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Grande Bretagne/Gouvernance: Après la démission du président de la Chambre des Communes, le scandale des notes de frais frappe au coeur de Westminster

A Londres, le président de la Chambre des Communes a démissionné. Les députés britanniqueslui reprochent d'être responsable du scandale des notes de frais. Une première depuis 1695. Avec la démission annoncée de Michael Martin, le président de la Chambre des Communes, le scandale des notes de frais a frappé au coeur de Westminster. Assis sur son perchoir, vêtu de sa toge noire, le Speaker est une institution, un monument de la démocratie britannique.

À l'origine, au XIVe siècle, son rôle consistait à défendre les parlementaires face au pouvoir de la Couronne. Aujourd'hui, il a pour mission d'arbitrer les débats et de superviser le fonctionnement des Communes, ce qui inclut l'épineuse question des défraiements des députés.

La colère des Britanniques

Il y a deux semaines, nul n'aurait imaginé que les abus des élus entraîneraient la chute de Michael Martin (63 ans), le député travailliste qui occupe ce rôle depuis 2000. Il n'y avait alors qu'un précédent qui remontait à 1695. Mais, après un week-end passé dans leurs circonscriptions, les députés ont pris la mesure de la colère des Britanniques et, lundi, allant à l'encontre de toutes les conventions, plusieurs représentants se sont levés dans l'assemblée pour demander la démission du Speaker.

Sa faute : s'être opposé à plus de transparence dans le système des défraiements et avoir, lui aussi, abusé des notes de frais pour se faire rembourser, par exemple, les courses de taxi de son épouse. Coût : 4 000 livres (4 548 €). Le député travailliste de Glasgow pensait pouvoir sauver son honneur avec une déclaration.

Martin a prononcé quelques mots d'excuse. « Dans la mesure où j'ai contribué à cette situation, j'en suis profondément désolé », a-t-il déclaré. Mais cela n'a pas suffi à apaiser l'atmosphère et, à la tête de la rébellion, le conservateur Douglas Carswell a interpellé Martin sans aucun détour : « Quand les députés auront-ils la possibilité de choisir un nouveau Speaker ayant l'autorité morale pour faire le ménage à Westminster et la légitimité pour sortir cette chambre de ce bourbier ? »

Hier, Michael Martin a fini par céder à la pression en annonçant qu'il renonçait à ses responsabilités de Speaker pour préserver « l'unité de la Chambre ». De son côté, le Premier ministre, Gordon Brown, a annoncé qu'une commission indépendante du Parlement fixerait désormais le salaire des députés et passerait en revue leurs notes de frais. Une mesure bien tardive : selon un sondage publié mardi par le Guardian, 69 % des Britanniques estiment que Gordon Brown, qui refuse toute idée d'élections anticipées, a mal géré le scandale des notes de frais.

Amandine ALEXANDRE.

Source: http://www.ouest-france.fr/

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