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Soudan: Bachir accuse les ONG de se comporter comme des "voleurs"

KHARTOUM- Le président soudanais Omar Hassan al Bachir a justifié samedi sa décision d'expulser les ONG de son pays, affirmant que les membres de ces organisations étaient des "voleurs". Le chef de l'Etat soudanais, objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a participé à une nouvelle manifestation organisée par ses partisans dans la capitale Khartoum.


Bachir avait annoncé, au lendemain de l'émission du mandat d'arrêt mardi, qu'il ordonnait le départ de 13 organisations humanitaires internationales qui opèrent notamment dans la région du Darfour. "Ces organisations humanitaires sont simplement des voleurs," a-t-il lancé à la foule. "Ils prennent 99% de l'argent et ils n'en laissent qu'un pour cent sur le terrain." Bachir a également exprimé tout le mépris qu'il pouvait éprouver pour les mesures judiciaires dont il est l'objet de la part de la CPI. "Si des gens veulent s'en prendre à nous, ils feraient mieux de ne pas adopter des décisions au Conseil de sécurité de l'Onu ou à la CPI. Ils feraient mieux de venir ici et de nous affronter face à face", a-t-il déclaré. Le ministre soudanais de l'Information a annoncé que Bachir va continuer à rassembler ses partisans avec une visite au Darfour dimanche.


POSITION AMBIGUË


Dans la journée, le parti au pouvoir dans la région semi-autonome du Sud-Soudan avait exhorté le gouvernement de Khartoum à revenir sur sa décision d'expulser les organisations humanitaires. "Les personnes déplacées au Darfour sont dépendantes de ces organisations humanitaires. Cela pourrait être catastrophique (...) Nous espérons qu'ils vont changer d'avis", a déclaré le porte-parole du Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM) Yien Matthew.


Le porte-parole du SPLM a précisé que le chef d'Etat soudanais n'avait pas consulté les autorités du Sud-Soudan avant de prendre sa décision mais connaissait leur opposition. Il s'agit des premiers commentaires d'un parti soudanais sur ces expulsions que de les Occidentaux et les Nations unies ont fermement condamnées en raison des risques d'aggravation de la situation de centaines de milliers de réfugiés.


Après deux décennies de guerre civile, le SPLM est aux affaires dans le Sud semi-autonome et fait partie de la coalition de gouvernement à Khartoum avec le Parti du congrès national de Bachir. Il avait maintenu jusqu'à lors une position ambiguë sur la procédure engagée par la CPI, affirmant que Khartoum devait coopérer avec l'autorité judiciaire de La Haye, mais sans dire à quel niveau.


Version française Pierre Sérisier

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