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NEW YORK (AFP) - Le Conseil de sécurité a de nouveau constaté vendredi ses désaccords sur les moyens de faire face à la situation au Soudan, après l'émission d'un
mandat d'arrêt contre le président Omar el-Béchir par la CPI et l'expulsion des ONG du Darfour. Le président soudanais Omar el-Béchir, objet d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour fera une
visite éclair dimanche au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile, ont confirmé samedi les autorités soudanaises.
Selon les diplomates occidentaux, les membres du Conseil ont exprimé unanimement leur "préoccupation" devant la situation humanitaire très précaire créée au Darfour par l'expulsion de 13 ONG
internationales par Khartoum, en réponse au mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre M. Béchir pour crimes de guerre dans cette province.
Selon un diplomate qui a souhaité garder l'anonymat, la Chine a refusé d'approuver un texte demandant à Khartoum de revenir sur sa décision, s'il n'exprimait pas en contre-partie la
"préoccupation" du Conseil après l'émission du mandat d'arrêt contre M. Béchir. La réunion avait été convoquée par la Libye, qui assume ce mois-ci la présidence tournante du
Conseil. Le chargé d'affaires libyen, Ibrahim Dabbashi, a indiqué avoir informé le Conseil de la décision conjointe de l'Union africaine (UA) et de la Ligue arabe d'envoyer une délégation de
haut niveau à l'ONU afin de demander à nouveau au Conseil de sécurité de suspendre la procédure de la CPI contre M. Béchir, afin de ne pas compromettre le processus de paix au Soudan.
Le Conseil a en effet la possibilité d'agir ainsi en adoptant une résolution invoquant l'article 16 du Statut de Rome qui a créé la CPI. Mais les partisans d'un tel recours n'ont pas les neuf
voix requises au Conseil de sécurité pour adopter une telle résolution, les pays occidentaux y étant opposés au nom de la lutte contre l'impunité. M. Dabbashi n'a pu dire avec précision
quand cette délégation, qui sera de niveau ministériel, viendrait à New York, avançant les dates du 15 ou du 16 mars. Les craintes d'une catastrophe humanitaire au Darfour étaient vives vendredi
après la décision du Soudan d'expulser les ONG, l'ONU avertissant que des milliers de personnes risquaient la mort.