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Revue de presse tchadienne: Semaine du 18 au 24 mai 2009

L’incursion de l’Armée nationale tchadienne en territoire soudanaise, les échos de la marche de soutien au président de la République, la mise au point du général Kamougué sur son supposé décès, les travaux des états généraux de la communication, la baisse de production du coton à Gounou-Gaya, et bien d’autres sujets ont été abordés par la presse tchadienne.

L’avenir de la Coordination des Partis de l’opposition pour la Défense de la Constitution (CPDC), « Opposition démocratique : dans la nasse du régime ? », se demande le reporter de L’Observateur, mettant la photo des responsables de l’opposition en pleine marche de soutien au président Idriss Déby. L’hebdo estime que le basculement d’un camp à un autre est devenu finalement un sport favori des leaders des partis politiques tchadiens. Malgré la décision que la CPDC a prise de ne pas participer à la marche de soutien, certains y ont néanmoins activement pris part. Est-ce contre espèces sonnantes et trébuchantes que ces leaders ont marché ? », s’interroge-t-il. Le journal cite le coup de gueule de l’opposant Saleh Kebzabo qui se démarque des autres : « Nous avons marqué notre différence pour refuser le diktat de quelqu’un qui se comporte comme un dictateur. Je voudrais humblement rappeler que nous sommes dans un pays de droit. Cela veut dire un pays où il existe des sensibilités politiques différentes et donc le président de la République doit comprendre que tout le monde ne saurait le suivre ».


Démenti sur la mort du général Kamougué Wadal Abdelkader


Des rumeurs folles ont attribué au Général Kamougué la mort à Tunis où il était en évacuation sanitaire. « Je suis bel et bien vivant. En fait, on a voulu déstabiliser les forces armées et de défense. Cette déstabilisation viendrait des rebelles et de leurs complices ici à N’Djaména au rang desquels se trouvent des officiers et de hauts cadres », confie le Général Kamougué à N’Djaména Bi-hebdo.


Incursions tchadiennes en territoire soudanais


Le Progrès nous apprend que le gouvernement tchadien a ordonné hier, dimanche 17 mai 2009, aux forces de défense et de sécurité d’arrêter les raids, terrestres et aériens, qu’elles ont engagés contre les rebelles, en territoire soudanais, dans le cadre du droit de poursuite. Le ministre de la Défense par intérim, Adoum Younousmi et le chef d’état-major général des armées, Hassan Saleh Algadam Al-Djinéïdi ont annoncé, par une conférence de presse conjointe le retrait total des forces de défense et de sécurité, après une poursuite des rebelles sur une bande de 30 à 40 kilomètres sur le territoire soudanais. Le quotidien fait écho de la conférence de presse de l’avocat Me Badjé Magloire qui pense que « l’ANT n’a fait que riposter et réagir ». « Attention au droit de poursuite », prévient par contre N’Djaména bi-hebdo qui relève que, usant du droit de poursuite, l’aviation tchadienne est allée ‘‘nettoyer sept poches de mercenaires’’ en territoire soudanais. Le journal craint qu’en guise de rétorsion, et comme il sait le faire en pareilles circonstances, El Béchir pourrait rééquiper rapidement l’UFR en armes, en hommes et en Toyota et les remettre en route vers N’Djaména. ‘‘Notre objectif reste N’Djaména’’, ne cessent de rappeler les rebelles, souligne le bi hebdo.


La suite à donner aux états généraux de la communication


« Le dur reste à venir », estime N’Djaména bi-hebdo à propos des états généraux de la communication. Les maux qui minent la profession des hommes des médias ont été certes débattus et des pistes de solutions trouvées. Mais l’inconnu reste l’application des recommandations de ces états généraux, le 4ème du genre au Tchad. Le bi-hebdo fait ainsi allusion aux trois premiers états généraux (de l’éducation, de la justice et des armées) qui n’ont pratiquement rien donné jusque-là. L’éditorialiste de notre confrère indique que durant les assises, le gouvernement et les médias se sont compris, mais il reste que l’ordonnance 05 constitue la pomme de discorde irréductible. « Personne n’arrive à comprendre qu’en dépit des déclarations du Premier ministre et de l’opposition obstinée du parlement, ce texte scélérat continue à figurer dans le corpus des lois de la République », déplore-t-il. « Les journalistes réclament son abrogation pure et simple. C’est un test de grandeur nature de la disponibilité de la plus haute autorité de voir un début d’application des résultats des états généraux de la presse », chute-t-il.


Le Soudan tente de manipuler le monde arabe et musulman


C’est la principale information résultant de la communication du ministre des relations extérieures, Moussa Faki Mahamat. Selon le chef de la diplomatie tchadienne relayé par le Progrès, après son échec militaire, le régime de Khartoum glisse sur le terrain diplomatique pour discréditer le Tchad auprès du monde arabe et musulman. Depuis quelques jours, souligne-t-il, le gouvernement de Khartoum véhicule des fausses informations accusant le Tchad de servir de relais à une action de déstabilisation , menée, tantôt par Israël, tantôt par l’Occident, contre le Soudan . Il voudrait présenter, ainsi, une image d’un Tchad qui constitue une menace pour le monde arabe.


Les dessous de la manif anti El Béchir


N’Djaména bi-hebdo rapporte que le 17 mai dernier, la Coordination des partis politiques a organisé une conférence de presse durant laquelle le coordonnateur « autoproclamé », Kassiré Koumakoye a affirmé que « la mobilisation du peuple a été sans doute une réussite sans précédent ». Le journal indique que tout le temps qu’a duré la conférence, Kassiré a traité d’apatrides les chefs de partis politiques qui « ont osé critiquer négativement la marche organisée en soutien au chef de l’Etat et aux vaillantes forces de défense et de sécurité ». « Ce sont des gens que je connais et qui, à un seul coup de feu, quittent le pays pour se réfugier ailleurs », a tonné Kassiré. Mais pour le confrère, les raisons de cette mobilisation tirent plutôt vers le nerf de la guerre, cet appât qu’ont brandi les organisateurs pour attirer les manifestants : « chaque parti politique a reçu 1 million Fcfa pour la confection des pancartes et des banderoles », a confié un chef de parti allié au journal.


La production du coton en baisse à Gounou-Gaya


Selon L’Observateur, les cotonculteurs du département de la Kabia ont cette année abandonné la culture du Coton au profit de celle des céréales. Ceci a pour conséquence d’entraîner la baisse de la production cotonnière cette année. Le journal précise que l’usine de la Cotontchad de Gounou-gaya est tombée à 5000 tonnes cette année, alors qu’elle égrenait par le passé plus de 15 000 tonnes de coton.


Une loi pour mieux protéger les enfants


L’avant-projet de loi modifiant et complétant le code pénal relatif aux enfants a été amendé du 16 au 18 mai dernier, lors des journées d’information organisées à l’intention des députés par le ministère de la Justice, avec l’appui de l’Unicef.


Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric ( Cefod)

La redaction ACTUTCHAD

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