins,
mauvaise et sous-alimentation, malaria, maladies diarrhéiques, gales, etc. Le journal nous fait faire une visite guidée de la maison d’arrêt de N’Djaména ou encore nous fait découvrir ‘‘des
prisonniers volontaires’’ à la maison d’arrêt de Doba. Un gendarme et deux détenus sont chargés de garder les prisonniers, ce qui fait dire au procureur de la République : « à Doba, il
y a des prisonniers volontaires », reprenant les propos de cet expatrié qui voulait lui signifier que si les détenus le souhaitaient, ils s’enfuiraient tous. On apprend également l’histoire
des détenus mineurs à la maison d’arrêt de N’Djaména qui cohabitent avec les grands bandits ou, plus dramatique encore, la situation des nourrissons prisonniers malgré eux qui vivent avec leur
maman dans les cellules. A la justice de paix de Kélo, le juge estime que les « Commandants de brigade sont des fléaux », faisant allusion aux amendes illégales et autres maltraitances
infligées aux prisonniers. Tchad et Culture s’est appesanti sur les détentions prolongées, consécutives à la lenteur dans le traitement des dossiers, elle-même imputable à l’insuffisance des
effectifs dans le corps de magistrats. Le journal estime que la tâche est immense et l’Etat doit être le premier à agir. Il faut agir et vite si l’on ne veut pas que les cas d’infraction se
multiplient et que le nombre des détenus aille croissant.
Mandat d’arrêt international contre Oumar Hassan El-Béchir
« Remarquable mutisme », titre l’éditorialiste de N’Djaména bi-hebdo qui s’étonne qu’à l’annonce de la décision de la CPI de poursuivre le président
soudanais Omar Hassan El Béchir, l’on n’a perçu aucune réaction de la part des officiels tchadiens. Et pourtant, relève-t-il, il n’y a pas longtemps Déby Itno avait publiquement regretté, au
mépris de la courtoisie, que les chefs d’Etat des pays membres de l’Union africaine aient manqué d’audace pour condamner le président soudanais pour ses menées subversives au Tchad. Le Bi-hebdo
donnent deux raisons à cela : d’abord, en prenant l’air du temps, nos dirigeants se sont rendus compte que seuls les occidentaux avaient applaudi la poursuite du président soudanais. En
second lieu, une autre raison doit être tirée de la genèse du conflit au Darfour. « Contrairement à ce qu’il proclame, Déby Itno sait très bien qu’il est à l’origine de la rébellion du
Darfour qui a conduit aujourd’hui Omar El-Béchir sur l’échafaud », écrit le journal. « Or, pour reprendre un adage populaire tchadien, la lame qui a rasé Hassan rasera Idriss »,
chute l’éditorialiste du bi-hebdo.
Les députés sont de retour
Selon, N’Djaména bi-hebdo, le 5 mars dernier, Nassour Guélendouksia Ouaïddou (NGO), a ouvert la première session ordinaire 2009 de l’Assemblée nationale. Au
programme de la session : des propositions et des projets de loi, mais également des moments délicats attendent Youssouf Saleh Abbas et son gouvernement. Le journal rapporte les propos du
président de l’Assemblée nationale qui déclarait : « à cette série de projets et propositions de loi s’ajoutent l’interpellation du Premier ministre et une dizaine de questions orales
et écrites adressées aux ministres en charge des différents départements ». Pour le bi-hebdo, l’avertissement de NGO est d’autant plus clair qu’il annonce un mauvais quart d’heure pour le
gouvernement de Youssouf Saleh Abbas. L’Observateur précise que la proposition de loi portant indemnisation des victimes de la DDS tant attendue est au
programme. Le journal souligne que le président de l’Assemblée nationale a salué le retour du fédéraliste Yorongar à l’hémicycle.
Est du Tchad : vers l’escalade
« La paix n’est pas à l’ordre du jour », titre Notre Temps qui affirme que loin d’être rassurants, les derniers préparatifs sur le terrain indiquent que
les ‘‘mercenaires à la solde du Soudan’’ et les forces gouvernementales s’apprêtent à en découdre. Le journal a fait écho du communiqué du gouvernement par rapport aux informations quelque peu
alarmistes diffusées sur les médias internationaux. Citant ces sources, Notre Temps rapportent que les rebelles seraient à 15 km environ de la frontière Est du Tchad à la hauteur d’Adé et
s’apprêteraient à passer à l’offensive. La même source informe que dans la perspective de cette reprise des combats, Déby s’est équipé comme jamais avec l’argent du pétrole : des hélicos,
des MI-17, des MI-35, des Sukhoïs, des Pilatus, etc., seraient prêts à entrer en action tandisque de l’autre côté, les rebelles, eux, disposeraient des missiles sol-air. D’autre part, analyse
Notre Temps, avec l’émission du mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale à l’encontre du président soudanais, l’on craint que ce dernier n’en vienne à des actions désespérées du genre à
‘‘pousser’’ les rebelles à marcher sur N’Djaména.
Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric ( cefod)
La redaction d'ACTUTCHAD