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Un homme puissamment armé
a semé la terreur hier dans un centre d’aide aux immigrés de Binghamton (Etat de New York). Il a tué au moins treize personnes avant de se suicider. Une zone encerclée par des dizaines de
policiers surarmés, et le hurlement des sirènes. Un sinistre ballet d’ambulances et de civières sur lesquelles sont évacués des blessés.
Hier, aux Etats-Unis, la panique s’est emparée de Binghamton, une ville de 47 000 habitants située à 200 km au nord-ouest de New York, après qu’un forcené de 42 ans a retenu une quarantaine de
personnes en otage et ouvert le feu dans les locaux d’une association d’aide aux immigrants.
Selon les derniers bilans (à 1 heure du matin, heure française), le tireur, qui aurait agi seul, a tué treize personnes et fait au moins six blessés, dont quatre
dans un état grave, avant de se suicider avec son arme cinq heures après le début du carnage. Hier soir, les enquêteurs ignoraient encore tout des motivations du meurtrier. Il s’agit de la tuerie
la plus sanglante survenue aux Etats-Unis depuis celle du campus de Virginia Tech, en avril 2007. Un étudiant d’origine coréenne avait alors exécuté 32 personnes puis s’était donné la mort.
Deux interpellations
« C’est une journée tragique pour l’Etat de New York », a réagi le gouverneur de l’Etat, David Paterson. Le carnage a commencé vers 10 heures, heure locale. Un homme, un Asiatique vêtu d’une
veste verte et portant des lunettes, a d’abord bloqué la porte arrière du centre de l’American Civic Association avec sa voiture. Puis il est entré par l’accès principal de cette association qui
vient en aide aux immigrés. Il a immédiatement ouvert le feu avec une arme de gros calibre. La panique a aussitôt gagné les 41 personnes présentes à l’intérieur des locaux, où se déroulait
apparemment un test de citoyenneté.
Tentant d’échapper aux tirs, plusieurs d’entre elles ont trouvé refuge dans le sous-sol du bâtiment. D’autres se sont barricadées dans les toilettes ou dans une chaufferie tandis qu’à l’extérieur
un impressionnant dispositif de police bouclait la zone. Les forces de l’ordre ont immédiatement procédé à l’évacuation des bâtiments publics situés aux alentours du 131, Front Street, siège de
l’association. Une école et une infirmerie ont été fermées, des appartements vidés de leurs occupants et sécurisés et les routes bloquées. Un lieu d’accueil pour les familles des victimes et des
otages a été ouvert non loin du centre. Les premiers blessés, âgés de 20 à 50 ans, et pour certains dans un état critique, ont été évacués vers deux hôpitaux des environs. L’une des victimes,
touchée à l’estomac, travaillait comme secrétaire de l’association. Environ deux heures après l’assaut, le forcené a libéré une dizaine de ses prisonniers, qui sont sortis les mains sur la tête.
Quarante minutes plus tard, dix autres ont été à leur tour relâchés, cette fois par l’arrière des locaux, couverts de draps blancs.
Peu après, selon certains témoignages, deux personnes de type asiatique menottées dans le dos ont été emmenées par la police à l’extérieur du bâtiment, sans que l’on connaisse leur rôle dans la
tragédie. Cette tuerie survient alors que la crise économique semble coïncider aux Etats-Unis avec une recrudescence d’actes de folie meurtrière. La semaine dernière, un homme a abattu huit
personnes dans une maison de retraite en Caroline du Nord.
Depuis l’Europe, le président américain Barack Obama s’est dit « choqué et profondément attristé » par la fusillade. « Nous ne connaissons pas encore tous les faits, mais mon
administration surveille la situation et le vice-président (NDLR : Joe Biden) est en contact avec le gouverneur (NDLR : de l’Etat) David Paterson et les responsables locaux pour
suivre les développements. »