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Affaire Hissène Habré : La Belgique et le Sénégal à La Haye les 6, 7 et 8 avril

Le différend qui oppose la Belgique au Sénégal, dans le cadre de l’affaire Habré, pourrait être vidé à l’issue des audiences publiques, prévues à la Cour internationale de la justice à compter du lundi 6 avril.La tenue prochaine du procès de l’ancien homme fort du Tchad sera au cœur de ce feuilleton judiciaire.

C’est ce lundi 6 avril que la Cour internationale de la justice, qui siége à La Haye (Pays-Bas), va démarrer ses audiences publiques suite à une plainte déposée par la Belgique contre le Sénégal concernant l’affaire Hissène Habré, ex-président tchadien. L’audience, qui se tiendra dans la grande salle du Palais de la paix, sera l’occasion pour les juges de cet organe judiciaire des Nations unies de se prononcer sur le différend qui oppose les deux pays. Et ce, après la saisine, adressée par la Belgique à la cour pour rappeler au Sénégal son devoir de juger l’ex-chef d’Etat tchadien ou de l’extrader vers la Belgique.


Devant la barre de la Cour internationale, c’est la partie belge qui va ouvrir le bal à partir de 10h pour des plaidoiries qui seront clôturées à 18h. Le Sénégal interviendra, pour sa part, à partir de 15h. Pour le deuxième tour des plaidoiries, prévue la journée du mardi 7 avril, c’est toujours la Belgique qui va débuter à partir de 16h 30 à 18h, suivie du Sénégal.


A l’issue des trois jours d’audiences publiques, on devrait savoir le sort que les juges de la cour vont réserver à l’ex-président tchadien. En effet, dans sa requête adressée à la cour, la Belgique demande à l’instance judiciaire d’ordonner au Sénégal de juger directement Habré ou de procéder à son extradition en Belgique pour qu’il réponde devant la justice Belge des accusations portées contre lui. L’on se rappelle que Hisséne Habré, qui vit en exil à Dakar, est poursuivi pour torture et crime contre l’humanité suite à des plaintes déposées contre lui par des victimes, parmi lesquelles un ressortissant belge d’origine tchadienne.


La Belgique, qui dénonce les lenteurs de la part du Sénégal dans la tenue du procès de l’ancien président tchadien, l’accuse aussi de ne pas respecter la législation internationale en refusant de juger Habré ou de l’extrader. Depuis 2005 le juge belge en charge du dossier Habré a décerné un mandat d’arrêt à son encontre et demande son extradition, à quoi le Sénégal a opposé un refus. L’Union africaine a donné l’aval au Sénégal de juger Hisséne Habré et les autorités sénégalaises se disent disposées à juger l’ancien homme fort du Tchad. Toutefois, elles demandent que le budget estimé à 17 milliards de francs Cfa soit d’abord honoré.


Dans l’une de ses sorties, le président Abdoulaye Wade avait menacé de ‘lever la mise en résidence surveillée depuis 2000 de Hisséne Habré’, si l’on ne trouve pas le budget nécessaire pour la tenue de son procès à Dakar. C’est d’ailleurs suite à cette déclaration que la Belgique a décidé de saisir la cour internationale de la justice pour lui demander des ‘mesures conservatoires’. Une bataille de plus dans le long feuilleton juridique entre la Belgique et le Sénégal relatif à l’affaire Hissène Habré. Du côté de la partie sénégalaise, on se déclare serein pour entamer ces audiences.

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