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Culture: Un poète tchadien à la rencontre des enfants du contrat local d'accompagnement scolaire

Le poète tchadien Nimrod est venu rencontrer les enfants du contrat local d'accompagnement scolaire pour leur projet « D'ici et d'ailleurs », monté avec l'association Escales des lettres. C'est le troisième écrivain, après Lakhdar Belaïd et Nicolas Bokov, à venir rencontrer les enfants du contrat local d'accompagnement scolaire du centre social et culturel municipal Arc-en-ciel. Nimrod, poète tchadien, a parlé avec eux des différences, dans le cadre du projet « D'ici et d'ailleurs », monté en partenariat avec l'association arrageoise Escales des lettres. Les enfants avaient préparé la rencontre avec Schéhérazade Madjidi, animatrice à Escales des lettres Malik Sini, référent du CLAS, et les animateurs, en composant un joli poème, sous forme de questions, ce après avoir discuté de la différence et du racisme, en lisant Rosa Parks, cette noire américaine décédée récemment, et qui avait refusé de laisser sa place à un blanc dans un autobus. Leur poème dit à peu près ceci : être noir, cela fait quoi ? est-ce difficile ?


Car, dans la commune, il y a peu de gens de couleur et Nimrod. Or Nimrod est noir. Il est né le 7 décembre 1959 à Koyom, dans le sud du Tchad. Un pays chaud et sec fait de déserts, pour les trois quarts. Une ancienne colonie française où le catholicisme est la religion d'état. On y parle l'arabe du commerce, mais aussi le français. Dans la capitale, Djaména, où Nimrod est allé vivre à l'âge de 5 ans, il y avait trois centres sociaux : un français, un anglais et un allemand où il a pu lire et regarder des films. Nimrod a répondu à toutes les questions des enfants, parlant sans détour des problèmes de racismes, des relations dominés et dominants. « Quand il y a quelqu'un de très puissant, il crée toujours des catégories : le Juif, le Nègre, l'Arabe et la femme. Et le Noir n'est qu'un footballeur ».

Les enfants ont demandé à Nimrod si c'était son nom d'écrivain ? Il a répondu que c'était son prénom, et qu'il s'appelait Bena Djangrang.


A-t-il eu des difficultés pour publier son premier livre ? Non, mais il a eu de la chance. Il l'a posté et il a été sélectionné. Il a reçu un premier prix, est passé à la télévision à l'émission de Bernard Pivot, et a même rencontré François Mitterrand, ancien président de la République française.Il dit être devenu poète à 16 ans, à force de lire.  Retourne-t-il souvent au Tchad ? Tous les ans, dans sa famille. Aime-t-il vivre en France ? » Oui, mais la France ne lui donne pas de travail. Ici, il est écrivain. Il travaille aux États-Unis où il enseigne la langue française et la littérature à l'université du Michigan. Il dit en être très frustré, car sa patrie, c'est la France.


Puis, Nimrod a lu un long passage du son livre Le Départ, qui a enchanté les enfants puisqu'il y parle de son enfance, d'hippopotames et de toutes sortes d'animaux qui ne vivent pas en France, à part dans les zoos. Nimrod a écrit aussi Rosa Parks : non à la discrimination raciale, Le Bal des princes, Les Jambes d'Alice, La Nouvelle Chose française, Pour une littérature décolonisée, Tombeau de Léopold Sédar Senghor, Passage à l'infini, En Saison, Pierre-Poussière... Signalons enfin que l'action « D'ici et d'ailleurs » se termine le 6 juin à Douchy-les-Mines, avec les trois écrivains réunis Lakhdar Bélaïd, Nicolas Bokov et Nimrod. •


Source: http://www.lavoixdunord.fr/

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