actutchad2008@gmail.com
Il semble en tous cas que le « bunker » que s’est créé Deby dans la capitale ait résisté, lui qui a failli être chassé du pouvoir en février 2008 par les
rebelles. La télévision tchadienne montre par ailleurs des images de rebelles morts (plus de 200 selon les autorités) sans que l’on puisse pour autant vérifier l’authenticité de
l’information.
Cet affrontement est révélateur de la situation de tension que connaît le Tchad, lui qui entretient des relations très complexes avec le Soudan. Rappelons que le président actuel tchadien est
arrivé au pouvoir en 1990 grâce à Khartoum (capitale du Soudan) qui lui a fourni les hommes nécessaires pour son coup d’Etat. Cependant, Deby s’est très vite émancipé de l’influence d’Omar
El-Béchir et les tensions se sont envenimées : ce dernier accuse le Tchad d’être derrière le problème du Darfour, tandis que Deby accuse le Soudan de soutenir les rebelles de l’UFR.
Ces deux pays sont d’autant plus ennemis qu’ils sont tous les deux producteurs de pétrole et intéressent par conséquent les pays demandeurs, à l’image de la France qui soutient le président Deby
(elle a assuré sa protection en février 2008, lui a fourni du matériel militaire et a critiqué les rebelles de l’UFR). Ce dernier pourtant n’est pas sans reproche : l’accord signé à Syrte en
Lybie en 2007 avec les rebelles n’a conduit à rien de concret au niveau politique, de même que celui d’août 2007, plus que « fragilisé » par la « mystérieuse » disparition du
principal porte-parole de l’opposition. Les populations, quant à elles, continuent à subir la situation.