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LE CAIRE (AFP) - L'Egypte a été informée sur le moment de raids aériens étrangers effectués en début d'année contre des convois sur le territoire
soudanais, a déclaré le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, selon l'agence Mena. Khartoum a affirmé la semaine dernière enquêter sur une possible participation
d'Israël à deux raids aériens contre des contrebandiers près de sa frontière avec l'Egypte. Le magazine américain Time a rapporté cette semaine qu'un de ces raids, en janvier, avait été mené par
des chasseurs-bombardiers israéliens, et qu'il visait un convoi de camions acheminant des armes vers la bande de Gaza, théâtre d'une offensive israélienne de 22 jours en début
d'année.
L'Egypte a eu vent de ces frappes "au moment où elles ont eu lieu", mais "n'a pas voulu embarrasser les frères du Soudan" en rendant publique cette violation de son
espace aérien, a déclaré M. Aboul Gheit dans une interview à une chaîne de télévision égyptienne, dont le texte est cité par l'agence officielle Mena. "Nous dénonçons l'action contre le Soudan et
notre réponse doit être forte", a-t-dit, précisant que l'Egypte avait été informée de l'existence de deux raids différents.
Des informations contradictoires ont circulé quant au nombre de raids, à leur bilan et à leur date. Citant des sources de haut niveau au sein de la sécurité
israélienne, Time a expliqué que l'attaque de janvier contre un convoi de 23 camions devait servir d'avertissement à l'Iran et à d'autres ennemis d'Israël, et démontrer la volonté de l'Etat
hébreu de se servir des renseignements dont il dispose pour agir, y compris en-dehors de ses frontières.
Le convoi transportait des roquettes et des explosifs iraniens qu'il devait acheminer vers la frontière égyptienne puis vers la bande de Gaza pendant l'offensive
israélienne, affirme le magazine. Israël n'a ni confirmé ni démenti officiellement être derrière l'attaque au Soudan, mais le ministre de la Défense Ehud Barak a laissé entendre mardi que son
pays avait été impliqué. "Dans les batailles que nous menons, nous n'avons pas le privilège de pouvoir beaucoup dire. On doit faire le nécessaire et garder le silence", a-t-il dit à la radio de
l'armée.