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Cameroun- Opinion: 1982-2009,l'espoir perdue d'une génération

L’auteur de ce monologue, citoyen camerounais d’origine, s’adresse au chef de l’Etat camerounais. Il évoque les circonstances qui ont précédées la prise du pouvoir de l’actuel chef de l’Etat camerounais et de l’espoir qui l’avait animé en 1982 lorsque ce dernier prenait le pouvoir au Cameroun.


Cet espoir qui selon ses propres mots s’est effrité avec le temps. Lisez plutôt.Papa, depuis un certain temps, nous ne nous retenons; nous avons énormément pesé le pour et le contre de cette histoire que nous allons te raconter.Car, comme tu vas le constater, c'est l'histoire d'un jeune président qui a pris le pouvoir en 1982 et de ses enfants qui  à l'époque, étant au premier cycle du secondaire, avaient cru voir une lueur d'espoir pour leur avenir. Nous avons vraiment envie de comprendre ce qui s'est cassé entre le papa de 1982 que nous avions tous acclamé et celui d'aujourd'hui que nous détestons tant; allant jusqu 'à souhaiter sa disparition.

 

C'est notre histoire ( la tienne et notre génération); une génération abandonnée, voire sacrifiée. Nous ne  souhaiterions pas que tu la prennes comme des milliers d'autres que tes adversaires et/ou les jaloux t'ont souvent expédiées comme "lettre  ouverte", mais notre souhait est que tu la prennes comme un monologue que tes filles et fils, dépités  et découragés  te font pour se désolidariser et t'interpeller sur la gestion catastrophique d'un foyer dans lequel ils/elles  appartiennent mais malheureusement, ne se reconnaissent plus. Pourquoi nous t'écrivons? Elie wiesel ,écrivain juif et prix nobel de la paix 1982 ( quelle coïncidence) se posait la même question dans l'un de ses ouvrages et répondait: pour ne pas devenir fou ou mieux, pour toucher la profondeur de la folie. Nous, t'écrivons tout simplement pour ne plus pleurer ou, pour mieux pleurer.
 
Certains faits dans notre long monologue pourront peut être t'irriter mais, s'il te plait, ne nous envoie pas Bad Boy et ses sbires, essaye de comprendre aussi. Nous ne voulons pas te nuire, mais nous ne pouvons plus nous taire.
 
Tout commence le Samedi 06/11/1982. Ce jour là, il est prévu ta prestation de serment comme Président de la République à 10 heures au palais des verres de Ngoa et nkellé. Dans son éditorial paru très tôt dans Cameron Tribune, Feu Henri Bandolo écrivait ...Il (Ahmadou Ahidjo) laisse une nation saine, un peuple serein, un pays riche dont il a su préparer la prospérité et garantir la postérité...Il a aussi préparé les hommes avec lesquels il a cultivé la conscience  élevé des responsabilités nationales, c'est dire qu' Ahmadou Ahidjo ne nous abandonne pas à l'aventure. il continuait par ... Peu d'hommes s'éclipsent ainsi au moment même où leur peuple et le monde entier célèbrent la gloire dont ils se sont couverts; Bien des hommes, au contraire, ne se contraignent à quitter le pouvoir que lorsque la faillite de leur politique a anéanti le peuple et la nation, sinon eux même; fin de citation.


Papa, nous pensons que cet homme était un vrai Mallam ( Visionnaire ) car l'extrait de cet éditorial reflète aujourd'hui ce que tu étais le 06/11/1982, ce que tu as été pendant plus de 25 ans de règne et ce que tu es aujourd'hui. Un homme bien formé pour gérer son foyer mais qui a vite fait de nous monter soit son incompétence notoire, soit sa volonté délibérée de nuire à son prédécesseur en détruisant tout ce qu'il avait construit et en avilissant son peuple avec des discours creux pleins de promesses jamais tenues. Un homme qui, à l'aube  de son règne, avait tout pour réussir, et qui se retrouve au crépuscule de son pouvoir surpris  lui même par le désastre qu'il a commis est c'est pourquoi, vieillissant et malade en même temps, il s'agrippe de toutes ses forces qui lui restent au fauteuil présidentiel en Re-Remodifiant une constitution déjà Re-remodifiée selon ses volontés. Mais, papa, nous te l'avons dit, c'est le crépuscule de règne négatif et quoi que tu fasses, c'est terminé. C'est ici papa, que nous nous rappelons qu'en 1982, un journaliste s'était écrié en ces mots : Comment Ahidjo a-t'il pu remettre les clés du grenier de l'Afrique centrale à un homme dont ses ancêtres n'ont jamais su ce que sait qu'un grenier. L'histoire ne  lui donne -t'il pas raison ? 
Vois-tu Papa, il y a eu les Moboutu, Eyadema et plus récemment, Lansana Conté. Jette un coup d’œil un peu à leur histoire et vas maintenant te reposer.
 
 Revenons donc d'une manière chronologique sur ton règne. La prestation de serment s'était très bien passé et tu avais rejoins le luxueux et nouveau palais de l'unité, abandonnant le lac à Bello Bouba que tu avais nommé Pour te remplacer à la primature comme l'exigeait le sacro saint équilibre régional. Tu t'étais donc installé normalement pour te mettre au travail et continuer l’œuvre positif de ton prédécesseur ou mieux, comme on le disait à l'époque, le "long crayon" ne pouvait que, par rapport à un petit "certifié", faire plus. Hélas, au lieu de te mettre au travail, tu t'es mis en récréation, en fête.. Sais-tu comment les jaloux t'appellent papa? Un franco-Suisse qui passe régulièrement ses vacances au Cameroun.


Quelques semaines donc après ta prise de pouvoir, un journal français balance une information selon laquelle tu viens de te taper une luxueuse demeure quelque part en Europe. C'est la débandade à Yaoundé. Tu ameutes tes lieutenants pour qu'ils détruisent cette information qui risque salir ton image et ils trouvent un mot magique pour informer l'opinion. ce n'est qu'une RUMEUR. Ainsi venait de naître la République des rumeurs.  Nous t'en citerons d'autres durant ce monologue.

 

 Le nouveau Président doit faire la tournée des provinces pour tâter du terrain et s'imprégner comme le disait l'UNC ( à l'époque, le RDPC n'était même pas dans le ventre de sa mère) des réalités du terrain. Tu n'avais pas dérogé à la règle et tu t'es lancé dans les 07 provinces du Cameroun à l'époque. Dans ton esprit à cette période, tu pensais déjà à la rupture avec ton prédécesseur. Tu voulais te démarquer d'une politique qui t'avait fabriquée et modelée. C'est ainsi que dans Cameroon Tribune de 18/01/1985, tu parlas de la politique du renouveau, véhiculant la rigueur, moralisation, libéralisation et démocratisation. Rigueur et Moralisation était devenu le leitmotiv de tous les camerounais; surtout notre génération qui y croyait comme un homme de foi croit en l'éternel. Mais, hélas, ta rigueur et moralisation n'eut que la vie d'un bambou au feu.


Ta visite à Douala fut une époque inoubliable pour nous qui étions au Lycée Polyvalent de Bonabéri car, durant tout ton séjour, le domicile du proviseur Robert NKILI ( actuellement Ministre) était bondé d'hommes armés appartenant à la garde républicaine. Il se pourrait que tu ne mangeais que ce qui ne sortait que de notre illustre lycée ; et pour cause, toutes les rumeurs circulaient. Les uns prétendaient que notre proviseur était ton beau frère, d'autres disaient que c'est sa femme qui était la petite sœur de maman jeanne. Quelqu'en fut la bonne version, nous étions "en haut". C'est pourquoi nous nous étions assis au Boulevard Ahmadou Ahidjo(encore lui ?) pour t'acclamer en masse. Te rappelles-tu ? à ton arrivée au carrefour dit
Ancien Dalip, tu étais descendu de ta limousine et avait continué à pied, traversant l'ancien Monoprix sous nos acclamations nourries; ce geste, tu ne l'as plus jamais fait à Douala et pourquoi?

 

Rappelle- toi de ton fameux me voici à donc Douala quelques années plus tard . Le président Nasser disait " Si le peuple m'acclame aujourd'hui, c'est qu'il se voit à travers moi et, le jour où ce miroir se brisera, le peuple me lynchera. En 1982, tu étais notre miroir; mais depuis longtemps, ce miroir s'est émietté. Tu n'es plus celui que nous acclamions ( A suivre ).

Source: http://www.camer.be/

 

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