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CPI/Albachir: Le Soudan nargue les pays occidentaux


Le président soudanais est devenu un infatigable voyageur.
Depuis que la Cour pénale internationale (CPI) a émis, le 4 mars, un mandat d'arrêt contre lui pour crimes au Darfour, Omar el-Béchir s'est rendu dans six pays en signe de défi envers la justice internationale. Après l'Erythrée, l'Egypte, la Libye, le Qatar et l'Arabie saoudite, il était cette semaine en Ethiopie. Aucun de ces pays ne reconnaît la CPI. A défaut de pouvoir venir en France, qui reconnaît la Cour, le président y a envoyé une délégation. Hier à Paris, Nafie Ali Nafie, son proche conseiller, a répété ce qu'il pensait de la CPI : « C'est un mécanisme occidental de recolonisation. La Cour pensait que le gouvernement allait s'effondrer, mais elle a échoué. Il en est sorti plus fort que jamais. »


Face aux provocations répétées du président soudanais, accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, où 300 000 personnes ont péri, selon l'ONU, la CPI a des moyens d'action limités. Dénuée de forces de police et d'armée, elle ne peut compter que sur la coopération de ses 108 Etats membres. Sauf que « dans le cas de Béchir, la situation est un peu particulière », explique Laurence Blairon, porte-parole de la Cour à La Haye. C'est en effet le Conseil de sécurité de l'ONU qui a porté cette affaire devant la CPI en 2005. Les membres de l'ONU - dont le Soudan et les pays visités par son président - ont donc l'obligation de coopérer avec la cour. Ce qu'ils ne font pas.


Quelle issue, alors ? « La CPI peut décider d'en référer au Conseil de sécurité, explique Laurence Blairon. Mais nous n'avons pas de délai, et il faut faire preuve de patience. » Beaucoup attendent que le Président « tombe comme un fruit mûr », comme l'explique Philippe Curat, avocat à Genève et auteur des Crimes contre l'humanité dans le statut de la Cour pénale internationale. Soit parce que Béchir finira par être lâché par les siens, soit parce qu'il fera le voyage de trop, soit parce que le Conseil de sécurité sera appelé à sévir. « Le temps de la justice n'est pas celui de la politique, note Simon Foreman, d'Amnesty International. Béchir ne gagne du temps que sur le court terme. Quand Milosevic et Taylor ont été inculpés par la CPI, personne ne croyait que ça aboutirait. Ils ont pourtant fini devant leurs juges. »


Faustine Vincent et Sophie Cois

Source: http://www.20minutes.fr/
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