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Revue de presse tchadienne: Semaine du 30 mars au 05 avril 2009

La tournée du président de la République Idriss Déby Itno en province, l’interpellation du Premier ministre Youssouf Saleh Abbas (YSA), l’incendie criminel d’une voiture au domicile de Kassiré Koumakoye, les incertitudes des N’Djaménois, le ralliement de 128 rebelles, l’interpellation du ministre de l’Intérieur Ahmat Bachir et bien d’autres sujets ont fait les choux gras de la presse tchadienne cette semaine.


Le Premier ministre Youssouf Saleh Abbas interpellé

 

« Mes actions viseront le bien-être des Tchadiens », c’est l’extrait des déclarations du Premier ministre Youssouf Saleh Abbas devant les élus du peuple, repris par Le Progrès. Le quotidien indique que les députés ont interpellé le chef du gouvernement le 31 mars 2009 sur la cherté de la vie, les conflits intercommunautaires, la protection de l’environnement et ses effets sur les ménages, la détention illégale d’armes de guerre et leur ramassage, la réintroduction des taxes sur les matériaux de construction, etc. « YSA surfe à l’hémicycle », titre à propos N’Djaména bi hebdo qui rappelle qu’interpellé le 31 mars 2009 par les élus du peuple sur les problèmes nationaux de l’heure, relève le journal, le gouvernement de Youssouf Saleh Abbas s’est facilement tiré d’affaires. Sur tous les fronts ouverts par les députés, YSA a paru très à l’aise. Entouré de trente-trois de ses ministres et avec son calme légendaire, il a essayé de dissiper les inquiétudes des élus du peuple, ajoute-t-il.


Idriss Déby Itno pour le redéploiement des fonctionnaires en province

 

Le quotidien Le Progrès rapporte que le président de la République Idriss Déby Itno a constaté lors de ses dernières tournées à l’intérieur du pays, une insuffisance de fonctionnaires dans les provinces et leur concentration à N’Djaména. « Prenons l’administration en main. Mettons en place une administration de développement dans l’ensemble du pays », vient d’instruire Déby Itno, les ministres issus du remaniement du 23 mars dernier. « Alors que la masse salariale va de 50 millions à 300 millions Fcfa dans les provinces, elle est de 3 milliards Fcfa pour la seule capitale N’Djaména », renseigne le ministre de la Communication Porte-parole du gouvernement, Mahamat Hissène.


N’Djaména, peur sur la ville

 

Sur le titre « signaux inquiétants », N’Djaména bi-hebdo passe en revue les sujets qui préoccupent les N’Djaménois ces derniers jours. A en croire le confrère, les préparatifs de l’attaque de la ville soudanaise d’El Djinéné, par les rebelles soudanais du MJE ont contraint les humanitaires basés à l’Est du Tchad à limiter au minimum les sorties de leurs véhicules sur le terrain. Ceux-ci redoutent que la contre-attaque soudanaise déborde sur le territoire tchadien puisque El-Djinéné n’est situé qu’à 30 km de la frontière tchadienne, précise-t-il. A cela, il faut ajouter les préparatifs de la rébellion tchadienne qui s’apprête à attaquer probablement une des positions militaires de l’Armée nationale tchadienne. Mais, poursuit le journal, les militaires craignent beaucoup plus qu’une mutinerie se déclenche à N’Djaména depuis que 28 officiers généraux sont mis d’office à la retraite. Une mesure inopportune selon eux car elle s’apparente pour certains, à un règlement de compte et pour d’autres, à une humiliation suprême infligée aux soldats qui ont défendu au risque de leur vie le fauteuil d’Idriss Déby. N’Djaména bi-hebdo insiste que même le directeur de cabinet militaire du président de la République mis à la retraite ne l’a appris que par la voie des ondes. Aussi, dit-on que ces signaux de mécontentement observés à la suite de ce décret ont poussé le chef suprême des armées à freiner la publication de la liste de 500 colonels qui devront subir le même sort. « On craint que la vague de ces colonels admis à la retraite n’aille grossir les effectifs de la rébellion », chute le journal.


Quand les politico-militaires embrassent le pouvoir

 

« De l’opposition armée au positionnement politique », c’est le titre choisi par Notre Temps pour parler du parcours politique d’un certain nombre de politico-militaires qui ont regagné la légalité. De l’analyse de notre confrère, ces leaders ont pris les armes contre le régime, ont sacrifié des hommes, fait des veuves et orphelins. Ensuite, par le truchement des accords de paix ou de réconciliation, ils ont rallié le pouvoir pour occuper des postes de responsabilité plus ou moins importants dans un contexte politique qui n’est guère meilleur qu’avant leur fronde. Le journal cite M. Laona Gong Raoul, Yaya Dillo Djérou, Youssouf Saleh Abbas, et bien d’autres. Le journal n’a pas omis de mentionner le revirement des membres de la CPDC et d’en arriver à la conclusion que « la philosophie de presque tous les opposants nationaux n’est pas la prise de pouvoir, mais la participation à celui-ci au plus haut sommet ».


Le ministre Ahmat Bachir interpellé

 

Le reporter du quotidien Le Progrès a fait écho de l’interpellation du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique par les élus du peuple sur la gestion de l’administration territoriale et le choix des agents de commandement, le 02 avril 2009. « Aujourd’hui, on nomme des administrateurs incompétents, véreux, qui causent trop de torts à la population », critiquent les députés qui constatent également que « nous sommes un pays voisin à des pays bourrés d’intellectuels. Avec nos administrateurs analphabètes, qui nous font la honte, le Tchad est devenu la risée des autres ». Et le ministre Ahmat Bachir de répliquer qu’« Il est universellement reconnu que la gestion de l’administration n’est pas qu’une fonction politique. Les militaires sont aussi utiles et ont un rôle à jouer dans le développement du pays ». Pour N’Djaména bi-hebdo, l’on attendait cette interpellation très chaude, mais au finish, tout s’est déroulé dans la sérénité. Entourée d’une forte délégation de collaborateurs, le superflic a semblé plus posé que d’ordinaire, constate le confrère. Les députés ont réitéré leur exaspération face aux frasques des agents de commandement ‘‘qui ne sont pas de vrais administrateurs, mais des gens qui arnaquent et bastonnent des paisibles citoyens’’.


Le Tchad, champion du monde en délestage

 

Dans un billet, Le Progrès nous apprend que quelques 4000 villes du monde ont éteint symboliquement, le samedi 29 mars 2009 pendant une heure (de 20 h 30 à 21h 30, heure locale), l’éclairage de leurs plus célèbres monuments (Tour Eiffel, Opéra, etc.) pour marquer la journée de lutte contre le réchauffement climatique. Nouveaux convertis à l’écologisme, relève le journal, les N’Djaménois consentent une participation largement supérieure à celle des New-yorkais ou des Parisiens, en terme de durée de l’obscurité. « Dans la capitale tchadienne, c’est nuit noire pendant la majeure partie de l’année ; les nuits éclairées par l’électricité sont plutôt l’exception », précise-t-il. Et notre confrère d’ironiser que les N’djaménois, et partant, tout le Tchad, sont champions dans la lutte contre le réchauffement climatique, car les élus du peuple ont approuvé, le jeudi dernier, à 100% la ratification du Protocole de Kyoto relatif aux changements climatiques.


Incendie criminel chez Kassiré Koumakoye

 

Qui en veut au Président du Conseil économique, social et culturel ? Un incendie criminel a consumé le 30 mars dernier un véhicule parqué devant son domicile. Le lundi 30 mars vers 2h du matin, le voisinage de Kassiré koumakoye est réveillé par un tapage inhabituel. Quelle ne fut pas la surprise en voyant un des véhicules en stationnement devant son domicile, en feu. Il semble que quelques heures plus tôt, vers 21 heures, un individu s’est présenté au poste de garde et réclamé l’intervention d’un des gardes car selon lui, il aurait été agressé par trois personnes alors qu’il sortait avec une fille. Devant le refus du garde de quitter son poste pour ce genre d’opération, le plaignant en colère a promis amener un escadron avec lui pour punir le militaire peu coopératif. Vers 2h, la même personne, accompagnée de cinq autres soldats sont venus. Le garde surpris dans la voiture Corola garée devant la résidence a reçu deux coups de poignard à la tête et au bras. Après avoir versé de l’essence dans la voiture et y mettre le feu, les fugitifs auraient emporté une des deux armes. Seule une Kalach calcinée a été retrouvée dans les décombres.


Des élèves sèment la pagaille dans les quartiers sud de N’Djaména

 

« Ces faux élèves… », titre l’éditorialiste de Le Temps qui nous écrit que les quartiers sud de la capitale où sont concentrés les établissements scolaires et instituts universitaires sont devenus depuis un certain temps un lieu de prédilection pour des bandits de tous poils. En grande partie ressortissants des quartiers de la partie septentrionale de la capitale, nombre de ces élèves ne le sont pas tous. Accoutrés dans des tenues de tel ou tel autre établissement, ces pseudo élèves ne sont jamais dans les salles de classes pendant les heures d’études, passant le clair de leur temps à faire du rallye à bord de leurs engins à deux roues, dans les rues de Moursal, Chagoua. L’hebdo ajoute que ces dévergondés sont depuis quelques temps, auteurs de plusieurs cas graves d’accidents de circulation ou de bagarres rangées. Prenant d’assaut les restaurants et autres buvettes, ces insolents et irrespectueux jeunes sont prêts à défier tous ceux qui tenteraient de s’interposer à leurs nuisibles activités, fait remarquer Le Temps.


Le gaspillage

 

« L’Etat peut-il impunément s’accommoder d’un train de vie peu en rapport avec ses ressources ? Que constate-t-on à l’occasion des tournées qu’Idriss Déby a entreprises à l’intérieur du pays ? », s’interroge N’djamena bi hebdo. D’abord il y a l’important dispositif de sécurité et l’importante délégation sont mis en branle avec plusieurs dizaines de véhicules de tout genre qui doivent consommer de grosses quantités de carburants, lubrifiants, sans compter les pièces de rechange, répond le confrère. Puis, ce sont les ressortissants de la région qui déferlent en masse sur leur terroir, abandonnant pour la plupart des dossiers importants sur leurs bureaux pour prendre part à cette kermesse. Pour le journal, personne ne prend la peine de calculer le manque à gagner que cela occasionne à l’Etat pour un gain hypothétique. L’on a cru que la diminution des traitements et indemnités des membres de cabinets ministériels participait d’une volonté de réduire le train de vie de l’Etat, mais l’intention vient d’être démentie par le le nombre pléthorique de l’équipe gouvernementale remaniée, chute-t-il.


128 rebelles regagnent l’armée nationale Tchadienne

 

Le quotidien Le Progrès nous apprend qu’après avoir présidé le 2 avril dernier une cérémonie de ralliement de 105 éléments rebelles, issus de différentes factions, notamment UFDD, RFC, FSR et UFCD, le général Hassan Djangbeï, conseiller chargé de Missions auprès du Médiateur national, est allé, dans l’après midi accueillir 23 rebelles issus de l’Union des Forces pour la Démocratie et le Développement de Mahamat Nouri et du Rassemblement des Forces pour le Changement (RFC) de Timan Erdimi. Selon le quotidien, le commandant Bakabo Abdérahim, qui dirige les RFC, a souligné qu’ils ont été emballés dans la rébellion avant de découvrir plus tard, qu’il n’y a pas de sérieux dans les actions de leurs mouvements. La lecture faite par Le Progrès de ces ralliements est que ‘‘la déception gagne les mouvements armés au Soudan’’.


N’Djaména se nourrit de l’abattage clandestin

 

A lire N’Djaména bi-hebdo, selon le secrétaire général de la fédération des bouchers, « l’abattage clandestin des animaux s’effectue dans certains arrondissements de la capitale qui ne disposent pas des aires appropriées ». Conséquence, les abattoirs de Farcha qui traitaient naguère plus de 700 bovins par jour en sont réduits, selon le chef de service de santé animale, Dr Mobéal Béassem, à 300 bovins, 300 ovins et 20 dromadaires.


Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric ( CEFOD)

La redaction ACTUTCHAD

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