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Voici les réactions après le mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir, mercredi 4 mars.
Les réactions internationales
Etats-Unis : Robert Wood, porte-parole du département d'Etat : il a appelé toutes les parties soudanaises, dont le gouvernement, à la "retenue". "Des violences supplémentaires contre les civils et les intérêts étrangers doivent être évitées et ne seront pas tolérées". (Mercredi 4 mars)
Russie : Mikhaïl Marguelov, émissaire pour le Soudan du président russe Dmitri Medvedev : il considère que le mandat d'arrêt émis contre Omar el-Béchir va créer
un "dangereux précédent". "La décision inopportune de la CPI va créer un dangereux précédent pour le système des relations internationales et risque d'avoir des
conséquences négatives sur le Soudan". (Cité par l'agence Ria Novosti, mercredi 4 mars).
Union africaine : Jean Ping, président de la Commission de l'UA : Le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar
el-Béchir "menace la paix au Soudan". "Je viens d'apprendre la décision de la CPI de lancer un mandat d'arrêt contre le président du Soudan et tiens à souligner
d'abord que la position de l'UA est que nous sommes pour la lutte contre l'impunité, il n'est pas question pour nous de laisser les auteurs de crimes impunis". "Mais nous disons que la
paix et la justice ne doivent pas s'affronter, que les impératifs de justice ne peuvent ignorer les impératifs de paix". Cette décision de la CPI "menace la paix au Soudan". "Les questions de
paix sont si importantes que la justice doit prendre en compte ces questions au Soudan comme elle le fait partout ailleurs". "Or, nous constatons que la justice internationale ne semble appliquer
les règles de la lutte contre l'impunité qu'en Afrique comme si rien ne se passait ailleurs, en Irak, à Gaza, en Colombie ou dans le Caucase". (Déclaration à l'AFP, mercredi 4 mars)
Egypte : Ahmed Aboul Gheit, ministre égyptien des Affaires étrangères : l'Egypte est "très troublée" par la décision de la CPI. (Mercredi 4
mars, cité par l'agence officielle Mena).
France : Eric Chevallier, porte-parole du ministère des Affaires étrangères : La France "demande instamment au Soudan de coopérer
pleinement avec la CPI pour la mise en oeuvre des décisions prises par les juges, conformément à l'obligation qui lui est faite par la résolution 1593 du Conseil de sécurité".
"La lutte contre l'impunité est indissociable de la recherche de la paix au Darfour comme ailleurs dans le monde". La France est "déterminée à poursuivre ses
efforts en vue d'un règlement politique". "Il ne saurait y avoir d'autre solution que politique à la crise du Darfour". Par ailleurs, Paris estime qu'il est "essentiel que les opérations d'aide
humanitaire et le déploiement de la Minuad (force conjointe de paix au Darfour) se poursuivent, dans le cadre des engagements déjà conclus entre le Soudan, l'ONU et l'Union Africaine, et dans le
respect des résolutions du Conseil de sécurité". (Communqiué, mercredi 4 mars)
Le mouvement palestinien Hamas : "Le Hamas dénonce avec force la décison arbitraire prise par la CPI qui (...) montre que les Nations unies sont
bien un instrument aux mains des grandes forces internationales, notamment les Etats-Unis". Le mouvement islamiste appelle la CPI à "émettre plutôt des
mandats d'arrêt contre les criminels de guerre israéliens qui ont commis des massacres barbares contre les peuples palestinien et libanais, comme (le président) Shimon Peres, (le Premier
ministre) Ehud Olmert, (le Premier ministre pressenti) Benjamin Netanyahu et les autres grands criminels israéliens". Le Hamas annonce en outre son "soutien total au président Omar
el-Béchir face à cette attaque américano-sioniste". (Communiqué, mercredi 4 mars)
Les réactions des organisations non gouvernementales
Amnesty International : Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty : L'organisation des droits de l'Homme, basée à Londres, a appelé Omar el-Béchir à se livrer à
la CPI. "Cette annonce est un signal important à la fois pour le Darfour et pour le reste du monde que ceux qui sont suspectés d'avoir violé les droits de l'Homme
seront jugés, aussi puissants soient-ils"."La loi est claire. Le président el-Béchir doit comparaître devant la CPI pour se défendre". "S'il s'y refuse, les
autorités soudanaises doivent s'assurer qu'il soit arrêté et remis immédiatement à la CPI". Amnesty appelle en outre tous les pays dans lesquels le président soudanais pourrait se rendre à
l'arrêter et à le remettre à la CPI. "Personne n'est au-dessus des lois. Si vous êtes inculpé pour un crime, vous devez répondre de ces accusations dans un tribunal.
Le président el-Béchir aura l'opportunité de le faire devant la Cour pénale internationale".
Human Rights Watch : Richard Dicker, spécialiste de la justice internationale au sein de Human Rights Watch : Avec ce mandat d'arrêt, "même les présidents n'ont plus les mains libres pour commettre des crimes horribles". "En décidant que le président Béchir doit répondre des
horreurs commises au Darfour, le mandat réduit à néant les dénégations répétées de Khartoum concernant sa responsabilité". La CPI n'a pas retenu le chef d'accusation de génocide, mais
"apporter la preuve d'accusations de génocide est toujours extrêmement compliqué". HRW estime que le conseil de sécurité de l'ONU devrait "agir fermement" pour
obliger le gouvernement soudanais à maintenir la sécurité dans le pays, et qu'il ne faut "pas laisser Khartoum utiliser ce mandat d'arrêt comme un prétexte pour relever d'un cran sa politique
d'obstruction contre l'action humanitaire et de maintien de la paix au Darfour". "Le conseil de sécurité et les gouvernements concernés devraient imposer des sanctions ciblées contre les
dirigeants soudanais responsables de représailles violentes et devraient envisager d'autres sanctions, comme de nouvelles restrictions bancaires ou un élargissement de l'embargo sur les armes".
(Communiqué, mercredi 4 mars)
Les réactions des groupes rebelles au Soudan
Mohammed Hussein Charif, représentant du groupe rebelle du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) : "Nous estimons que ce
jour est un grand jour pour le peuple du Soudan et le peuple du Darfour". "Nous renouvelons notre appel à (Omar el) Béchir à se présenter devant la Cour (pénale internationale, CPI) pour
plaider son innocence, si bien sûr il est innocent". (Déclaration à l'AFP, mercredi 4mars)
Mahjoub Hussein, responsable de la faction "Unité" de l'Armée de libération du Soudan (SLA) : "Nous demandons au président de donner sa
démission". "Nous allons prendre les mesures nécessaires pour livrer le président soudanais à la justice internationale". (Déclaration à l'AFP, mercredi 4mars)