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Soudan: La chronologie d'un pays (1956-2009) entre guerre et famine

1956 : indépendance du Soudan, ancien condominium anglo-égyptien. Le sud, animiste et chrétien, se révolte contre le nord musulman.
1958: l'armée s'empare du pouvoir.
1969-1985 : dictature du maréchal Djafar al-Nemeyri.
1972 : l'accord d'Addis-Abbeba met fin à dix-sept ans de guérilla, le sud acquérant un statut d'«autonomie».
1978 : découverte de pétrole au Sud-Soudan.
1983 : début de la rébellion de l'Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA), fondée par le colonel dissident John Garang. Cherchant des alliés auprès des Frères musulmans de Hassan al Tourabi, le maréchal Nemeyri fait promulguer une nouvelle législation s'appuyant sur la charia (loi islamique).
1983-1985 : la famine provoque d'importants déplacements de population, et fait plus de 200 000 morts.
1986 : formation d'un gouvernement de coalition civil dirigé par Sadeq al Mahdi.
1989 : coup d'Etat du général Hassan al-Bachir, soutenu par le Front national islamique, dirigé par Hassan al-Tourabi.
1991 : une scission au sein du SPLA, affaiblit la rébellion, alors qu'elle contrôlait près de 90% du sud.
1992-1994 : des combats opposent différentes factions rebelles sudistes.
1994 : arrestation à Khartoum, par les services secrets français, du terroriste Illich Ramirez Sanchez, alias «Carlos», recherché pour un triple meurtre commis en 1975 à Paris.
1995 : l'Egypte accuse le Soudan d'être impliqué dans une tentative d'assassinat de Hosni Moubarak.
1996 : l'Onu accuse le pays de soutenir le terrorisme. Expulsion du dirigeant islamiste Oussama ben Laden.
1997 : Washington décrète un embargo contre le Soudan.
1998 : les Etats-Unis bombardent une usine de produits pharmaceutiques présentée comme produisant des armes chimiques, en riposte aux attentats anti-américains perpétrés au Kenya et en Tanzanie.
1999 : Khartoum normalise ses relations avec l'Ethiopie, qui cesse de soutenir le SPLA.
Décembre 1999 : le président al-Bachir dissout le Parlement, présidé par son ancien allié, le dirigeant islamiste Hassan al-Tourabi.
Mai 2000 : Hassan al-Tourabi est évincé du parti au pouvoir.
Février 2001 : arrestation de Hassan al-Tourabi.

2002

 

2003

 

2004

 

2005

 

2006

 

2007


Février

 

2008


Janvier

 

2009

Janvier


La redaction Actutchad

: Hassan al-Tourabi est arrêté après avoir déclaré que le président al-Bachir était "politiquement coupable" des crimes commis au Darfour et qu'il devait se rendre de son propre chef devant la Cour pénale internationale.
Février : le gouvernement et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), signent un accord de cessation des hostilités à Doha (Qatar).  La Cour pénale internationale (CPI) annonce qu'elle rendra le 4 mars sa décision sur la demande de mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour.
Janvier : la MINUAD, l'Opération des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour, devient opérationnelle.
Les forces de Khartoum lancent des attaques contre des positions de rebelles du Darfour soutenus par le Tchad, provoquant un afflux de réfugiés dans le pays voisin.
Mars : signature d'un
accord de non agression entre le Tchad et le Soudan à Dakar (Sénégal), un mois et demi après une tentative de renversement du régime tchadien début février par des rebelles venus de bases arrière soudanaises.
Mars-mai : des combats éclatent à Abyei, ville riche en pétrole limitrophe du Sud-Soudan, entre l'ex-rébellion sudiste, l'Armée de libération du peuple soudanais (SPLA), et les forces gouvernementales.
Mai : des hommes du Mouvement justice et égalité (MJE), le plus puissant des mouvements rebelles du Darfour, lancent une attaque surprise à Omdurman, faubourg de Khartoum, après avoir traversé plus 600 kilomètres de désert. Après deux jours de combats, l'armée écrase cette offensive.
Juin : le gouvernement et les ex-rebelles du Sud signent un accord en vue de régler la question de la région pétrolifère d'Abyei.
Juillet : la Cour pénale internationale (CPI)
demande l'arrestation du président Omar al-Bachir pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Cette requête est immédiatement rejetée par Khartoum qui ne reconnaît pas la compétence de la Cour. 300 000 personnes sont mortes au Darfour depuis que le conflit a éclaté dans la région en 2003, selon l'ONU.
Septembre : les rebelles du Darfour accusent le gouvernement d'avoir lancé de nouvelles attaques dans le Nord-Darfour.
Novembre : le président Omar al-Bachir annonce un cessez-le-feu au Darfour et appelle au désarmement des milices. L'un des principaux groupes rebelles, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), rejette cette annonce.

Février : le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, inculpe deux responsables soudanais pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.
Mars : la mission d'évaluation sur le Darfour, décidée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU en décembre 2006, remet un rapport accusant Khartoum d'avoir, «orchestré et participé» à des crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Avril : le Soudan
accepte que l'ONU vienne renforcer la force africaine de maintien de la paix.
Mai : la Cour pénale internationale lance
deux mandats d'arrêt contre les responsables soudanais inculpés pour crimes de guerre en février.
Juillet : adoption de la
Résolution 1769 de l'ONU qui prévoit le déploiement d'une force ONU-Union africaine, la MINUAD, au Darfour, qui comptera environ 26 000 hommes.
Octobre : retrait des sudistes du
SPLM du gouvernement de coalition. Ils accusent Omar al-Bachir de ne pas respecter l'accord de paix de 2005. Ils réintègreront le gouvernement en décembre.
Mai : soumis à une forte pression internationale, le principal groupe rebelle du Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (SLM), signe à Abuja (Nigeria) un plan de paix avec le gouvernement soudanais. Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et une faction dissidente du SLM refusent de le parapher.
Août : la résolution 1706 du Conseil de sécurité de l'ONU prévoit la relève de la force de l'Union africaine, déployée au Darfour depuis 2004, par des Casques bleus des Nations Unies. Le Soudan refuse la résolution. Sur le terrain, les combats se poursuivent et opposent désormais aussi les rebelles entre eux.
Octobre : le gouvernement soudanais et les rebelles du Front de l'Est, une guérilla soutenue par l'Erythrée, signent un accord de paix censé mettre fin à un conflit de douze ans. Khartoum ordonne l'expulsion du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Soudan, Jan Pronk.
Novembre : vaste offensive des forces soudanaises et de leurs milices dans le nord du Darfour.
Décembre : le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU décide d'envoyer une mission pour y évaluer la situation des droits de l'homme.

Janvier : le gouvernement et la rébellion sudiste de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) signent à Nairobi un accord de paix final mettant un terme à vingt et un ans de guerre au Sud-Soudan.
Une commission d'enquête de l'ONU estime que des crimes contre l'humanité sont commis au Darfour et dresse une liste de 51 responsables.
Mars : le Conseil de sécurité décide l'envoi d'une mission (Minus) de 10 000 hommes pour soutenir l'accord de paix signé au Sud-Soudan en janvier. Le conseil de Sécurité de l'ONU saisit la Cour pénale internationale pour les crimes contre l'humanité commis au Darfour.
Juin : la Cour pénale internationale ouvre une enquête sur les crimes commis au Darfour.
Emprisonné depuis un an, le chef de l'opposition islamiste, Hassan al-Tourabi, est libéré.
Juillet : retour de John Garang à Khartoum après vingt-deux ans d'absence. Nommé premier vice-président, il meurt trois semaines plus tard dans un accident d'hélicoptère.
Septembre : formation d'un gouvernement d'union nationale à Khartoum avec le SPLM (Mouvement de libération du peuple du Soudan), anciens rebelles du Sud-Soudan.

Janvier : le gouvernement et le SPLA signent un accord prévoyant un partage à part égale des revenus pétroliers au Sud-Soudan.
Février : vaste offensive militaire de l'armée soudanaise au Darfour. Selon Médecins sans frontières (MSF), plus de 600 000 réfugiés sont en «extrême danger», faute d'une aide d'urgence suffisante.
Avril : un haut responsable de l'ONU qualifie de «nettoyage ethnique» la campagne de violences dans le Darfour. Le 8, Khartoum et les rebelles du Darfour signent un cessez-le-feu, qui ne sera pas respecté.
Juillet : l'ONU adopte la résolution 1556 menaçant le gouvernement soudanais de mesures de rétorsion s'il ne met pas fin aux exactions des milices janjaouids.
Août : arrivée des premiers éléments d'un contingent de l'Union africaine, chargés de protéger les observateurs du cessez-le-feu signé le 8 avril.
Septembre: adoption de la résolution 1564 par le Conseil de sécurité de l'ONU qui menace le Soudan de sanctions pour son incapacité à résoudre la crise du Darfour.
Octobre : le secrétaire général de l'ONU annonce la création d'une commission d'enquête internationale chargée de déterminer si des actes de génocide ont été commis au Darfour.

Février-mars : premières actions d'un groupe armé dans le Darfour, le Mouvement de libération du Soudan (MLS), qui réclame une répartition équitable du pouvoir et des richesses, et appelle au renversement du régime de Khartoum. Le gouvernement enrôle des miliciens, les janjaouids (cavaliers) pour le combattre.
Octobre : libération de l'opposant islamiste Hassan al-Tourabi. Il sera à nouveau arrêté en mars 2004.

Juillet : signature, à Machakos, au Kenya, d'un protocole d'accord visant à mettre fin à près de vingt ans de conflit au Sud-Soudan. Il reconnaît au Sud-Soudan le droit à l'autodétermination par référendum après une période d'autonomie de six ans.
Août : les partis politiques qui comptaient des députés avant le coup d'Etat de 1989 sont à nouveau autorisés.
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