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Eric Breteau, président de l'Arche de Zoé, a été une nouvelle fois entendu, jeudi
après-midi à Paris, par les deux juges d'instruction qui enquêtent sur l'association. Cette dernière avait tenté de transférer en France 103 enfants africains depuis le Tchad en octobre 2007. Les
magistrats ont informé Eric Breteau de la mise en examen de l'Arche de Zoé en tant que personne morale pour «aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France», «exercice illégal de
l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption» et «escroquerie».
Le président de l'association et sa compagne, Emilie Lelouch, qui a également été entendue hier, sont personnellement déjà mis en examen pour les mêmes motifs. Toujours hier, Eric Breteau a été
questionné sur les accusations de deux ex-bénévoles de l'Arche de Zoé qui lui reprochent de les avoir trompés en ne les ayant pas avertis des réelles modalités de l'opération au Tchad. «Il ne
s'agit que d'états d'âme, de propos mensongers», se défend le président de l'association, joint hier soir. Par ailleurs, il indique avoir fait une demande d'acte auprès des juges pour qu'ils
entendent Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, au vu de «pièces diplomatiques troublantes apparues dans le dossier».
Le 25 octobre 2007, Eric Breteau, sa compagne et quatre personnes impliquées dans l'Arche de Zoé avaient été arrêtés à Abéché au Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener les 103 enfants en
avion vers la France. Condamnés au Tchad, les six Français avaient vu, après leur rapatriement en France, leur peine convertie à 8 ans de prison par la justice française. Ils ont été grâciés par
le président tchadien en mars 2008. Aujourd'hui encore, Eric Breteau se défend d'avoir mis sur pied une opération illégale d'adoption. «Il s'agissait d'une évacuation d'urgence d'enfants victimes
de la guerre au Darfour et de leur accueil bénévole en France», soutient Eric Breteau. Selon lui, les seuls justificatifs d'état civil officiels recensés dans la procédure montrent qu'il s'agit
d'enfant saoudiens et non tchadiens.
Source: http://www.leparisien.fr/