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Ce qu’il est convenu d’appeler désormais le
scandale du ministère de l’Education Nationale n’en finit pas de révéler les dessous de cette affaire. Outre les responsables du ministère des Finances mis aux arrêts pour besoin d’enquête et
éventuellement déterminer le degré de responsabilité de tout un chacun, les yeux sont désormais rivés sur le commerçant qui a bénéficié de ce marché. Actuellement à l’étranger, les proches
du commerçant indexent les services financiers et matériels du Ministère de l’Education Nationale. Par la Rédaction de la Voix.
Dans ce document, le commerçant s’engage à fournir les manuels dans deux mois après la signature du marché. Plus grave, le faux procès-verbal de réception utilise les termes (pré-réception)
certifié par le DAAFM du ministère de l’Education nationale. Ce qui veut dire que ces deux documents ont été conçus par les mêmes personnes.
Des interrogations
Une interrogation qui préoccupe les enquêteurs : comment peut-on faire prendre un engagement de livrer dans un délai de deux mois à un commerçant, alors que le marché en question n’est pas encore
approuvé. En effet, l’engagement qu’on a fait signer au commerçant date du 9 mai, alors que le marché n’a été approuvé par le président de la République que le 20 mai, c’est-à-dire 11 jours avant
l’approbation.
S’agissant du faux procès-verbal de réception, les proches parents du commerçant estiment qu’au regard de l’illettrisme de leur frère, seuls les responsables du ministère de l’Education auraient
pu fabriquer cette pièce afin de permettre au commerçant de se faire payer pour une livraison avant la rentrée scolaire. Les mêmes parents affirment que quatre des six conteneurs seraient
déjà à Douala pour leur acheminement à N’Djaména.
A cet égard, l’on est en droit de s’interroger sur deux faits : comment signer un engagement alors que le marché n’est même pas encore signé ? Pourquoi établir un procès-verbal sans avoir
réceptionné la marchandise ? Seuls le commerçant et le DAAFM du ministère de l’Education nationale sont bien placés pour apporter la réponse à ces deux questions.
Si le montage de détournement a été fait à l’Education nationale, le ministère des Finances n’est pas pour autant exempt de tout reproche, quand on sait qu’il y a toute une chaîne de contrôle
dans ce département pour vérifier la régularité de tous les documents avant leur paiement.
Cette affaire met à nu la pratique des 10% qui a cours au ministère des Finances et qui est devenue une règle non écrite que personne n’ose dénoncer. Il est grand temps d’assainir les
régies financières et d’arrêter avec la pratique des marchés de gré à gré, et les nominations sur des bases claniques au mépris des compétences.
La rédaction
Source: http://www.lavoixdutchad.com/