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Revue de presse tchadienne: Semaine du 06 au 12 avril 2009

La folie meurtrière d’un Casque bleu français à Abéché, les assurances du général Kamougué par rapport à une attaque rebelle, le refus d’un visa par la France au député Yorongar Ngarlédji, le ralliement de 152 rebelles du colonel Djibrine Dassert, la probable démolition de la villa Ngarta Tombalmbaye par la mairie, la crise sociale dans les ménages, la menace sur la liberté d’expression, la grève illimitée aux brasseries du Tchad, entre autres ont marqué la presse tchadienne cette semaine.


Un légionnaire français de la MINURCAT tue 4 personnes à Abéché


Le Progrès daté 8 avril nous apprend qu’un Casque bleu français, Pérez Da Silva, après de vives altercations, a tiré le mardi 7 avril 2009, à bout portant sur trois de ses frères d’armes (2 Français et un Togolais), avant de s’enfuir. Dans sa fuite, le forcené a abattu un cavalier pour récupérer son cheval, avant de se volatiliser. Dans son édition du vendredi 10 avril, le quotidien, montre en Une la photo du quadruple meurtrier, celle de sa victime tchadienne et révèle que le légionnaire a été appréhendé par la gendarmerie tchadienne, à une dizaine de kilomètres d’Abéché, non loin d’un point d’eau.


Le maire Zen Bada se prépare à casser la villa Tombalbaye


« Table rase de la mémoire du président Tombalbaye », titre Le Temps qui nous apprend que l’opération de déguerpissement engagée dans la ville de N’Djaména va bientôt atteindre son apogée. La dernière cible visée : les propriétés immobilières de l’ancien président de la République, Ngarta Tombalbaye. Les propriétés au sein desquelles se trouve le restaurant-bar Pélican pourraient être dévastées par les bulldozers de la mairie, le 14 avril prochain. Pour le confrère, si cette mesure est exécutée, ce sera un coup dur porté aux héritiers de Tombalbaye dont les établissements sont souvent menacés pour défaut de paiement de taxe sur impôts fonciers. Par le passé, rappelle Le Temps, les propriétés immobilières de l’ancien président de la République dans les villes de Sarh, Doba, Moundou et N’Djaména avaient été saisies par l’Etat ; leurs restitutions par un décret présidentiel date du 10 juillet 1993, suite à la Conférence nationale souveraine. Ainsi, l’hebdo estime que toute tractation de saisie ou de déguerpissement ne serait qu’une opération malveillante visant à faire table rase de la mémoire du père de l’indépence tchadienne. « Comment expliquer l’opération en cours lorsque l’on sait que le fondé de pouvoir de la mairie de N’Djaména, M. Khalili Ali Abbo a souvent adressé des correspondances aux héritiers de Ngarta Tombalbaye relatives à la redevance sur les titres fonciers ? », s’interroge le journal. Enfin Le Temps rapporte que depuis quelques jours, les héritiers se grouillent pour intenter une action en justice, mais selon les dernières informations, le principal héritier de Tombalbaye aurait cédé aux marchandages des plus hautes autorités de la République en faveur du déguerpissement. « Jusqu’où ira Zen Bada ? », s’interroge de son côté N’Djaména Bi hebdo. Sur les raisons, le journal cite le chef de département des services urbains et des études de la planification à la commune de N’Djaména, Yacoub Abdoulaye qui souligne que c’est parce que « l’ancien président de la République n’avait pas pris le soin de faire légaliser son domaine ». Et ce dernier de s’interroger : « c’est peut-être une négligence de la part de l’intendant de la présidence de la République. Sinon, comment expliquer que la CLTT et la Cité de l’OCAM aient été régularisées ? ». Ainsi, Zen Bada veut transformer la propriété de feu Ngarta Tombalbaye en un désert parce qu’elle n’aurait pas été régularisée. Citant le chef de la voirie, pour qui, ‘‘aucune infrastructure n’est prévue sur ce site’’, N’Djaména bi hebdo se demande ce que veut démontrer Zen Bada à travers cet acharnement à déguerpir la villa Tombalbaye. ‘‘Où s’arrêtera Demolition man ?’’, chute-t-il.


Yoro empêché de sortie


Depuis quelques jours, constate L’Observateur, c’est un monde fou qui défile pour rendre visite au député fédéraliste Ngarlédji Yourongar Le Moïban admis à la Clinique Sao au quartier Moursal. Alors qu’il avait rendez-vous avec son médecin en France pour un contrôle médical, Yorongar n’a pu avoir son visa, révèle l’hebdo qui poursuit que l’ambassade de France lui a fait comprendre, que Paris n’a pas encore donné son avis. En outre, l’ambassade de France lui propose de se faire soigner à l’hôpital des Eléments français au Tchad, offre déclinée par le Yorongar qui préfère se faire soigner dans une clinique de la place. Le député fédéraliste souffre de plusieurs problèmes neurologiques causés par des tortures dont il a été victime lors des événements de février 2008. Un peu plus loin, le journal cite d’autres sources qui font comprendre que Ngarlédji Yorongar aurait été empoisonné pendant sa détention en février 2008 et n’aura pas à vivre 2 ans, raison pour laquelle il faut s’opposer maintenant à son évacuation sanitaire.


Le Général Kamougué rassure la population


« Il n’y a aucun accrochage, aucun affrontement quelque part. Tous les fronts sont calmes », rassure dans Le Progrès, le ministre la défense nationale, le général Kamougué Wadal Abdelkader, lors de la visite du président Idriss Déby Itno aux forces de défense et de sécurité, à leur départ de Djermaya, le lundi 06 avril 2009. Ces forces seront redéployées à Mongo, pour toute éventualité, informe le ministre de la Défense nationale. Le mouvement des troupes observé ces derniers temps, répond à une meilleure sécurisation du pays, souligne-t-il. « Il n’y a aucun mercenaire sur le territoire tchadien. Ils sont au Soudan. Et, à ces forces prépositionnées, il n’y aura plus de combat à N’Djaména, si combat il y a », declare le ministre. De son côté, L’Observateur, prudent, relève que c’est une déclaration qui intervient à un moment où les internautes parlent d’une probable attaque rebelle sur N’Djaména. Lassés des déclarations à caractère politique et ne voulant plus être victimes comme ce fut le cas en février 2008, les Tchadiens restent sur leurs gardes, car, rappelle le journal, par le passé, bon nombre de ministres tenaient les mêmes propos rassurants, lorsque le FUC a frappé sur N’Djaména, à la surprise générale. Idem en 2008, quand les rebelles s’approchaient de N’Djaména, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique annonçait à la population que la situation était totalement maîtrisée par les forces de défense et de sécurité.


La Crise sociale


« Vous avez dit protection de l’environnement ? », s’interroge l’éditorialiste de la revue Tchad et Culture qui estime qu’à défaut d’une anticipation censée aider à prévenir les problèmes, il est de la responsabilité des gouvernants de trouver des solutions à ceux qui se présentent. Mais, déplore-t-il, pour tout ce qui concerne le social, aucune anticipation ou presque. Prenant le cas de l’interdiction du charbon de bois et du bois non mort, l’éditorialiste de cette revue indique que cette mesure, aux dires des autorités, obéit à une volonté de protéger notre environnement. Malheureusement, poursuit-il, en sus du charbon, on interdit l’utilisation de tout bois et on a proposé comme énergie substitution le gaz butane. « Où en trouver ? A quel prix ? Y’en aura-t-il suffisamment pour tous les ménages ? », s’interroge le journal qui constate qu’il n’y a pas de réponses à ces questions qu’on devrait avant tout se poser car le bon sens l’exige. Le journal souligne qu’il appartient aux pouvoirs publics de trouver les solutions les mieux adaptées à la protection de l’environnement. Mais, il faut que les stratégies imaginées et mises en place le soient en accord avec les populations locales. « Il est nécessaire de revoir en profondeur l’approche du problème par le gouvernement tchadien, en privilégiant la sensibilisation des populations et leur prise en compte comme principal acteur de la protection et de la gestion de leur environnement », chute-t-il


152 combattants abandonnent Dassert


Des éléments du Mouvement pour la Paix, la Réconciliation et le Développement (MPRD) du colonel Djibrine Dassert, opérant autrefois, dans la sous-préfecture de Korbol (Moyen Chari), ont regagné l’Armée nationale tchadienne, avec armes et bagages. Parmi ces 52 ex-rebelles, figurent des filles. Pour le général Abdelkader Kabo Nadjiara, chef d’état-major général du MPRD, c’est l’intransigeance de leur président, Djibrine Dassert, à ne pas répondre favorablement, à la main tendue du président de la République qui les a motivés à quitter la rébellion.


Liberté d’expression menacée au Tchad


« Vers un retour à la pensée unique ? », s’interroge la revue Tchad et Culture qui constate que depuis quelques années, des mesures restrictives de liberté sont multipliées, rendant presqu’impossible toute possibilité de manifestation. Dans sa chute, le journal, craint que beaucoup d’organisations et d’individus, ne pouvant disposer d’un créneau pour extérioriser leurs préoccupations et le mal-être ambiant dans lequel ils vivent, puissent chercher à s’affirmer dans d’autres espaces peu recommandables, contribuant ainsi à la pérennisation des termes tels que mouvements politico-militaires, coupeurs de route, rebelles, mercenaires, etc.


Les Editions Sao présentent quatre nouveaux ouvrages


Le Progrès rapporte que le 7 avril 2009, les auteurs de quatre nouveaux ouvrages su le Tchad, parus aux éditions Sao, ont donné une conférence de presse, à la Librairie La Source, à N’Djaména. Les quatre livres de ces écrivains tchadiens, qui viennent de paraître, ont pour titres, respectivement, « Et Dany passe l’éponge », de Arsène Djimininar, « la jument blessée », de Mouimou Djékoré, « Sur les ruines du Tchad : Lol Mahmat Choua, 120 jours à la tête d’un Etat néant », de Arnaud Djigammadji et « Cruel Darfour : l’enfer des Noirs », de Mahamat Hissein Gouni.


Tibesti : repaire des coupeurs et narcotiques


Après le groupe salafiste qui a longtemps sévi dans la région, c’est au tour des coupeurs de route et des narcotrafiquants de semer la terreur au Tibesti, écrit Notre Temps. Le journal rapporte que depuis un certain temps, le phénomène prend de l’ampleur et des cas de braquage ont été portés à connaissance des autorités de l’administration du territoire. Ces grands bandits opèrent à la frontière triangulaire entre le Niger, le Tchad et la Libye, endroits de prédilection des fraudeurs qui veulent échapper aux barrières douanières et des clandestins en partance pour le Maghreb ou l’Europe.


La grève se poursuit aux Brasseries du Tchad (BDT) et à l’Hôtel Kempinski


Le scorpion sème la mort dans le Borkou et le Tibesti,


Sur plus de 600 victimes, près de 50 décès sont signalés par an, souligne le Dr Youssouf Mahamat Ali, délégué sanitaire du Borkou-Tibesti, repris par le quotidien Le Progrès. Les piqûres de scorpion s’intensifient, selon Dr Youssouf Mahmat Ali, entre mars et juillet de chaque année. Les scorpions de ces régions sont de différentes formes. Certains ont un venin très dangereux. Suivant la résistance de l’organisme des personnes, le venin du scorpion dangereux engendre une anaphylaxie, conduisant à la mort si la victime n’est pas très vite conduite à l’hôpital.


La ceinture verte de Gaoui avance bien


Le quotidien Le Progrès rapporte que la phase pilote de la Ceinture verte de Gaoui, qui regorge plus de 200 000 plants d’espèces à croissance lente, répartis sur deux sites, avance très bien, selon les responsables chargés de la protection, de l’entretien et de la surveillance. « La ceinture verte est à plus de 85% de réussite. Seuls quelques plants sont détruits par les rats et les lapins. Le soleil n’est pas un grand handicap pour le développement des arbres », apprécie le directeur des Forets, M. Abakar Zougoulou.


Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric ( CEFOD)

La Redaction ACTUTCHAD


« La grève devient illimitée aux Brasseries du Tchad », titre Le Progrès qui indique que cette mesure a été prise après l’assemblée générale d’valuation, du 8 avril 2009. Le président des délégués de ladite entreprise, Josué Madjitoloum, se dit surpris par la position du ministre de la Fonction Publique et du Travail qui leur demande de reprendre le travail sans condition. Pourtant, lors de l’avant-dernière rencontre, elle a promis jouer la médiation pour le règlement de la crise, poursuit-il. Pour le ministre de la Fonction publique, Mme Fatimé Tchombi, on ne peut pas demander de, de cette manière, le départ d’un employeur (ndlr, les grévistes demandent le départ du directeur général et du directeur des Ressources humaines des BDT), à moins, dit-elle, que ce dernier n’ait posé des actes contraires aux lois nationales. « Les autorités observent un silence complice », accuse L’Observateur qui relève que selon certaines sources, au Kempinski, il y a des grévistes qui sont déjà licenciés ;aux Brasseries du Tchad, des avis de recrutements ont été lancés par le directeur des Ressources humaines. Le journal fait écho de la correspondance adressée au ministre de la Fonction Publique par le bureau des délégués du personnel des BDT dans laquelle, les délégués mentionnent qu’à peine 2 ans après sa nomination, le directeur général a licencié 150 employés dont 7 cadres. Sans concertation, poursuit la lettre, ce directeur a fait passer les horaires de travail de 39 heures à 44 heures et a supprimé les postes de responsabilité dont 90% sont réattribués aux expatriés. L’Observateur, dans un encart, rapporte que les prix de boisson galopent. Comme exemple, les bouteilles de bières (Gala, Castel et Guinness) qui se vendaient il n’y a pas longtemps à 650 Fcfa, se vendent actuellement à 750 Fcfa.
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