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WASHINGTON (AFP) - Le président égyptien Hosni Moubarak, au pouvoir depuis plus de 27 ans, a
déclaré dans une interview à une télévision américaine que ce serait aux électeurs de choisir son successeur, alors que ses opposants l'accusent de préparer son fils Gamal à le remplacer.
"Personne ne sait qui va me succéder, nous avons des élections", a dit M. Moubarak, 81 ans, dans un entretien diffusé par la chaîne CBS lundi soir, à la veille d'une rencontre avec son homologue
américain, Barack Obama, à la Maison Blanche.
"Au moment des élections, les gens vont voter", a dit le président égyptien qui a, à plusieurs reprises, rejeté les accusations de l'opposition selon lesquelles il préparerait son fils Gamal, 45
ans, à sa succession pour l'élection présidentielle de 2011. Le président Moubarak n'a pas dit s'il comptait lui-même se présenter à sa propre succession: "Je ne pense pas à ça maintenant". En
2005, Hosni Moubarak avait gagné la première élection présidentielle égyptienne pluraliste. Auparavant, les Egyptiens votaient par référendum pour le candidat choisi par le Parlement.
A la question de savoir si son successeur devait s'assurer au préalable le soutien de la puissante armée égyptienne, il a dit: "Non, non, je ne suis pas d'accord avec cette déclaration". M.
Moubarak est un ancien haut officier, ainsi que ses prédécesseurs Anouar al-Sadate et Gamal Abdel Nasser. Le président Moubarak a affirmé par ailleurs ne pas être gêné par la montée en puissance
des Frères musulmans et leurs liens avec d'autres groupes dans la région. "Bons ou mauvais, tant qu'ils ne commettent pas de crimes terroristes, ça m'est égal", a-t-il dit. Il a nié que les
autorités soient injustes à l'égard de la confrérie islamiste en lui refusant de s'enregistrer comme parti politique.
"Ces gens (...) ne peuvent pas former de parti politique car notre Constitution maintient et stipule qu'un organe politique ne peut être fondé sur une base religieuse", a-t-il expliqué. "Mais les
Frères musulmans sont là (au Parlement) en tant que députés indépendants, nous en avons environ 80". Depuis leur percée historique lors des législatives de 2005, les Frères musulmans détiennent
un cinquième des sièges au Parlement. Leurs députés avaient été élus sous l'étiquette d'"indépendants".