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LIBREVILLE - Le groupe armé centrafricain de la CPJP, qui a revendiqué une attaque récente, a affirmé lundi à l'AFP qu'il reprendrait "les hostilités" à l'expiration du mandat de la force européenne Eufor en Centrafrique, le 15 mars, en l'absence de réponses à certaines revendications. "L'Eufor s'en va le 15 mars. Passé ce délai, on reprend les hostilités si le président (centrafricain) François Bozizé ne répond pas à nos revendications", incluant la dissolution de l'actuel gouvernement, a déclaré le porte-parole de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), le colonel Charles Massi, joint au téléphone depuis Libreville.
L'Eufor est déployée dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, pour un mandat d'un an qui s'achève le 15 mars. Elle protège 450.000 réfugiés et déplacés dans ces zones, mais sera
remplacée par une force de la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat). D'après le colonel Massi, ministre sous le régime de l'ex-président Ange-Félix
Patassé, la CPJP réclame "l'ouverture immédiate et sans négociations de sortie de crise" après, selon elle, l'échec du Dialogue politique inclusif, forum sur la paix ayant regroupé différentes
entités à Bangui en décembre.
Le groupe demande aussi "la dissolution du gouvernement formé le 19 janvier" sur recommandation du Dialogue, en l'accusant d'être une équipe "de campagne" pour le président Bozizé en vu de
l'élection présidentielle de 2010.
"Le gouvernement est composé à 95% des membres de sa majorité, le parlement est totalement acquis à sa cause. (...) Si le régime du président Bozizé persiste dans son silence sur nos exigences, nous reprenons nos hostilités. Le +deadline+, c'est le 15 mars", a affirmé le colonel Massi.
La CPJP était peu connue jusqu'à ce qu'elle revendique une attaque menée le 13 février contre un bataillon de protection spéciale de la Sécurité présidentielle à Bossembélé (160 km au nord de
Bangui). De source officielle centrafricaine, trois attaques lui avaient été attribuées les 17 et 18 janvier à Ndélé (plus de 660 km au nord-est de Bangui). Elles avaient fait trois tués parmi
les militaires et deux blessés, selon une source militaire.
La Centrafrique tente de sortir de plusieurs années de rébellions, mutineries et coups d'Etat qui l'ont rendue instable et ravagé son tissu économique et social. Les principaux rebelles connus
sont engagés dans un processus de paix préconisé par des accords signés avec le gouvernement ainsi que le forum de la paix de décembre. Un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion
(DDR) des ex-combattants a été lancé mi-février dans le pays.