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KHARTOUM (AFP) - Le président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a quitté Khartoum jeudi pour l'Ethiopie, sa troisième
visite de la semaine à l'étranger, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la présidence. "Il est déjà parti", a indiqué Nadi el-Béchir, responsable du bureau de la presse présidentielle à Khartoum.
La visite de M. Béchir en Ethiopie est la troisième à l'étranger depuis l'émission du mandat d'arrêt de la CPI le 4 mars pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, région de
l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003.
Omar el-Béchir avait déjà défié à deux reprises cette semaine la CPI par des visites lundi en Erythrée puis
mercredi en Egypte, où il s'est entretenu respectivement avec les présidents érythréen Issaias Afeworki et égyptien Hosni Moubarak. Réagissant à la visite en Egypte d'Omar el-Béchir, le bureau du
procureur de la CPI à La Haye a affirmé mercredi que le président soudanais était en sursis. "Il n'y a pas de voie de sortie possible", a dit à l'AFP un membre du bureau du procureur de la CPI
Luis Moreno-Ocampo, signalant que l'institution "surveillait" ses déplacements. Comme la plupart des pays arabes, l'Egypte n'est pas signataire du traité de Rome instituant la CPI.
La CPI ne dispose pas de force de police propre et dépend de la coopération des Etats pour l'exécution des
mandats d'arrêt. "Il y a une position égyptienne, arabe et africaine qui n'accepte pas la manière dont la Cour traite le président soudanais", avait déclaré le chef de la diplomatie égypitienne
Ahmed Aboul Gheit à l'occasion de la visite de M. Béchir.Les 22 membres de la Ligue arabe comme les 53 Etats de l'Union africaine (UA) se sont prononcés contre le mandat d'arrêt et ont entamé des
procédures auprès du Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il suspende la procédure. L'Egypte estime que ce mandat risque d'avoir "des conséquences dangereuses" sur la situation au Darfour et au
Soudan.
Malgré ces trois visites en une semaine dans des pays frontaliers, le président soudanais n'a toujours pas
confirmé sa participation au sommet de la Ligue arabe à Doha, au Qatar, qui commence dimanche. Des responsables soudanais avaient indiqué il y a deux semaines que le président allait se rendre au
sommet arabe, mais depuis la présidence a indiqué que la décision n'avait toujours pas été prise. Cependant le comité des oulémas soudanais a émis une fatwa lui déconseillant de s'y rendre,
évoquant un possible piège.
Le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad bin Jasim Al-Thani, a renouvelé cette semaine à Khartoum son invitation au président soudanais tout en admettant avoir "reçu des pressions de certains pays" pour ne pas accueillir M. Béchir à Doha.
Aussitôt après la décision de la CPI, Khartoum a ordonné l'expulsion de 13 des plus importantes ONG
internationales actives au Darfour, les accusant de collaboration avec la Cour et d'espionnage. La guerre civile au Darfour a fait 300.000 morts depuis 2003, selon l'ONU --10.000 selon Khartoum--
et 2,7 millions de déplacés.